Des architectes montent au créneau

Des architectes algériens contestent une décision unilatérale du président du Conseil national de l'ordre des architectes (CNOA) prorogeant son mandat sans concertation des professionnels.
Les contestataires ont adressé une lettre au ministère de l'Habitat dénonçant une mesure contraire aux décrets 013-251, 96-293 et 94-07 qui n'autorisent aucune prolongation après l'expiration du délai légal.
Ils exigent l'application de la réglementation prévoyant l'installation d'une commission de 15 membres disposant de 120 jours pour organiser le congrès électif après la mise en place des conseils locaux défaillants.
Le collectif appelle le ministre de l'Habitat à revoir cette décision pour garantir le respect des procédures légales dans le renouvellement des instances ordinales.
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Le Quotidien d'Oran
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Une décision prise de manière unilatérale et sans concertation des professionnels, a indiqué M.El Ghazi Karim membre du conseil national, lors d'une déclaration faite jeudi, dans son cabinet d'architecture sis au quartier Akid Lotfi en présence de quelques architectes inscrits au conseil local de l'ordre des architectes d'Oran. Il a précisé que cette demande a été déposée au niveau du ministère de tutelle, sans que les architectes ne soient informés et sans réunir les membres du bureau.
En effet, l'acceptation de cette demande suscite moult interrogations, tant sur le plan juridique qu'organisationnel, indique M.El Ghazi.
Dans une lettre adressée au ministère de l'habitat et dont une copie a été envoyée au conseil national de l'ordre des architectes, les contestataires affichent leur mécontentement et se disent stupéfaits d'une telle mesure, qui selon eux, n'arrange guère l'intérêt de la corporation et vient surtout en contradiction avec les textes de loi. Ils soulignent qu'une correspondance validant cette demande a été adressée, il y a quelques jours, par le ministre de tutelle aux architectes. Ainsi et face à une telle situation, les architectes contestataires rejettent de manière catégorique cette disposition et demandent selon leur porte parole, des explications concrètes et rationnelles la justifiant. Ils soulignent que cette mesure est contraire aux textes de loi dont certains décrets initiés par le président de la république M Abdelmadjid Tebboune. Ils citent à ce titre, l'article 3 du décret exécutif n 013-251 du 2 juillet 2013, le décret n0 96-293 fixant le fonctionnement des instances de l'ordre des architectes et le décret législatif 94-07 relatif aux conditions de la production architecturale et à l'exercice de la fonction d'architecte. Il s'agit, selon M.El Ghazi, de textes de loi clairs qui, en aucun cas, ne prévoient une prorogation de mandat, après l'expiration du délai légal. La loi, ajoute-t-il, spécifie des mécanismes de transition fixes pour garantir le bon fonctionnement de cette instance, dans de pareilles circonstances. Sur ce et en se basant sur la réglementation qui régit cette profession, les contestataires précisent que la demande adressée au ministre de tutelle et au premier ministre est une démarche personnelle et non une décision prise par les membres du bureau du CNOA. D'autre part, ils affirment que ce refus n'a rien de personnel et ne cible en aucun cas des individus, mais il est indispensable, selon eux, que seul le respect de la loi prime.
Ils réclament l'application de la réglementation qui prévoit l'installation d'une commission de 15 membres qui aura 120 jours pour l'organisation du congrès électif après avoir installé les CLOA qui ont été défaillants. Ainsi, et en attendant, des éclaircissements de la tutelle, le collectif lance un appel pressant au ministre de l'habitat et de l'urbanisme pour revoir cette décision pour mieux préserver les intérêts de la corporation en s'assurant que toutes les procédures réglementaires ont été respectées, pour le renouvellement des instances de l'ordre des architectes tant au niveau local que national.