Après avoir dépassé les 100 dollars : Les prix du pétrole attentifs au développement de la situation au Moyen-Orient

Le Brent a brièvement dépassé 100 dollars le baril avant de reculer de 3 % à 97,67 dollars, le WTI perdant 2,5 % à 89,81 dollars, mettant fin à six séances de hausse.
Les cours affichent pourtant un gain hebdomadaire d'environ 10 % sous l'effet du blocage houthi du détroit de Bab el-Mandeb et des perturbations à Ormuz.
Les analystes avertissent qu'une escalade supplémentaire pourrait retarder plusieurs millions de barils et faire flamber les prix, même si le pétrole saoudien transite encore par Bab el-Mandeb.
Le Kazakhstan a temporairement réduit sa production après que des drones ukrainiens ont forcé la fermeture de son principal terminal d'exportation en mer Noire.
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El Watan
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Après avoir augmenté et dépassé ce 23 juillet les 100 dollars le baril pour le Brent de la mer Noire, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis fin mai, les cours du pétrole sont repartis à la baisse hier. C’est la première baisse en six séances, dans l’attente de développements au Moyen-Orient Le Brent a en effet reculé de 3% pour atteindre 97,67 dollars le baril, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a perdu 2,5% à 89,81 dollars, ce qui contribue à la détente d’un marché obligataire sous pression.
La hausse hebdomadaire devrait toutefois s’élever à environ 10% pour le contrat européen et à 9% pour le contrat américain. Le blocage du détroit de Bab el-Mandeb, à l’extrémité sud de la mer Rouge, par les Houthis, alignés sur l’Iran, est venu perturber l’approvisionnement mondial en pétrole, déjà impacté par le nouveau blocus d’Ormuz, ainsi que sur les perspectives de paix, alors que les attaques se poursuivent de part et d’autre. Le nombre de pétroliers traversant le détroit d’Ormuz est tombé à un seul jeudi, soit le niveau le plus bas depuis le 7 mai, selon les données de suivi des navires de Kpler. Le détroit de Bab el-Mandeb contrôle l’accès de la mer Rouge à l’océan Indien et constitue la deuxième voie de passage pétrolière la plus importante après le détroit d’Ormuz. «Certains navires transportant du pétrole saoudien traversent encore le détroit de Bab el-Mandeb», malgré des attaques en mer Rouge revendiquées jeudi sur des navires de l’Arabie Saoudite par des rebelles houthis pro-iraniens, a expliqué Giovanni Staunovo, analyste d’UBS cité par l’AFP. Ces passages signifient que «pour l’instant, il ne s’agit pas d’un blocus total», ce qui réduit un peu le risque sur l’approvisionnement mondial de pétrole, a-t-il précisé. Les cours du brut sont tellement montés, et ceux de l’essence avec, que les investisseurs «se demandent si Donald Trump ne va pas chercher un moyen d’apaiser le marché», a noté pour sa part John Plassard, également repris par l’AFP. L’évolution de la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb, qui assure le passage entre l’océan Indien et la mer Rouge, est cruciale. Sa fermeture impliquerait «plusieurs millions de barils retardés et une augmentation des prix», a encore mis en garde M. Plassard. Par ailleurs, les analystes d’ING Bank repris par l’agence Attaqa ont déclaré : «Les perturbations potentielles de l’approvisionnement auxquelles le marché est actuellement confronté sont plus importantes qu’à aucun autre moment de la guerre ; non seulement les flux de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz sont interrompus, mais il existe des risques évidents pour les flux de pétrole saoudien en provenance de la mer Rouge.» Et d’ajouter : «Une nouvelle escalade dans le Golfe et les craintes d’un conflit plus large mettent en péril une part importante des approvisionnements pétroliers.» L’Iran faisait pression sur les Houthis pour qu’ils ferment le détroit de Bab el-Mandeb à la mer Rouge si les Etats-Unis continuaient d’attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes, suite à l’effondrement de la trêve temporaire entre les deux pays deux semaines auparavant. Le ministère de l’Energie du Kazakhstan a déclaré jeudi que les compagnies pétrolières avaient temporairement réduit leur production après que des attaques présumées de drones ukrainiens ont forcé la fermeture du principal terminal d’exportation du pays en mer Noire.
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