Au large du Mexique : Des orques se font un festin en explosant littéralement les plus gros poissons-lunes du monde

Des biologistes marins ont documenté au large de la Basse-Californie une technique de chasse spectaculaire où des orques s'attaquent aux plus gros poissons-lunes du monde, les projetant et les percutant à grande vitesse pour les faire littéralement exploser.
Les observations, publiées dans Frontiers in Ethology, révèlent une coordination remarquable : un cétacé maintient la proie pendant qu'un autre la frappe de plein fouet avec son museau, fragmentant l'animal pour n'en consommer que les parties tendres.
Les chercheurs avancent que ce comportement brutal pourrait servir à l'apprentissage des jeunes orques ou permettre d'éviter l'usure des dents face à la peau rugueuse de ces poissons géants.
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El Watan
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Le poisson-lune, ou mola mola, est le plus grand poisson osseux du monde. Certaines espèces peuvent dépasser les 900 kg et les quatre mètres de haut. Outre sa taille impressionnante, sa peau épaisse tend aussi à dissuader les prédateurs. Enfin… Dans la grande majorité des cas.
Dans les colonnes du New York Times, cinq biologistes marins révèlent avoir été témoins d’une partie de chasse spectaculaire et particulièrement brutale, qui a fini par le démembrement de ces proies. L’équipe a observé des orques s’attaquer à ce spécimen plat au large de la Basse-Californie (Mexique), suivant une stratégie bien rodée qu’Erick Higuera, l’un des scientifiques de chez Conexiones Terramar, décrit comme «violente». «Ce sont des attaques chaotiques, mais extrêmement calculées», explique-t-il.
Les premières observations, dont le quintette fait état plus longuement dans leur étude publiée par la revue Frontiers in Ethology, remontent à 2021. Cette année-là, Erick Higuera voit des orques projeter un poisson-lune «comme un frisbee» avant de le faire littéralement «exploser». Deux scènes similaires seront ensuite filmées en 2024 et 2025. Les images montrent une véritable coopération entre plusieurs individus.
«Complètement ouvert comme une empanada»
Dans la séquence immortalisée en 2024, une orque adulte tient dans sa gueule un poisson-lune à queue pointue (Masturus lanceolatus), en le saisissant par sa nageoire postérieure en forme de gouvernail. Un autre cétacé arrive à grande vitesse vers elle, tête la première comme un bélier. L’instant précédant l’impact, la première relâche sa prise et la seconde percute le poisson de plein fouet avec son museau.
Le choc, marqué par un bruit sourd, étouffé dans l’eau, fragmente la proie en plusieurs morceaux. «Oh mon dieu», répète la chercheuse Kathryn Ayres derrière son objectif, alors que les viscères se mettent à flotter sous ses yeux. Une jeune orque intervient alors pour se nourrir des restes. «C’est comme au football, chacun a un rôle», résume Erick Higuera pour souligner l’organisation remarquable du groupe. «Le poisson est complètement ouvert, un peu comme lorsqu’on s’apprête à manger une empanada… On en consomme l’intérieur sans manger l’enveloppe», ajoute-t-il au micro de la chaîne ABC. Les chercheurs avancent l’hypothèse que les femelles orques utilisent ces poissons pour entraîner leur progéniture à chasser ou simplement jouer, mais le broyage systématique observé dans ces dernières vidéos semble inédit. Il pourrait être potentiellement réservé à une espèce précise de poisson-lune. La peau du poisson-lune est couverte de denticules rugueux, comparables aux écailles des requins. En fracassant leur proie avant de la consommer, ces mammifères pourraient éviter d’user leurs dents. L’astuce pourrait se partager de génération en génération. «Plus rien de ce qu’ils font ne me surprend», confie l’écologue marin Robert Pitman.
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