L’université algérienne mise sur l’intelligence artificielle : Baddari trace la feuille de route de la rentrée universitaire

Le ministre Kamel Baddari a ouvert la Conférence nationale des universités à Alger en présentant une feuille de route axée sur l'intelligence artificielle pour faire de l'université le moteur d'une économie du savoir.
La rentrée verra un assistant intelligent guider les choix d'unités des étudiants et un grand modèle de langage aider les enseignants à concevoir exercices et évaluations, tandis que des écoles d'IA et cybersécurité ouvrent à Sidi Abdellah.
Le bilan innovation 2022-juillet 2026 affiche 2 339 labels de projets, 3 949 brevets, 673 start-up, 4 906 micro-entreprises, 442 spin-off et 17 046 emplois directs créés.
L'écosystème d'accompagnement s'est densifié avec 180 incubateurs aujourd'hui contre moins de vingt en 2020, dont plus de cent adossés aux universités, et a produit un prototype de voiture électrique au CRTI de Chéraga.
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Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, samedi à Alger, les travaux de la Conférence nationale des universités, un rendez-vous stratégique consacré à la poursuite des grandes réformes du secteur. Objectif affiché : transformer l’université algérienne en véritable locomotive d’une économie nationale fondée sur le savoir, l’innovation et la souveraineté technologique.
Dans son allocution d’ouverture, M. Baddari a insisté sur le tournant que traverse actuellement le secteur. «L’université algérienne est entrée dans une nouvelle étape, placée sous le signe de l’université intelligente, entrepreneuriale et productrice de savoir et de richesse», a-t-il déclaré, inscrivant cette dynamique dans le prolongement des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en matière de souveraineté scientifique et technologique.
Cette Conférence nationale des universités s’est tenue à la faculté de médecine et de pharmacie d’Alger. Elle intervient après une réunion préparatoire tenue à la mi-juillet au siège du ministère, et quelques semaines seulement après la signature électronique, début juillet, de la circulaire ministérielle relative à l’orientation des nouveaux bacheliers pour la session 2026 — un texte placé sous le signe d’une «université numérique et intelligente qui crée les emplois de demain».
Le ministre a présenté la feuille de route de la prochaine année universitaire, dominée par l’intégration accrue des technologies d’intelligence artificielle dans le quotidien pédagogique. Un assistant intelligent accompagnera désormais les étudiants dans le choix de leurs unités d’enseignement, afin de construire un parcours de formation personnalisé, adapté à leurs ambitions.
Un grand modèle de langage (LLM) a par ailleurs été développé au profit du corps enseignant, pour l’aider à concevoir des exercices et des activités pédagogiques, mais aussi pour intégrer l’IA dans l’évaluation des réponses des étudiants. Une avancée censée permettre aux enseignants d’améliorer la qualité de la formation dispensée et de rester en phase avec les pratiques pédagogiques les plus récentes.
Cette orientation technologique s’inscrit dans une dynamique plus large déjà amorcée par le ministère : des écoles d’intelligence artificielle et de cybersécurité ont ouvert au pôle scientifique et technologique de Sidi Abdellah, avec des formations dispensées en anglais et des seuils d’accès parmi les plus élevés du pays, tandis que des modules liés à l’IA, à la programmation et à l’ingénierie inversée sont progressivement intégrés aux cursus classiques.
Evoquant le renforcement du rôle économique de l’université, M. Baddari a détaillé un bilan chiffré de l’innovation universitaire entre 2022 et juillet 2026 : 2 339 labels de projets innovants délivrés, 3 949 brevets d’invention enregistrés, 673 start-up créées, 4 906 micro-entreprises et 442 spin-off, pour un total de 17 046 emplois directs générés.
Ces résultats s’appuient sur un écosystème d’accompagnement qui n’a cessé de se densifier ces dernières années : le nombre d’incubateurs d’entreprises est passé de moins de vingt en 2020 à 180 aujourd’hui, dont plus d’une centaine adossés directement à des établissements universitaires. Le secteur a également vu émerger des réalisations concrètes portées par de jeunes chercheurs algériens, à l’image du prototype de première voiture électrique «made in Algeria», développé au Centre de recherche en technologies industrielles (CRTI) de Chéraga.
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