Tighennif rend hommage à son enfant prodige

Le réalisateur algérien Lamine Merbah, né en 1946 à Tighennif, est décédé à 80 ans, suscitant une vive émotion dans les milieux culturels de Mascara.
Auteur d'une filmographie riche incluant longs métrages, séries et documentaires comme «Al Mountassar» ou «Chaâbia», il a marqué le patrimoine audiovisuel national.
Les acteurs culturels saluent son attachement à sa région natale et son rôle de mentor auprès des jeunes créateurs qu'il accueillait régulièrement.
Le président du ciné-club de Mascara estime que son œuvre n'a pas reçu toute la reconnaissance méritée malgré son apport majeur au cinéma algérien.
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La disparition de Lamine Merbah a suscité une vive émotion dans les milieux culturels de la wilaya de Mascara. Dès l’annonce de son décès, les réactions se sont multipliées parmi les artistes, les écrivains, les responsables d’associations culturelles et les passionnés de cinéma.
Tous évoquent la disparition d’un homme dont le parcours a dépassé les frontières de sa ville natale tout en conservant un lien constant avec celle-ci. A Tighennif comme dans le reste de la wilaya, les témoignages mettent en avant une carrière reconnue à l’échelle nationale et un attachement jamais démenti à sa région d’origine. Décédé à l’âge de 80 ans, Mohamed El Amine Merbah, connu sous le nom de Lamine Merbah, est né le 28 juillet 1946 à Tighennif, à 20 km du chef-lieu de la wilaya de Mascara. Il était également le fils de Moulay Merbah, figure du mouvement national algérien (PPA). En quittant très tôt sa région natale pour Alger, il rejoint un environnement où il peut développer son activité de réalisateur et de producteur. Ce changement de cadre lui ouvre des perspectives qui lui permettront de construire progressivement une carrière de premier plan, sans pour autant rompre les liens avec sa ville natale qu’il évoquait régulièrement au cours de ses rencontres. Son parcours couvre plusieurs décennies de création audiovisuelle. Il signe des courts métrages, des longs métrages, des feuilletons télévisés et des documentaires qui occupent une place importante dans le patrimoine audiovisuel national. Parmi ses principales réalisations, figurent Al Mountassar, La mission, Les spoliateurs, Les médaillés, Chaâbia, Les révoltés, Conversation, Du fond du cœur, Radhia, Amine regard d’enfant ainsi que Lakhdar et la bureaucratie. Il réalise également plusieurs documentaires consacrés au patrimoine, à l’environnement, au tourisme et à l’histoire. A Mascara, les réactions recueillies au sein du secteur culturel convergent autour de son parcours et de son héritage artistique. Plusieurs acteurs culturels rappellent que Lamine Merbah revenait régulièrement dans sa région d’origine, où il échangeait avec des artistes, des cinéphiles et de jeunes passionnés désireux de découvrir les métiers du cinéma. Ces rencontres ont laissé le souvenir d’un homme disponible, attentif aux jeunes talents et attaché au partage de son expérience. Le président de l’association culturelle émir Abdelkader, qui anime le plus ancien ciné-club d’Algérie à Mascara, Mohamed El Keurti, estime que la disparition de Lamine Merbah représente «une grande perte pour le cinéma national».
Il souligne que «le défunt n’était pas seulement un réalisateur reconnu, mais aussi un homme qui encourageait les jeunes créateurs et suivait avec intérêt les initiatives culturelles». Selon lui, Lamine Merbah parlait souvent de Tighennif et de Mascara, où il revenait à plusieurs reprises. Mohamed El Keurti considère également que l’œuvre de Lamine Merbah n’a pas bénéficié de toute la reconnaissance qu’elle méritait au regard de son apport au développement du cinéma national. Il rappelle que le réalisateur a consacré une grande partie de sa vie à produire des œuvres de fiction et des documentaires qui continuent d’occuper une place dans la mémoire culturelle du pays. Plusieurs acteurs culturels de la wilaya partagent cette lecture et estiment que son parcours constitue un exemple pour les nouvelles générations souhaitant s’engager dans les métiers de la création audiovisuelle. La disparition de Lamine Merbah ravive ainsi le souvenir d’un enfant de Tighennif dont le parcours s’est construit à l’échelle nationale sans jamais effacer ses attaches avec Mascara. Les réactions exprimées dans les milieux culturels de la wilaya témoignent de l’empreinte laissée par un réalisateur dont les œuvres et le parcours continuent d’occuper une place dans la mémoire du paysage audiovisuel national.
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