Rapport du GECF sur le marché du GNL : «La crise du détroit d’Ormuz fait chuter d’un tiers la production gazière au Moyen-Orient»

La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué une chute d'environ un tiers de la production gazière au Moyen-Orient, perturbant fortement les exportations qataries et émiraties de GNL, selon le GECF.
Les importations européennes ont reculé de 21 % sur un an, tandis que les États-Unis ont compensé en partie avec une hausse de 3,3 % de leur production gazière.
La hausse des coûts de transport et la disponibilité des stocks inquiètent, les réserves européennes atteignant 45 % contre 54 % un an plus tôt.
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La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une chute d’environ un tiers de la production gazière au Moyen-Orient, les exportations de GNL du Qatar et des Emirats arabes unis ayant été fortement perturbées.
Le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) souligne que les perturbations provoquées par la crise du détroit d’Ormuz ont profondément affecté les échanges internationaux de gaz naturel liquéfié (GNL), tout en mettant à l’épreuve la capacité d’adaptation des producteurs et des consommateurs. Plus globalement, le GECF souligne que la sécurité énergétique reste vulnérable aux risques géopolitiques, sécuritaires, opérationnels et environnementaux.
Selon le dernier rapport mensuel du GECF, la fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une chute d’environ un tiers de la production gazière au Moyen-Orient, les exportations de GNL du Qatar et des Emirats arabes unis ayant été fortement perturbées. Cette baisse a toutefois été partiellement compensée par l’augmentation de la production des Etats-Unis qui ont enregistré une hausse de 3,3% de leur production gazière sur un an. La production mondiale de gaz a ainsi été lourdement affectée par les perturbations au Moyen-Orient. Les importations mondiales de GNL ont reculé de 2,9% en juin, selon le Forum, qui souligne que l’Europe a été l’une des régions les plus affectées, ses importations ayant diminué de 21% sur un an.
Les cargaisons ont été redirigées vers les marchés asiatiques offrant de meilleurs prix. A l’inverse, les importations asiatiques sont reparties à la hausse pour la première fois depuis février, portées par la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam. «La fermeture du détroit d’Ormuz a privé le marché international d’environ un cinquième de l’offre mondiale de GNL, immobilisé près de 160 méthaniers et provoqué une envolée des coûts de transport, des primes d’assurance et des prix du carburant maritime. Les routes alternatives, notamment via le cap de Bonne-Espérance, allongent fortement les temps de navigation et renchérissent les coûts logistiques», estime le rapport. Selon le GECF, le développement de nouvelles capacités de liquéfaction d’ici 2030, principalement aux Etats-Unis, mais aussi au Canada, au Mexique et en Afrique, devrait progressivement diversifier les flux mondiaux de GNL et réduire la dépendance envers certains passages maritimes stratégiques. Le Forum estime toutefois que les risques géopolitiques continueront d’influencer fortement les marchés du gaz au cours des prochaines années.
Le GECF relève cependant que la consommation de gaz a progressé de 1,4% dans l’Union européenne en juin et de 1,1% sur l’ensemble du premier semestre 2026. «Les vagues de chaleur observées dans plusieurs pays européens ont stimulé la demande des centrales électriques à gaz, sollicitées pour répondre à l’augmentation des besoins en climatisation et à une moindre disponibilité des productions éolienne et hydraulique», selon le rapport, dont les auteurs rappellent que l’Allemagne a enregistré l’une des plus fortes progressions, avec une hausse de 6,6% de sa demande de gaz en juin, et que la France a également connu une augmentation de 2,1%. Le rapport souligne également les tensions persistantes sur les stocks. Fin juin, les réserves de gaz de l’Union européenne représentaient 45% des capacités de stockage, contre 54% un an auparavant, alors qu’en Asie, les stocks détenus par le Japon et la Corée du Sud demeuraient inférieurs d’environ 25% à leur niveau de l’année précédente.
Après les hausses importantes des prix au printemps, le prix moyen du gaz sur le marché européen TTF a reculé de 7% sur un mois pour s’établir à 15,1 dollars par MMBtu, tandis que les prix du GNL en Asie ont également enregistré un repli. Cette évolution a été favorisée, avant la reprise des tensions dans la région du Golfe, par les perspectives d’apaisement de la crise au Moyen-Orient et par les anticipations d’une reprise progressive des flux de GNL transitant par le détroit d’Ormuz. Pour les prochains mois, le GECF estime que le marché restera sensible aux développements géopolitiques, à l’évolution des températures estivales et au rythme de reconstitution des stocks avant l’hiver.
Le Forum gazier considère que l’équilibre du marché mondial demeure fragile dans un contexte où les flux internationaux restent fortement dépendants de quelques corridors énergétiques stratégiques. Parmi eux, le détroit d’Ormuz, le canal de Suez et le canal de Panama sont les plus critiques en raison de leur emplacement stratégique et de leur capacité de navigation limitée, estime le Forum.Z. H.
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