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Leçons caniculaires

Par Djaâfar Tamani5 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Une accalmie caniculaire annoncée permet de tirer des leçons pour affiner l'adaptation au changement climatique et atténuer ses impacts sur la vie quotidienne.

La surconsommation d'électricité, dont 40 % proviennent de la climatisation, impose de repenser l'isolation des logements et de limiter les vastes baies vitrées face au soleil.

La végétalisation urbaine apparaît comme le rempart le plus efficace contre les îlots de chaleur, tandis qu'une hydratation enrichie en sels minéraux s'avère vitale pour le cœur.

Les secours improvisés et les images de détresse inquiètent l'opinion, qui réclame des évacuations anticipées et des drones opérationnels pour détecter et suivre les feux.

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El Watan

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Une accalmie sur le front climatique est annoncée pour les prochains jours, devant aider à circonscrire les incendies et soulager les populations locales. Ces épisodes caniculaires permettent d’en tirer des leçons successives, afin d’affiner le plan de riposte et d’adaptation aux changements climatiques, et d’en «atténuer l’impact sur divers aspects de la vie», comme cela a été énoncé lors d’une journée de sensibilisation organisée récemment autour de cette problématique qui préoccupe et éprouve le monde. Dans la stratégie de sensibilisation précisément, des initiatives entreprises dans ce sens ont parfois manqué de préparation et d’efficience, et ne sont clairement formulées qu’aux derniers jours de ce premier cycle d’intenses chaleurs. Alors que les «délestages» s’étaient déjà imposés dans de nombreuses localités, seul moyen de préserver le réseau de transport et de distribution de l’énergie, des services communaux ont publié des communiqués appelant les citoyens à «limiter l’utilisation simultanée des appareils électriques» et à éteindre les climatiseurs dans les locaux inoccupés. Des organismes publics ont également, au même moment, explicité le principe de la rationalisation de la consommation d’énergie, en notant que «la climatisation représente 40% de l’électricité consommée par un foyer». Il apparaîtra aussi que la surutilisation du climatiseur n’amène pas un refroidissement de l’air quand la différence de température est trop importante, mais use l’appareil et peut représenter un risque sur la sécurité de l’habitation, en cas de défaut d’entretien. Une réflexion peut être engagée au niveau de la société et au sein des élites scientifiques et politiques au sujet de la conception des habitations, en prenant en compte la question de l’isothermie, étant entendu qu’aucun système de climatisation ne peut refroidir l’intérieur de la maison ainsi que l’environnement de celle-ci. Les larges vitrages exposés au soleil, perçus autrefois comme une promesse de villégiature permanente, n’ont plus cours en cette ère de dérèglement climatique. Les initiatives portées par des associations en faveur de la plantation d’arbres, notamment dans les villes, apparaissent sous un nouveau jour, constituant la parade la plus adaptée face aux réservoirs thermiques que sont le bitume et le béton. La quête de sens et de contenus édifiants en temps de canicule est aussi problématique que celle de la fraîcheur. C’est au détour d’une séquence télévisuelle quasiment providentielle que le citoyen apprend que la seule hydratation intensive n’est pas suffisante lors des fortes chaleurs. Un médecin expliquera que la perte de sels minéraux qu’entraîne la déshydratation met en difficulté les organes vitaux, dont le cœur fortement sollicité pour maintenir une bonne pression artérielle et la température du corps. La recherche s’oriente alors vers les outils digitaux qui mentionnent que «le potassium, le magnésium et le calcium régulent l’activité électrique et la contraction musculaire du myocarde». Le citoyen rend alors un hommage tacite aux marchands de fruits et légumes qui poursuivent leur activité en ces temps extrêmes et qui lui permettent de reconstituer ses réserves nutritionnelles, indispensables au fonctionnement du «système de refroidissement» propre à l’organisme. Le recours compulsif au pathos en période de détresse ou de sinistre est différemment accueilli par l’opinion, réclamant des signaux clairs à même de la rasséréner et de la rassurer sur les événements en cours et à venir. Les séquences mettant en scène la course des secouristes portant à bout de bras des habitants dans des zones menacées par les feux de forêt ne correspondent pas à des dispositifs d’évacuation ordonnée et anticipée. Cela en plus du fait que la diffusion d’images de personnes en grande difficulté n’est pas toujours souhaitée. Préconisés pour la détection des départs de feu, des drones mis au point par des start-up peuvent être rendus opérationnels pour suivre la progression des flammes et indiquer les zones d’habitation les plus exposées, afin d’engager des interventions dans les meilleures conditions d’organisation et de sécurité. Leurs clichés peuvent servir, ultérieurement, à adapter l’aménagement du territoire aux défis climatiques.

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