Trois morts dans les incendies à Guelma : Saïd Sayoud rassure : «Des peines plus sévères contres les pyromanes»

Trois volontaires, pères de famille, ont péri en luttant contre les incendies de forêt et de récoltes qui ont frappé la wilaya de Guelma pendant deux semaines consécutives.
Une délégation ministérielle conduite par le ministre de l'Intérieur Saïd Sayoud a présenté les condoléances du président de la République aux familles des trois victimes, dont Rouaighia Hacene, Hadjadji Allaou et Ayachi Mustapha, laissant ensemble treize orphelins.
Sayoud a promis une évaluation rapide des dégâts, des indemnisations avant la rentrée sociale et les peines les plus sévères contre les pyromanes identifiés par les enquêtes judiciaires en cours.
Le bilan national s'élève à six morts, tandis que les vingt avions et hélicoptères disponibles restent souvent cloués au sol par des conditions météorologiques défavorables.
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Trois hommes ont payé de leur vie alors qu’ils combattaient la fournaise des flammes. Des hommes volontaires, des pères de famille, qui n’ont pas hésité un instant à porter mains fortes aux agents de la Protection civile,aux côtés de leurs voisins, pour freiner les incendies.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, celle de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Soraya Mouloudji, et celui de la Santé le professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudène, se sont rapprochés jeudi 23 juillet, sur instruction du président de la République, en fin d’après-midi, des domiciles des trois victimes décédées lors des incendies de forêt et de récoltes qui ont ébranlé la wilaya de Guelma, deux semaines consécutives. Ce geste, hautement symbolique des autorités de l’Etat, est porteur d’un message de compassion et de soutien aux populations qui ont subi dans «leur chair» le ravage des incendies. Ainsi, trois hommes ont payé de leur vie, alors qu’ils combattaient les flammes. Des hommes volontaires, des pères de famille, qui n’ont pas hésité un instant à porter mains fortes aux agents de la Protection civile, aux côtés de leurs voisins, pour freiner les incendies. Asphyxiées et brûlées, les victimes trop exposées, n’ont pas survécu. Les drames familiaux et le chagrin des riverains étaient perceptibles, constate El Watan sur place, ce jeudi, en présence de la délégation ministérielle, autorités civiles et militaires de la wilaya de Guelma.
Ainsi, c’est au village de Ain Tahmimine, dans la commune de Medjez Sfaa (daïra de Bouchegouf), à une cinquantaine de kilomètres à l’extrême est de Guelma, que les condoléances attristées et les plus vives marques de compassions ont été présentées à la famille du défunt Rouaighia Hacene. «Mon frère s’est toujours porté volontaire en première ligne. Je dormais encore lorsqu’on m’a informé de son décès à l’hôpital. Ce que je peux à dire à ce sujet c’est qu’il a été asphyxié par la fumée, le mardi 14 juillet alors qu’il combattait un incendie de récolte à la mechta Badji Mokhtar, située à 4 kilomètres de sa maison. Je peux vous affirmer qu’il s’est également porté volontaire quelques jours auparavant sur un autre front avec les gardes forestiers», révèle à El Watan le frère de la victime. Et de conclure : «Il laisse derrière lui son épouse, 3 garçons et deux filles. Mon frère n’a pour ainsi dire qu’un maigre revenu. Il touchait 18 000 DA par mois de DAS ou de la mairie… Il n’a rien du tout…»
Déclarations rassurantes
C’est à l’entrée de la modeste maison (logement rural) du défunt Rouaighia Hacene que les premières déclarations du ministre de l’Intérieur se voudront rassurantes, juste après les condoléances d’usages : «Dès la réception de la nouvelle du décès de plusieurs citoyens suite aux incendies, le président de la République nous a donné des instructions pour nous rendre dans les wilayas concernées afin de se tenir aux côtés des familles des victimes et de transmettre les condoléances de l’Etat. Nous déplorons à ce jour 6 décès à travers le pays, dont trois dans la wilaya de Guelma. Nous sommes ici pour rassurer les citoyens que l’évaluation des dégâts et des pertes sera effectuée dans les plus brefs délais. Les procédures d’indemnisation seront engagées au plus vite, afin de régler les situations avant la rentrée sociale». Saïd Sayoud a également mis l’accent sur le volet des procédures judicaires engagées à l’encontre des pyromanes : «Les enquêtes judiciaires détermineront les causes des incendies, dont certains sont criminels. La justice a entamé les procédures légales nécessaires, et les peines les plus sévères seront appliquées contre les individus impliqués directement.
Les résultats des enquêtes seront communiqués au public dès leur achèvement par les services habilités», explique en substance le ministre.
Dans ce contexte bien précis, le ministre de l’Intérieur ne manqua pas de rendre hommage entre autres aux corps de la Protection civile, gardes forestiers, ANP et surtout aux populations qui ont soutenu et combattu les incendies à leur côté. «Les pertes humaines auraient été plus importantes si cette cohésion n’aurait eu lieu», tient à souligner le haut responsable.
Quant à l’engagement des avions et hélicoptères lors des incendies, le ministre de l’Intérieur précise : «Nous avons à notre disposition 20 avions et hélicoptères. Normalement, c’est un parc assez important et suffisant pour intervenir et pour régler tous les problèmes. Même si nous disposons d’une flotte de 100 appareils, l’intervention est tributaire des conditions climatiques, mais souvent défavorables. A cet instant, même le wali de Tizi Ouzou a demandé une intervention par la voie aérienne. Le directeur général de la Protection civile a jugé, après étude et discussion entre professionnels, qu’il est impossible d’intervenir par la voie aérienne. C’est pour cette raison que l’intervention s’effectue par la voie terrestre», conclut le ministre de l’Intérieur.
Cette mission ministérielle s’est naturellement dirigée vers les domiciles des autres victimes des incendies, précisément dans la commune de Hammam Nbails. Ainsi, des riverains, nous témoignent de l’enfer qu’ils ont vécu : «Il s’agit du défunt Hadjadji Allaou, c’est notre voisin ici à la mechta Hamria. Il est mort dimanche passé alors qu’il tentait de ralentir la progression d’un incendie de récolte de blé sur pied.
Les flammes attisées par les vents l’ont tué. Il laisse 5 enfants, trois filles et deux garçons». Toujours sur la commune de hammam N’bails les mêmes scènes de désolations sont perceptibles : «Beaucoup de champs ont brûlé ici», nous dit-on. «Nous sommes sur la mechta Boukraïma. Le défunt Ayachi Mustapha est marié, sans enfant, je crois», évoquent ces voisins. Nous l’aurons compris, le piège des incendies de forêt ou de récolte est mortel.
Quoi qu’il en soit, en marge de cette visite, nous n’en saurons pas plus du côté des dégâts notamment occasionnés en termes des superficies qu’elles soient en milieux forestiers ou agricoles. Les pertes dans le secteur de l’élevage des ovins, des bovins ou en apiculture et en aviculture, les plus vulnérables. «L’heure des bilans n’a pas encore sonné !» Dossier à suivre.
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