Culture

60e édition du Festival Off Avignon : Les récits d’hier éclairent les problématiques d’aujourd’hui

Par R. C.•4 min de lecture
Brifa
60e édition du Festival Off Avignon : Les récits d’hier éclairent les problématiques d’aujourd’hui
Résumé IA

La 60e édition du Festival Off d'Avignon met à l'honneur des créations maghrébines et africaines qui revisitent contes et légendes pour éclairer les enjeux contemporains.

Le spectacle franco-algérien « Le Voyage de Nasreddin et son âne aryul » d'Abdel Bouchama utilise l'humour et la philosophie du personnage légendaire pour répondre aux problématiques d'aujourd'hui.

La compagnie burkinabè Marbayassa présente « Les Contes sous le baobab », où griots, chants et danses transmettent une sagesse ancestrale autour de l'arbre symbole de vie.

Avec plus de 1800 spectacles, le Festival Off confirme son statut de premier marché mondial du spectacle vivant, mêlant répertoire classique revisité et créations contemporaines.

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Par Tahar Houchi

Alors que la chaleur impose frénétiquement sa loi et que les cigales chantent inlassablement, les amoureux du cinquième art envahissent la Cité des papes, qui accueille la 79e édition du Festival d’Avignon. Résolument internationale, cette édition fait la part belle aux créations venues des quatre coins du monde, avec une présence maghrébine et africaine timides, mais fortement remarquée.

Le Voyage de Nasreddin et son âne aryul, du Franco-aAlgérien Abdel Bouchama, ouvre le bal comme une invitation au dépaysement. A travers les péripéties de ce personnage légendaire, figure malicieuse et sage à la fois, le spectacle entraîne le public sur les routes d’ailleurs, entre humour, philosophie et merveilleux. Ce récit, transmis de génération en génération, rappelle combien les contes populaires savent traverser les époques et les frontières. Ainsi, Abdel, avec son accoutrement d’un autre temps et son âne donnent l’impression d’un voyage dans le temps lointain qui donne des réponses aux problématiques d’aujourd’hui.
Dans un autre registre, Les Contes sous le baobab, portés par la compagnie burkinabè Marbayassa et le Théâtre de la Trame, font résonner la mémoire de l’Afrique. Autour de l’arbre, symbole de vie et de transmission, les histoires se déploient, portées par la parole des griots, les rythmes, les chants et la sagesse ancestrale. Ces récits, à la fois simples et profonds, offrent au spectateur une plongée dans un imaginaire où l’oralité demeure un art vivant. Aussi, porté par un quintette de comédiens aussi joyeux que doués, arrosant l’audience tantôt avec de succulents mots, tantôt avec de joyeux chants et danses, ce spectacle projette des lumières sur les questions d’aujourd’hui.
Dans le Festival off, plus de 1800 spectacles se disputent l’attention d’un public toujours plus nombreux.
Au milieu de cette foisonnante programmation, les grandes œuvres du répertoire côtoient des créations contemporaines, tandis que l’Afrique et l’Orient apportent leurs récits, leurs légendes et leur sagesse sur les scènes avignonnaises. Le Festival off confirme une nouvelle fois son statut de plus grand marché mondial du spectacle vivant. Dans les théâtres, les cours intérieures, les chapelles ou les rues de la ville, les compagnies rivalisent d’imagination pour séduire les festivaliers. Cette diversité fait d’Avignon un véritable laboratoire artistique où toutes les formes d’expression trouvent leur place. Parmi les nombreuses créations présentées, plusieurs spectacles puisent leur inspiration dans les grands textes classiques. Victor Hugo, Molière, Shakespeare ou encore les tragiques grecs continuent d’inspirer metteurs en scène et comédiens, qui revisitent ces œuvres avec des approches contemporaines, des scénographies audacieuses et de nouvelles lectures des grands enjeux de notre temps.

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