Une première dans l’histoire parlementaire algérienne : Khalida Boufedeche prend les rênes de l’Assemblée

Khalida Boufedeche a été élue présidente de l'Assemblée populaire nationale, devenant la première femme à occuper ce poste en plus de soixante ans d'indépendance algérienne.
Cette percée historique intervient paradoxalement alors que la représentation féminine au Parlement recule fortement, avec seulement 25 députées sur 407 sièges depuis la suppression du système de quotas.
Soutenue par l'ensemble des groupes de la majorité présidentielle, la candidate du FLN a obtenu 302 voix face aux 57 du MSP et aux 7 du RCD, tandis que le FFS s'est abstenu pour dénoncer des arrangements partisans.
Médecin allergologue, militante FLN depuis vingt ans et ancienne élue locale, la nouvelle présidente incarne la continuité des équilibres politiques issus des législatives de juillet.
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Elue à la tête de la chambre basse du Parlement, Khalida Boufedeche brise le plafond de verre jamais franchi depuis la création du Parlement algérien.
Une page de l’histoire parlementaire algérienne s’est écrite hier. Plus de soixante ans après l’indépendance de l’Algérie, l’Assemblée populaire nationale (APN) est présidée, pour la première fois, par une femme. Elue à la tête de la chambre basse du Parlement, Khalida Boufedeche devient la 12e présidente de l’institution, troisième personnage de l’Etat après le président de la République et le président du Conseil de la nation.
Elle brise ainsi le plafond de verre jamais franchi depuis la création du Parlement. Son élection met ainsi fin à une exception qui, pendant des décennies, a alimenté les interrogations des associations de défense des droits des femmes et de nombreux observateurs sur l’absence persistante de femmes aux postes les plus stratégiques de l’Etat. Son élection constitue un tournant symbolique dans l’histoire des institutions du pays. Si les femmes ont progressivement renforcé leur présence dans les assemblées élues et accédé à plusieurs hautes fonctions de l’Etat, aucune n’avait jusqu’ici occupé le perchoir de l’Assemblée. Cette avancée historique intervient pourtant dans un contexte paradoxal. Les élections législatives du 2 juillet ont confirmé un net recul de la représentation féminine au sein de l’hémicycle. Sur les 407 députés que compte actuellement l’Assemblée, seules 25 femmes ont été élues, un niveau sensiblement inférieur à celui des précédentes législatures. Cette baisse s’explique notamment par la suppression «du système des quotas» qui garantissait auparavant une représentation plus importante des femmes au Parlement. Ainsi, alors que les femmes sont aujourd’hui moins nombreuses à siéger au palais Zighoud- Youcef, l’une d’elles accède à la présidence de la chambre basse du Parlement. Un contraste qui confère une portée particulière à cette élection. Au-delà de sa dimension symbolique, l’élection de Khalida Boufedeche s’inscrit dans la continuité des équilibres politiques issus des législatives du 2 juillet. Médecin de formation et spécialiste en allergologie et immunologie clinique, la nouvelle présidente de l’APN dispose également d’un parcours politique forgé au sein du Front de libération nationale (FLN), qu’elle a rejoint il y a plus de vingt ans.
«Nous revendiquons notre place d’opposition»
Avant son élection à l’APN en 2026, elle a exercé plusieurs mandats locaux, notamment à l’Assemblée populaire communale de Bordj El Bahri et à l’Assemblée populaire de wilaya d’Alger (APW). Arrivé largement en tête du scrutin du 2 juillet, l’ex-parti unique disposait, avec les partis de la majorité présidentielle et plusieurs groupes alliés, d’une majorité confortable au sein de la nouvelle Assemblée.
Dans ces conditions, l’issue du vote apparaissait largement déterminée avant même l’ouverture de la séance consacrée à l’élection du président de l’APN.
D’ailleurs, les partis de la majorité ont tenu à afficher publiquement leur unité. Réunis dans le hall de l’Assemblée, les groupes parlementaires du FLN, du Rassemblement national démocratique (RND), du Front El Moustakbal, du Mouvement El Bina, de Sawt Echaâb, du Parti El Karama, du Front algérien nouveau ainsi que le groupe des indépendants ont annoncé, lors d’un point de presse, leur soutien à la candidature de Khalida Boufedeche. Cette prise de position collective visait à formaliser le consensus dégagé autour de la députée du FLN et à afficher l’unité de la majorité avant le vote. Plusieurs de ces formations ont, dans la foulée, publié des communiqués réaffirmant leur soutien à la candidate. Face à la candidate du FLN, deux représentants de l’opposition ont néanmoins choisi de briguer la présidence de l’Assemblée. Il s’agit d’Amine Allouche, candidat du Mouvement de la société pour la paix (MSP), et de Rachid Hassani, désigné par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Si le rapport de force issu des urnes ne laissait guère de doute quant à l’issue du scrutin, les deux formations ont tenu à marquer leur présence lors de cette première échéance institutionnelle de la dixième législature.
«Nous présentons toujours un candidat. Notre objectif est de revendiquer notre place d’opposition, notre droit à exister en tant qu’opposition. Nous allons essayer d’arracher tous les espaces», avait expliqué Rachid Hassani, résumant la démarche de son parti, davantage motivée par l’affirmation du rôle de l’opposition que par une réelle perspective d’accéder au perchoir. A l’issue du scrutin, la candidate du FLN, Khalida Boufedeche, a été élue présidente de l’APN avec 302 voix. Son concurrent, Amine Allouche (MSP), a obtenu 57 voix, tandis que le candidat du RCD, Rachid Hassani, a recueilli 7 voix. Les députés du Front des forces socialistes (FFS) ont, pour leur part, choisi de s’abstenir. Dans un communiqué, le parti a expliqué ce choix par son «refus de voir les mécanismes institutionnels réduits à des arrangements partisans sans véritable concertation». Notons que cette première séance de la 10e législature s’est ouverte conformément aux dispositions de la Constitution et du règlement intérieur de l’APN. Les travaux ont été présidés par le doyen d’âge des nouveaux députés, Abdelkader Bellahssen, assisté des deux plus jeunes élus, Abdeldjalil Faghouli et Belghith Abdellah Nadhir. La séance a débuté par l’appel nominal des députés. Ces derniers ont ensuite procédé à la constitution de la commission chargée de la validation de la qualité de membre, dont le rapport a été adopté au cours de la séance plénière. Ces formalités accomplies, les travaux ont repris dans l’après-midi avec l’examen et l’adoption du rapport de cette commission, ouvrant ainsi la voie à l’élection de la présidente de la chambre basse du Parlement.
Bio-express de la nouvelle présidente de la chambre basse
Née le 27 mai 1982, elle est mère de deux filles et docteure en médecine de l’Université d’Alger. Titulaire d’un diplôme de spécialité en allergologie et immunologie clinique de l’Université d’Alger. Médecin au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Béni Messous. Cheffe du service des structures et des professions de santé à la direction de la santé et de la population de la wilaya d’Alger depuis 2023. Militante au sein du parti du Front de libération nationale (FLN) depuis plus de 20 ans. Membre de la mouhafadha de Dar El Beïda, chargée de la condition féminine, Alger. Membre du comité central du FLN. Membre de l’Assemblée populaire communale (APC) de Bordj El Bahri de 2012 à 2017. Membre de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Alger de 2021 à 2026. Députée à l’Assemblée populaire nationale en 2026. (source : APN)
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