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Dès la prochaine rentrée scolaire : L’anglais supplante le français

Par Kamel Benelkadi8 min de lecture
Dès la prochaine rentrée scolaire : L’anglais supplante le français
Résumé IA

Le ministre de l'Éducation Mohamed Seghir Saâdaoui a présenté les réformes de la rentrée 2026-2027 lors de la conférence nationale annuelle, annonçant une hausse de 11,6 % du taux de réussite au BEM (74 %) et de 5 % au baccalauréat (56,18 %), dans un contexte de budget en augmentation de 8,4 %.

La réorganisation des programmes prévoit la fin du tronc commun avec une spécialisation dès la première année secondaire, tandis que l'anglais devient la première langue étrangère dès la troisième année primaire, le français n'intervenant qu'en quatrième, avec un volume horaire renforcé dans les filières scientifiques.

Les classes d'examen verront leurs matières partagées entre théorie et travaux pratiques pour lutter contre l'absentéisme, le sport scolaire sera institutionnalisé sous le slogan «nos champions dans nos écoles» pour contrer la menace des drogues, et une semaine de la santé scolaire est lancée avec les ministères de la Santé et de l'Intérieur.

Huit ateliers thématiques mobilisent désormais cadres, directions d'éducation et autorités locales pour préparer la rentrée, le ministre insistant sur la refonte de l'évaluation comme processus fondamental plutôt que simple formalité.

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Des accords de coopération bilatérale préparent l’introduction future d’autres langues à fort potentiel économique ou scientifique, comme le chinois.

D ans un discours dense et structuré, Mohamed Seghir Saâdaoui, ministre de l’Éducation nationale, a dressé hier lors des travaux de la Conférence nationale annuelle consacrée à la préparation de la rentrée scolaire 2026-2027, organisée à la Faculté des sciences de l’information et de la communication de l’Université d’Alger 3, un bilan globalement positif de l’année scolaire 2025/2026 tout en annonçant une série de réformes pour la rentrée 2026/2027. Face aux enjeux démographiques, numériques et de compétitivité internationale, le ministre a présenté une vision visant à «moderniser le système éducatif sans rupture brutale». Le ministre a d’abord mis en avant les résultats des examens nationaux de la session 2026. Le taux de réussite au Brevet d’enseignement moyen (BEM) a progressé de 11,6 % par rapport à la session précédente, permettant à 74 % des élèves de quatrième année moyenne d’accéder à la première année secondaire. Au baccalauréat, le taux global s’établit à 56,18 %, soit une hausse de 5 %. Ces performances, a-t-il souligné, ont été obtenues dans un climat de stabilité, grâce notamment à la mobilisation des institutions de l’État, y compris dans le cyberespace, pour contrecarrer toute tentative de déstabilisation. Sur le plan budgétaire, la part de l’éducation dans le budget général de l’État a augmenté de 8,4 %, finançant la construction d’infrastructures, le renforcement des projets d’investissement et l’amélioration des conditions socio-professionnelles des enseignants via le nouveau système indemnitaire et le statut particulier. Plus de 62,9 millions de manuels scolaires ont été distribués, tandis que le concours de recrutement d’enseignants a attiré 1 065 000 candidats, «dont les dossiers ont fait l’objet d’un examen rigoureux en coordination avec la Fonction publique». L’un des axes centraux du discours concerne la réorganisation des programmes. Sans suppression de matières, un rééchelonnement est prévu pour «alléger les contenus et consacrer davantage d’heures aux disciplines essentielles et aux travaux pratiques, particulièrement dans les classes d’examen». Au lycée, la fin du «tronc commun» marque un tournant : dès la fin de la quatrième année moyenne, les élèves seront orientés vers des filières spécialisées dès la première année secondaire. Cette spécialisation précoce permettra «d’augmenter le volume horaire dédié aux mathématiques, à la nouvelle filière d’ingénierie et, progressivement, à une spécialité informatique alignée sur les parcours universitaires». La politique des langues étrangères a également été redéfinie. Pour éviter la confusion liée à l’apprentissage simultané de deux alphabets proches, «l’anglais sera introduit exclusivement dès la troisième année primaire, le français intervenant à partir de la quatrième». Le volume horaire de l’anglais sera renforcé, notamment dans les filières scientifiques et techniques, en cohérence avec la place dominante de cette langue dans la recherche mondiale.
Des accords de coopération bilatérale préparent par ailleurs l’introduction future d’autres langues à fort potentiel économique ou scientifique, comme le chinois. Le renforcement du volume horaire de l’anglais dans les filières scientifiques et techniques est cohérent avec la réalité internationale : la quasi-totalité de la production scientifique de haut niveau se fait en anglais. Maîtriser cette langue devient ainsi un outil d’accès au savoir et non seulement une compétence linguistique. La réussite de la réforme dépend cependant de la formation des enseignants, de la disponibilité de ressources pédagogiques adaptées et de la continuité entre le primaire et le secondaire. Pour les classes terminales (niveaux d’examen), les matières auparavant 100 % théoriques seront désormais partagées entre cours théoriques et travaux pratiques. Cela vise à consolider l’apprentissage et à lutter contre les absences des élèves en année terminale, car ces activités pratiques ne peuvent se faire qu’en milieu scolaire public. Au-delà des programmes, le ministre a insisté sur le rôle de l’école comme espace de protection et d’épanouissement. Le sport scolaire sera institutionnalisé sous le slogan «nos champions dans nos écoles», encadré par des spécialistes dès le primaire. «C’est un point hautement stratégique, car nous croyons fermement que le sport scolaire constitue l’un des moyens les plus importants de faire face au danger qui menace nos enfants : la menace mortelle de la drogue et des substances psychotropes», a-t-il mis en évidence.

Mettre l’accent sur la spécialisation

Une première semaine de la santé scolaire a été lancée en partenariat avec les ministères de la Santé, de l’Industrie pharmaceutique et de l’Intérieur, avec «une prise en charge spécifique des élèves atteints de maladies de longue durée en se concentrant sur les élèves malades qui séjournent dans des hôpitaux et des centres de soins pour de longues périodes, et en œuvrant à étendre le réseau de salles de classe au sein des hôpitaux et à dispenser un enseignement adapté à l’état de santé spécifique de ces élèves malades». La transformation numérique s’est généralisée par petites touches : généralisation de la numérisation des statistiques, des concours et de l’interopérabilité avec les autres secteurs via le Haut-Commissariat à la Numérisation. La généralisation de la numérisation des statistiques au ministère de l’Éducation offre des bénéfices transversaux : gain d’efficacité administrative, meilleur pilotage des politiques publiques, personnalisation des parcours éducatifs, et réduction des coûts. Huit ateliers, portant sur la scolarisation, l’évaluation, les finances, les infrastructures, l’encadrement, le partenariat social, les activités complémentaires et le numérique, structurent désormais la préparation de la rentrée, avec l’implication directe des autorités locales. Ce discours révèle une volonté de modernisation. L’État consolide ses investissements financiers et sécuritaires pour garantir un climat d’apprentissage serein, tout en adaptant le système aux exigences de la mondialisation et de la recherche académique. La distinction progressive entre anglais et français au primaire, la spécialisation anticipée au lycée et l’accent mis sur le sport et la santé illustrent une approche systémique : «l’école n’est plus seulement un lieu d’instruction, mais un outil de cohésion sociale et de préparation aux défis contemporains». Au-delà du discours, le ministre semble convaincu que «l’avenir de l’éducation nationale se façonne collectivement : la préparation de la rentrée s’articule autour de huit ateliers thématiques mobilisant l’ensemble des cadres, des directions de l’éducation et des autorités locales pour corriger les dysfonctionnements et agir avec rigueur et rapidité». Il mettra l’accent sur l’évaluation, perçu non comme une formalité mais comme «un processus fondamental, véritablement essentiel. Il importe d’examiner notre manière d’évaluer la scolarité, et plus particulièrement la méthode reposant sur les examens. Lorsque nous évaluons un élève, nous utilisons l’examen comme instrument d’évaluation et surtout au niveau primaire, nous mettons l’accent sur l’évaluation des connaissances acquises». «Nous avons tous la responsabilité d’améliorer la performance et de mener à bien les opérations du secteur avec le sérieux et la rapidité nécessaires», a conclut le ministre de l’éducation nationale.

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