Économie

Hydrogène vert : comment SouthH2 va faire de l'Algérie le nouvel eldorado énergétique de l'Europe

Par Ali Aomar6 min de lecture
Hydrogène vert : comment SouthH2 va faire de l'Algérie le nouvel eldorado énergétique de l'Europe
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L'Algérie lance le corridor SouthH2 pour exporter de l'hydrogène vert vers l'Europe, visant 4 millions de tonnes annuelles d'ici 2050.

La stratégie nationale 2023-2050 se déploie en trois phases — acquisition technologique, industrialisation, exportation massive — financée par 20 à 25 milliards de dollars.

Quatre projets pilotes testent l'électrolyse solaire et éolienne, dont un démonstrateur de 50 MW à Arzew soutenu par l'Allemagne à hauteur de 20 millions d'euros.

Parallèlement, l'Algérie produit ammoniac et méthanol verts pour décarboner son industrie locale et étudie d'autres corridors comme SunShyne et SEEHyC vers l'Europe.

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L'Algérie engage un virage dans sa politique énergétique avec le développement du corridor SouthH2, un projet de transport d'hydrogène vert destiné à alimenter les marchés européens. Ce mégaprojet, porté par Sonatrach et ses partenaires européens, s'inscrit dans une stratégie nationale qui s'étend jusqu'en 2050.

Le corridor SouthH2 constitue l'axe central de la stratégie algérienne pour l'hydrogène vert. Ce projet de transport et d'exportation relie l'Algérie à l'Europe via un réseau de canalisations destiné à acheminer l'hydrogène produit sur le territoire algérien vers les marchés industriels européens. L'Algérie collabore avec l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche pour développer cette infrastructure transcontinentale.

Selon un relevé effectué par la plateforme énergétique Attaqa, l'Algérie s'appuie sur une stratégie à long terme pour développer son secteur hydrogène. Cette stratégie repose sur l'exploitation des ressources solaires et éoliennes du pays, ainsi que sur sa position géographique.

Le projet SouthH2 s'inscrit dans une dynamique de coopération énergétique entre l'Afrique du Nord et l'Europe. La Commission européenne soutient ces initiatives dans le cadre de sa politique de diversification des sources d'approvisionnement énergétique. L'objectif affiché par les autorités algériennes est d'atteindre une capacité d'exportation de 4 millions de tonnes d'hydrogène vert par an à destination du continent européen.

La stratégie algérienne pour l'hydrogène vert

L'Algérie a élaboré une stratégie nationale pour l'hydrogène vert structurée en trois phases, couvrant la période 2023-2050. La première phase, qui s'étend jusqu'en 2026, se concentre sur l'acquisition de technologies et le lancement de projets pilotes. La deuxième phase, de 2027 à 2030, prévoit le développement d'infrastructures industrielles et l'expansion des capacités de production. La troisième phase, de 2030 à 2050, vise la production et l'exportation à grande échelle.

L'État algérien a alloué un budget compris entre 20 et 25 milliards de dollars pour le développement du secteur. Ces investissements couvrent la production, les infrastructures de transport, la formation technique et la recherche scientifique. Le gouvernement s'appuie sur le nouveau code des investissements pour attirer les capitaux étrangers dans le secteur de l'hydrogène vert. L'objectif de production fixé par les autorités est d'atteindre 1 million de tonnes par an d'ici 2030.

Les projets pilotes en cours de développement

La Sonatrach, compagnie nationale des hydrocarbures, mène trois projets expérimentaux d'hydrogène vert. Le quatrième projet est réalisé en partenariat avec l'Allemagne et bénéficie du soutien financier de l'Union européenne. Les capacités de ces installations pilotes varient entre 2 et 4 mégawatts. La zone industrielle d'Arzew, dans la wilaya d'Oran, accueille un projet démonstrateur d'une capacité de 50 mégawatts, financé par l'Allemagne à hauteur de 20 millions d'euros.

Un projet conjoint entre Sonatrach et la société italienne Eni constitue le premier projet expérimental d'hydrogène vert en Algérie. Ce projet utilise l'électricité produite à partir de l'énergie solaire et éolienne pour le processus d'électrolyse. L'eau utilisée provient des champs pétrolifères. L'objectif de ce projet pilote est d'évaluer la faisabilité technique et économique de la production et de l'exportation d'hydrogène vers l'Europe.

Le ministère de l'Énergie et des Énergies renouvelables a supervisé le lancement de ces quatre projets expérimentaux. Les installations visent à tester différentes technologies de production d'hydrogène vert. Les résultats de ces expériences détermineront la viabilité du déploiement industriel à grande échelle. Les données collectées permettront d'ajuster la stratégie nationale et d'optimiser les investissements futurs dans le secteur.

Les infrastructures de production et les débouchés industriels

L'Algérie développe des installations de production d'ammoniac et de méthanol verts. Ces produits dérivés de l'hydrogène sont destinés aux marchés industriels locaux, notamment les secteurs de la sidérurgie, du ciment et des engrais. La capacité prévue des unités d'électrolyse atteindra 200 mégawatts. Ces infrastructures contribuent à la réduction des émissions de carbone dans l'industrie algérienne.

Outre SouthH2, l'Algérie participe à des études de faisabilité pour d'autres corridors hydrogène, notamment SunShyne et SEEHyC. Ces projets visent à connecter l'Afrique du Nord aux marchés industriels européens. L'Algérie renforce ses partenariats avec l'Europe à travers des accords bilatéraux et des programmes de coopération technique. Les études en cours évaluent les aspects techniques, économiques et réglementaires de ces corridors énergétiques.

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