Le Détroit d’Ormuz, Bab El-Mandab et la mer Caspienne sous tension : Les routes maritimes entrent dans une zone de turbulences

Les tensions maritimes s’intensifient simultanément dans le détroit d’Ormuz, la mer Caspienne et la mer Rouge, impliquant l’Iran, les États-Unis, l’Ukraine et les Houthis yéménites.
Dans le détroit d’Ormuz, l’Iran tire des coups de semonce contre des navires qu’il juge hors route légale et prépare une loi pour formaliser sa souveraineté et taxer le passage, tandis que les États-Unis maintiennent un blocus naval et détournent des bâtiments commerciaux.
En mer Caspienne, Téhéran accuse Kiev d’avoir attaqué un navire iranien tuant un marin, l’Ukraine revendiquant des frappes sur des cargos transportant du matériel militaire iranien vers la Russie.
En mer Rouge, les Houthis bombardent les installations pétrolières saoudiennes d’Aramco en représailles à des raids sur Hodeïda, menacent de maintenir le blocus naval et négocient sous médiation omanaise et onusienne.
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Le mémorandum d’entente signé entre les deux pays en juin, censé organiser la circulation maritime, semble aujourd’hui vidé de sa substance. Selon le général Mohammad Reza Akraminia, porte-parole de l’armée iranienne, les États-Unis auraient tenté d’imposer une route maritime «illégale», obligeant Téhéran à «faire respecter ses droits souverains».
Après treize nuits consécutives de frappes américaines contre des objectifs iraniens, un calme relatif s’est installé dans le Golfe. Maisla confrontation se joue désormais en mer. Du détroit d’Ormuz à Bab El-Mandeb, en passant par la mer Caspienne, les incidents se succèdent sur les principales routes maritimes reliant l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient. Entre le détroit d’Ormuz, Bab el-Mandeb et la mer Caspienne, les incidents s’enchaînent, impliquant des acteurs toujours plus nombreux.
Concernant le détroit d’Ormuz, les États-Unis continuent d’affirmer qu’il s’agit d’une voie maritime internationale ouverte à tous les navires civils et militaires. L’Iran soutient de son coté que sa souveraineté lui donne le droit d’encadrer le trafic dans ce passage. Le mémorandum d’entente signé entre les deux pays en juin, censé organiser la circulation maritime, semble aujourd’hui vidé de sa substance. Selon le général Mohammad Reza Akraminia, porte-parole de l’armée iranienne, les États-Unis auraient tenté d’imposer une route maritime «illégale», obligeant Téhéran à «faire respecter ses droits souverains». Au cours des dernières 48 heures, les Gardiens de la Révolution ont tiré des coups de semonce contre six navires qu’ils accusent d’avoir emprunté des itinéraires non autorisés. Les bâtiments ont été contraints d’interrompre leur progression. La veille déjà, quatre autres navires avaient été stoppés pour les mêmes raisons.Face à cette pression iranienne, le Commandement central américain (CENTCOM) poursuit de son côté le blocus naval imposé.L’armée américaine affirme avoir détourné douze navires commerciaux tentant de contourner ce dispositif, neutralisé deux bâtiments refusant d’obtempérer et procédé à l’arraisonnement de deux autres. Un navire a également été immobilisé dans le golfe d’Oman après avoir, selon Washington, ignoré à plusieurs reprises les avertissements américains avant de vouloir franchir le détroit d’Ormuz. Aussi, Téhéran prépare une réponse juridique.La commission de la sécurité nationale du Parlement examine actuellement un projet de loi destiné à formaliser la gestion iranienne du détroit d’Ormuz.Le contenu du texte n’a pas été rendu public, mais plusieurs responsables en ont déjà dévoilé les grandes lignes.L’objectif serait d’affirmer officiellement la souveraineté iranienne sur le corridor maritime et d’instaurer des droits de passage pour les navires empruntant le détroit.Le vice-président du Parlement, Ali Nikzad, avait indiqué dès le mois de mai que les navires israéliens seraient définitivement interdits de transit. Les bâtiments appartenant à des pays considérés comme hostiles pourraient également se voir refuser l’autorisation de passage, sauf s’ils acceptent d’indemniser les dommages de guerre subis par l’Iran. Des canaux diplomatiques restent néanmoins ouverts.Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a confirmé que des discussions avaient eu lieu vendredi et samedi à Téhéran entre les vice-ministres iranien et omanais des Affaires étrangères.Les échanges ont porté sur les mécanismes pratiques permettant d’assurer une navigation sûre dans le détroit tout en respectant, selon les termes iraniens, «les droits souverains des deux États riverains».Baghaei a évoqué des discussions «utiles» au cours desquelles «des progrès ont été réalisés», précisant que les consultations techniques et politiques se poursuivaient.Il assure par ailleurs que la circulation maritime dans le détroit n’a pas changé, malgré les nombreux incidents signalés ces derniers jours. Cela intervient alors que Donald Trump semble avoir choisi de suspendre, au moins provisoirement, l’offensive américaine.
Un nouveau front s’ouvre avec l’Ukraine
Selon des responsables de l’administration cités par la presse américaine, la poursuite des bombardements risquait d’épuiser les stocks américains de missiles “Patriot” et d’autres systèmes de défense aérienne déployés au Moyen-Orient.Les frappes auraient atteint leurs limites sans permettre de modifier le rapport de force avec l’Iran. Les contacts entre responsables américains et iraniens se poursuivent à bas niveau afin de tenter d’éviter une nouvelle escalade. Mais aujourd’hui, l’Iran fait face à une crise inattendue avec Kiev.Téhéran accuse l’Ukraine d’avoir attaqué un navire commercial iranien en mer Caspienne. L’explosion aurait provoqué la mort d’un marin et blessé un autre.Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires ukrainien pour dénoncer une attaque qualifiée d’»hostile» et de «criminelle», en violation de la Charte des Nations unies.L’affaire est d’autant plus sensible que Volodymyr Zelensky a revendiqué des frappes de longue portée contre des navires utilisés, selon lui, pour transporter des cargaisons militaires impliquant l’Iran ainsi qu’un bâtiment de guerre russe.Le président ukrainien affirme également que Moscou fournit à Téhéran des images satellitaires concernant les États du Golfe et les bases militaires américaines présentes dans la région.Depuis le début de l’invasion russe, Kiev accuse l’Iran d’avoir fourni des milliers de drones Shahed utilisés contre les villes ukrainiennes.Face à la guerre en Ukraine, l’Iran a pourtant – du moins officiellement- toujours maintenu une position de neutralité.Le ministère iranien des Affaires étrangères répète que la République islamique ne souhaite aucune implication directe dans le conflit russo-ukrainien et se dit même disposée, «si nécessaire», à jouer un rôle de médiateur.
Les Houthis ravivent le front de la mer Rouge
A cela s’ajoute un autre foyer de tension qui s’embrase en mer Rouge.Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué une vaste attaque contre les installations pétrolières d’Aramco situées à Yanbu et Jizan, sur la côte saoudienne.Le mouvement affirme avoir lancé des dizaines de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones de fabrication yéménite.Ces frappes constituent une réponse directe aux bombardements saoudiens menés la veille contre Hodeïda et l’île de Kamaran, situé à proximité du détroit de Bab el-Mandeb.Les Houthis avaient annoncé quelques jours plus tôt un blocus naval visant l’Arabie saoudite après des frappes contre l’aéroport international de Sanaa.Ils préviennent désormais que les infrastructures pétrolières d’Aramco resteront des cibles prioritaires tant que le siège imposé à Sanaa et au port de Hodeïda ne sera pas levé.Les Nations unies et Oman tentent d’organiser une nouvelle série de discussions entre Riyad et les Houthis.Des responsables onusiens, saoudiens et représentants d’Ansar Allah seraient actuellement présents à Mascate pour préparer un éventuel second cycle de négociations.Personne ne s’attend cependant à une issue rapide.
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