Canicule à Chlef : En cause, le dérèglement climatique et des facteurs locaux

Les vagues de chaleur records à Chlef, dépassant 45 °C, sont attribuées au changement climatique et à des facteurs locaux aggravants.
La déforestation, la disparition des ceintures vertes, l'urbanisation galopante, l'assèchement de l'oued Cheliff et la baisse des pluies ont transformé le microclimat local.
Jadis entourée de jardins et de pépinières, la ville souffre désormais d'un déficit de verdure dû à l'insuffisance du reboisement et à l'abandon d'espaces naturels publics.
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El Watan
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De l’avis général, les pics de températures records atteignant ou dépassant régulièrement 45°C à 48°C et plus à Chlef lors des vagues chaleurs estivales, constituent la conséquence du changement climatique, phénomène de dimension mondiale, auquel sont habitués les Chélifiens depuis les années 1980.
Les vagues de chaleur intenses poussent les habitants de Chlef à utiliser continuellement leurs climatiseurs. Cette situation provoque une surconsommation électrique pendant toute la période des grandes chaleurs. Cela peut s’expliquer par le réchauffement climatique affectant la vallée du Cheliff mais aussi par d’autres facteurs locaux aggravants comme la déforestation, la disparition des ceintures vertes et l’urbanisation galopante autour de la ville. Il y a eu certes des actions de reboisement mais cela reste insuffisant au regard du vide persistant à combler dans le domaine. A ceux-là s’ajoutent l’assèchement prononcé du bassin de l’oued Cheliff, la baisse drastique des pluies et la régression des zones boisées périphériques. La ville de Chlef était pourtant, selon des archives «entourée de toutes parts de jardins, vergers et vignobles (terres riches en alluvions)». Il y avait aussi des pépinières près de la gare ferroviaire, à Hai Zitoune, du côté de Hai Charra et à partir du pont sous la voie ferrée. De même, «un espace naturel existait au cœur même de la ville, servant à la fois de pépinière végétale et de lieu expérimental de nouveaux plants qui s’adaptaient au climat de la région». Cependant, le climat de Chlef a évolué d’une atmosphère sèche et clémente avant 1980 vers un environnement urbain plus chaud et lourd, marqué par une humidité matinale accrue. Pour beaucoup, cette transformation résulte notamment de la forte urbanisation, de la densification du trafic routier et d’un recul des espaces verts. Ce déficit de verdure est dû en effet à l’insuffisance chronique de campagnes de reboisement urbain dans et autour de la ville de Chlef, ainsi qu’au délaissement d’espaces naturels et publics, comme le parc de loisirs de Hai Nasr et certaines forêts périurbaines environnantes, situées entre la cité administrative de Hai Meddahi et Hai Nasr, dans la banlieue sud de Chlef.
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