Conflits au Moyen-Orient, croissance démographique rapide, phénomènes climatiques extrêmes… : L’Afrique enregistre le nombre le plus élevé de personnes souffrant de le faim

L'Afrique compte désormais le plus grand nombre absolu de personnes souffrant de la faim, avec 309 millions d'individus, contre 292 millions en Asie, selon un rapport conjoint de cinq agences onusiennes.
Plus de la moitié de la population africaine, soit 56,6%, était en situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave en 2025, la proportion globale ayant légèrement reculé de 20,3 % à 20 %.
Le rapport attribue cette crise à la croissance démographique rapide, aux phénomènes climatiques extrêmes comme El Niño et à la vulnérabilité aux chocs géopolitiques liés au conflit au Moyen-Orient.
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L’accès à une alimentation saine et à la sécurité alimentaire reste économiquement hors de portée pour une très grande partie de la population mondiale. C’est la principale conclusion de cinq agences onusiennes, à savoir l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), du rapport intitulé : «Etat de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde». La crise est d’autant plus fortement ressentie en Afrique.
Un continent qui compte aujourd’hui environ 309 millions de personnes souffrant de la faim, contre 292 millions en Asie. Certes, la tendance à la hausse autrefois constatée a commencé à se stabiliser, avec une proportion de la population exposée à la faim passée de 20,3% en 2024 à 20% en 2025, mais le continent enregistre actuellement le nombre le plus élevé de personnes souffrant de la faim en termes absolus.
Aussi, selon la même source, les disparités régionales restent marquées. Ainsi, plus de la moitié de la population africaine, soit 56,6%, était en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave en 2025. Le document publié la semaine dernière explique cette situation par plusieurs facteurs. Il cite la croissance démographique rapide, les phénomènes climatiques extrêmes comme El Niño et la vulnérabilité face aux chocs géopolitiques liés à l’énergie. Le conflit au Moyen-Orient de 2026, les phénomènes météorologiques extrêmes et les coupes de l’aide publique au développement menacent en effet, selon le document, de saper les progrès accomplis s’agissant d’éradiquer la faim dans le monde. Ce sont en somme autant d’éléments qui impactent lourdement les systèmes agroalimentaires les mettant sous forte tension et entravent l’accès à une nutrition adéquate. La situation ne s’annonce guère en amélioration surtout dans ce contexte marqué par les conflits au Moyen-Orient. En effet, selon la FAO, «la hausse des prix de l’énergie gonfle de manière disproportionnée les coûts des aliments riches en nutriments». Et pour cause, la production est fortement dépendante des chaînes du froid, des activités de transformation et du transport.
«Collecter les données pour harmoniser les politiques agricoles, sanitaires et climatiques»
Le niveau de l’insécurité alimentaire a atteint par ailleurs 20,3% en Asie contre 22,9% en Amérique latine et dans les Caraïbes, et 8,7% en Amérique du Nord et en Europe. Autre observation du rapport, l’insécurité alimentaire demeure plus prévalente dans les zones rurales que dans les zones périurbaines et les zones urbaines, et les femmes sont encore touchées de manière disproportionnée, bien que l’écart entre les genres se soit légèrement réduit en 2025. Face à ce constat, la FAO recommande l’accélération des progrès vers la réalisation de l’Objectif de développement durable 2. Ainsi, les décideurs publics sont appelés à mettre en œuvre des interventions ciblées. Il s’agit notamment, selon les recommandations de la FAO, d’augmenter l’offre d’aliments riches en nutriments par la recherche-développement et de renforcer l’efficience des chaînes de valeur par des investissements dans les infrastructures. «Il est par ailleurs essentiel d’intégrer les marchés commerciaux internationaux, d’élargir les programmes de protection sociale en tenant compte de la nutrition et de réorienter les subventions publiques à l’agriculture des féculents vers des aliments diversifiés», préconise l’organisation onusienne. Mais pour cela, faudrait-il assurer, selon le rapport de la FAO, «des données détaillées et de meilleure qualité aux niveaux national et infranational». L’objectif étant d’utiliser ces données pour «cibler les interventions et harmoniser les politiques agricoles, sanitaires et climatiques». Ces recommandations interviennent alors que les projections actualisées établies pour les cinq prochaines années à la lumière du conflit au Moyen-Orient montrent qu’en fonction de la durée des effets de la crise sur l’inflation des prix des aliments, environ 510 à 520 millions de personnes pourraient toujours être exposées à la faim en 2030 (contre une projection moindre établie à 503 millions dans le scénario d’avant-le conflit). Cependant, d’autres facteurs de perturbation potentiels, notamment les effets de phénomènes météorologiques extrêmes comme El Niño en 2026 et 2027, ne sont pas pris en compte dans ces projections et pourraient aggraver encore les effets déjà ressortis dans le document.
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