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Incendies planétaires, réponse planétaire

Par Cherif Lahdiri4 min de lecture
Brifa
Résumé IA

L’Algérie et de nombreux pays à travers le monde font face à une saison d’incendies d’une ampleur sans précédent, alimentée par des records de chaleur.

Les feux de forêt ne sont plus seulement une conséquence du dérèglement climatique : ils en deviennent une cause majeure, générant jusqu’à 35 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Ce cercle vicieux ne connaît pas de frontières, rendant toute réponse strictement nationale vouée à l’échec.

Seule une coordination planétaire, prolongeant l’accord de Paris et mutualisant alertes, satellites et moyens de lutte, peut briser cette spirale, avec une solidarité accrue vers l’Afrique, première victime.

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El Watan

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Depuis le 8 juillet, l’Algérie compte plus de 1550 incendies, dont 383 feux de forêt, selon la Protection civile et le ministère de l’Agriculture. Le nord-est du pays brûle, les pompiers livrent une bataille héroïque, et pendant ce temps, la même calamité se rejoue ailleurs. Plus de 70% des surfaces forestières brûlées dans le monde se trouvent en Afrique. En Europe, l’Espagne, la France, l’Italie et l’Angleterre affrontent le même fléau, au point que Madrid a dû déclarer l’état d’urgence. Juin dernier a été le mois le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, selon l’observatoire Copernicus, une vague de chaleur qui a causé des milliers de décès supplémentaires. Même le Canada n’est pas épargné par les flammes. Face à ce déferlement, une question s’impose : que faire à l’échelle planétaire ? Il faut le dire clairement : depuis des années, les climatologues annoncent, dans leurs rapports, leurs thèses et leurs tribunes d’alerte, une saison des feux qui déborde de l’été, des surfaces brûlées toujours plus vastes, des territoires à risque toujours plus nombreux. Ce que nous appelons catastrophe est en réalité la trajectoire moyenne des modèles. Les feux sont dans la norme. Et c’est précisément ce qui devrait nous terrifier. Car le mécanisme, lui, est parfaitement documenté. Le réchauffement assèche les sols et la végétation, créant une réserve de combustible partout où l’humidité recule autrefois. Lors d’un incendie, des particules enflammées (écorces, brindilles, cônes de pins) sont propulsées par les colonnes de convection qui précèdent le front de flammes, parfois sur plusieurs centaines de mètres, allumant de nouveaux foyers en cascade. Mais les feux ne sont pas seulement une conséquence du dérèglement climatique : ils en sont aussi une cause. Selon les estimations satellites de l’Agence spatiale européenne, les feux de forêt génèrent entre 25 et 35% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le climat alimente le feu, le feu dérègle le climat : une boucle qui s’auto-entretient, sans considération pour les frontières. C’est là que réside l’urgence du propos. Cette boucle est globale par nature. Un pays qui réduit ses émissions ne se protège pas pour autant si ses voisins continuent d’en émettre : l’atmosphère ne connaît ni douane ni visa. Aucune nation, aussi vertueuse soit-elle dans sa politique climatique, ne peut briser seule ce cercle. C’est le message que répètent, depuis des années, climatologues et experts du monde entier à l’humanité tout entière : les réponses pompier par pompier, pays par pays, ne suffiront plus. Il faut des instances de coordination planétaire dignes de ce nom, dans la continuité de l’accord de Paris, des travaux du GIEC, de la coopération satellitaire entre Copernicus et l’Agence spatiale internationale, capables d’anticiper, d’alerter et de mutualiser les moyens de lutte à l’échelle transnationale. L’Afrique porte une part disproportionnée de ce fardeau, avec des moyens de prévention encore inégaux. Raison de plus pour exiger une solidarité climatique réelle, faite de transferts technologiques et de systèmes d’alerte précoce partagés. La saison des feux ne fait que commencer. La vraie question n’est plus de savoir si ces catastrophes se reproduiront, mais si l’humanité choisira d’y répondre à la hauteur de leur échelle : planétaire.

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