Secteur protégé de Gouraya (Béjaïa) : Les Aiguades fermées aux véhicules pour prévenir le pire

Par N. D.•5 min de lecture
Brifa
Secteur protégé de Gouraya (Béjaïa) : Les Aiguades fermées aux véhicules pour prévenir le pire
Résumé IA

La direction du Parc national de Gouraya a interdit l'accès automobile à la plage des Aiguades jusqu'à la fin de l'été pour prévenir les incendies et garantir le passage des secours sur la route forestière étroite.

Le site, classé réserve de biosphère par l'Unesco, fait face à un risque «très élevé» en raison de la canicule, de la végétation sèche et d'une affluence record d'estivants.

Les piétons conservent un accès libre grâce à un parking aménagé au camp de la Marine et une dizaine de navettes assurées par la direction des transports.

Cette mesure préventive, saluée par les habitants, marque une rupture avec la logique du «tout automobile» pour protéger un patrimoine naturel emblématique de Béjaïa.

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L’accès automobile aux Aiguades est interdit jusqu’à la fin de la saison estivale, a indiqué la direction du Parc national de Gouraya (PNG), et ce, afin de préserver la forêt de ce périmètre sauvegardé et de faciliter les secours en cas d’incendie.

En cet été où la canicule ne desserre pas son emprise sur le littoral, le Parc national de Gouraya se retrouve sous une surveillance permanente. Les températures élevées, conjuguées à une végétation desséchée et à une fréquentation record d’estivants, placent le mont Gouraya parmi les zones les plus exposées aux incendies. Face à ce risque jugé «très élevé», la direction du Parc national de Gouraya (PNG) a décidé de fermer, jusqu’à la fin de la saison estivale, l’accès des véhicules à la plage des Aiguades. Une décision préventive qui peut surprendre les habitués du site, mais qui répond à des impératifs de sécurité. La route qui mène aux Aiguades, creusée dans ce massif forestier, est étroite. Elle est, de ce fait, rapidement saturée lors des pics de fréquentation de cette plage. «En cas de départ de feu, le moindre ralentissement peut compromettre l’arrivée des camions-citernes, des ambulances ou des équipes d’intervention», explique la direction du PNG. La direction tient à souligner que cette mesure a été adoptée «dans le seul but de préserver la sécurité des citoyens, de protéger le patrimoine forestier contre les incendies et de permettre une intervention rapide des services de secours lorsque les circonstances l’exigent». La mesure ne concerne toutefois que les véhicules. Les piétons continueront d’accéder librement à la plage, une précision sur laquelle insiste la direction du Parc national (PNG), qui ajoute qu’«une aire de stationnement a été aménagée au niveau du camp de la Marine, tandis que la direction des transports assure un service de navettes vers les Aiguades avec une dizaine de bus». De ce fait, et au-delà de cet aspect sécuritaire, le chemin forestier qui conduit à la plage devient désormais une étape du parcours vers cette plage emblématique.

Contexte climatique préoccupant

Sous les pins d’Alep, entre le maquis méditerranéen et les hauteurs dominant la baie de Béjaïa, «les estivants redécouvrent un itinéraire que beaucoup traversaient autrefois sans vraiment le regarder», estime un habitué des lieux.
Cette décision, faut-il le dire, est largement saluée par de nombreux Bougiotes, qui y voient une mesure de bon sens dans un contexte climatique particulièrement préoccupant. Pour beaucoup, «quelques minutes de marche ne sont rien devant la nécessité de protéger un patrimoine naturel dont la richesse écologique est connue mondialement». En effet, classé réserve de biosphère par l’Unesco en 2004, le Parc national de Gouraya constitue l’un des espaces naturels les plus remarquables du pays. Chaque été, des milliers de visiteurs convergent vers ses criques, ses falaises et ses sentiers.
Cette fréquentation, si elle témoigne de son attrait, accentue également sa vulnérabilité lorsque les conditions météorologiques deviennent extrêmes. Les souvenirs des incendies qui ont frappé une partie du mont Gouraya ces dernières années, voire ces derniers jours, ont donné l’alerte. Ils rappellent qu’un simple véhicule garé sur une voie d’accès ou un embouteillage de quelques centaines de mètres peut retarder l’intervention des secours au moment où l’on joue contre la montre. En privilégiant la prévention, la direction du parc national de Gouraya assume un choix qui rompt avec la logique du «tout automobile». Une orientation qui pourrait préfigurer une nouvelle manière de gérer les sites naturels les plus sensibles durant les périodes de risque élevé, et même une autre façon de faire du tourisme. Car préserver Gouraya ne relève pas seulement d’une obligation environnementale ; c’est aussi protéger un patrimoine commun dont dépend une partie de l’identité de Béjaïa.

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