Condamné à de lourdes peines de prison et en fuite à l’étranger : Ayoub Aïssiou arrêté en Espagne

L'homme d'affaires algérien Ayoub Aïssiou a été arrêté à l'aéroport de Barcelone en provenance du Maroc, voyageant sous un passeport libérien acquis pour 100 000 euros.
Condamné par défaut à 20 ans de prison ferme en décembre 2025, peine confirmée en appel en mars 2026, son épouse, ses cinq frères et son beau-père ont écopé de 7 à 15 ans de prison.
Son empire bâti sur des crédits bancaires massifs (63 milliards de dinars) et des transferts illicites dépassant 100 millions de dollars vers l'étranger s'est effondré, laissant des centaines de souscripteurs sans logements.
Réfugié à Paris depuis sa fuite clandestine, il est visé par au moins trois mandats d'arrêt internationaux tandis que ses frères l'ont rejoint à l'étranger dès 2021.
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L’homme d’affaires Ayoub Aïssiou a été arrêté à l’aéroport de Barcelone en provenance du Maroc, selon des sources bien informées. Il se trouve actuellement entre les mains de la justice espagnole. Selon les mêmes sources, «il a voyagé avec un passeport de la République du Libéria qu’il dit avoir acquis pour la somme de 100 000 euros. Il a pris le vol 960 Casablanca-Barcelone».
Longtemps resté dans l’ombre des cercles décisionnels, Ayoub Aïssiou est souvent présenté comme «une personnalité qui incarne la chute brutale d’un empire bâti sur le crédit public et les protections politiques».
Condamné à de lourdes peines de prison et en fuite à l’étranger, l’ancien magnat de la télévision et de l’immobilier est désormais traqué par des mandats d’arrêt internationaux. Le tournant survient en 2019. Ses soutiens politiques balayés, Aïssiou fuit clandestinement le pays. En décembre 2025, le tribunal de Sidi M’hamed (pôle pénal économique et financier) l’a condamné par défaut à 20 ans de prison ferme, une peine confirmée en appel en mars 2026. Son épouse, ses cinq frères et son beau-père ont également écopé de peines allant de 7 à 15 ans de prison. La liste de ses biens confisqués était «si longue qu’elle a nécessité 27 minutes de lecture au juge».
Parti de rien au début des années 2000, Ayoub Aïssiou a profité de deux décennies d’opulence pétrolière pour bâtir un empire multisectoriel. Grâce à sa proximité avec les cercles décisionnels, il aurait bénéficié de facilités bancaires déconcertantes et a accaparé des terres agricoles fertiles ainsi que des entreprises publiques cédées au dinar symbolique. Son groupe s’est étendu de l’importation à la production laitière, en passant par l’aciérie, l’immobilier de luxe. En 2012, il a renforcé son influence médiatique en lançant la chaîne de télévision privée El Djazaïria One.
Transferts illicites
Aïssiou n’agissait pas seul ; il opérait avec ses cinq frères associés, son épouse et son beau-père Bachir Ould Zemirli. Son réseau bénéficiait de soutiens : ses complicités lui aurait permis, pendant des années, d’étouffer des enquêtes et de maintenir ses activités via des prête-noms, même après le début de ses déboires judiciaires. Un exemple frappant est celui du port de Mostaganem, où des scanners auraient été volontairement mis en panne entre 2021 et 2024 pour laisser passer des centaines de conteneurs de marchandises prohibées. L’enquête a révélé des transferts illicites vers l’étranger (France, Suisse, Emirats, Canada) s’élevant à plus d’une centaine de millions de dollars. Entre janvier et juin 2018 seulement, 29 millions d’euros ont été transférés via une société écran. Son groupe a accumulé plus de 63 milliards de dinars de crédits auprès de diverses banques, souvent sans que les projets industriels ne voient le jour.
Des centaines de souscripteurs ont perdu leurs économies dans des projets de logements haut standing à Alger et Oran, jamais achevés par ses sociétés. Sentant le vent tourner, Ayoub Aïssiou a quitté clandestinement l’Algérie après avoir transféré une grande partie de sa fortune. Ses frères l’ont rejoint à l’étranger dès 2021. Aujourd’hui réfugié à Paris, il est la cible d’au moins trois mandats d’arrêt internationaux.
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