Lorsque la compétence s’incline
Le favoritisme, en privilégiant les relations sur la compétence, érode les institutions et sape la justice sociale.
Il chasse les talents, tue la concurrence saine et dégrade la productivité comme la qualité des services publics.
Des analyses confirment son impact néfaste sur la performance organisationnelle et le moral des employés.
L'éliminer exige l'égalité des chances, des recrutements transparents et des comptes à rendre pour tout abus de pouvoir.
Publié par
Le Quotidien d'Oran
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Le favoritisme n’est pas un simple comportement passager, c’est un fléau qui érode les institutions publiques et privées et sape le principe de justice sur lequel repose les sociétés saines. Le favoritisme ne recherche pas les compétents, mais les plus proches, il ne récompense pas le mérite, mais les relations.
C’est là que commence le désastre: les postes deviennent des cadeaux et les emplois des présents, tandis que les personnes compétentes sont reléguées en marge, disparues et vaincues et les médiocres prennent des allures d’astres scintillants.
La société perd ses meilleurs talents et les esprits créatifs émigrent en quête d’un environnement qui les traite avec équité. L’aspect le plus dangereux du favoritisme est qu’il tue l’esprit de saine concurrence et engendre de la frustration chez les jeunes.
Quelle est la valeur du travail acharné si la décision a déjà été prise ? Et à quoi servent les qualifications et l’expérience si les relations personnelles constituent le seul sésame pour réussir ?
En privilégiant les personnes non qualifiées au détriment des plus compétentes, le favoritisme entraîne une baisse de la productivité et la dégradation de la qualité du service et de la performance institutionnelle, ainsi qu’une érosion de la confiance du public envers les institutions.
Des analyses spécialisées ont démontré que le fait de privilégier les relations personnelles sur la compétence a un impact néfaste sur la performance, le moral et la productivité au sein des organisations. Le favoritisme n’est ni de la loyauté, ni de la chevalerie, ni une conduite exemplaire, contrairement à ce que certains tentent de faire croire. C’est une forme d’injustice et de corruption dissimulée qui s’installe insidieusement, mais qui laisse dans son sillage des institutions affaiblies, des décisions médiocres et un avenir dont les générations futures devront payer le prix. Les Nations ne s’élèvent pas grâce aux amabilités, mais plutôt grâce à la compétence; les patries ne se bâtissent pas sur des noms, mais sur des réalisations.
Tout responsable qui privilégie l’affinité au mérite, ou les liens de parenté à la compétence, contribue à l’échec, quelle que soit la manière dont il tente d’enjoliver sa décision. Eliminer le favoritisme commence par l’intégration du principe d’égalité des chances, l’adoption des normes transparentes par exemple, en matière de recrutement et de promotion, ainsi que par l’obligation de rendre des comptes pour quiconque abuse de sa position pour accorder des privilèges immérités. La justice n’est pas un simple slogan à proclamer, mais une pratique quotidienne démontrant que chacun est égal devant la loi et dans l’accès aux opportunités. Le favoritisme restera l’ennemi de l’efficacité, du développement et de la justice.
Lorsque la personne ayant des relations l’emporte sur celle qui a du mérite, le véritable perdant n’est pas seulement l’individu, mais la société toute entière.