Pouvoir d’achat : Revalorisation des salaires et des retraites «en fonction de l’économie nationale»

Le président Tebboune a annoncé une nouvelle revalorisation du SNMG et des pensions de retraite à partir de 2027, lors d'un entretien avec les médias nationaux.
Le salaire minimum est déjà passé de 20 000 à 24 000 DA, tandis que le salaire moyen national se situe entre 40 000 et 50 000 DA par mois.
Ces augmentations seront mises en œuvre de manière progressive pour préserver les équilibres macroéconomiques et éviter de nourrir l'inflation.
Depuis 2019, l'État a exonéré d'IRG les salaires jusqu'à 30 000 DA et procédé à une hausse globale des salaires évaluée à 47 %.
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Pour le président de la République, ces mesures de revalorisation doivent surtout se ressentir dans le quotidien des Algériens.
Lors de sa traditionnelle entrevue avec des représentants des médias nationaux, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tracé les grandes lignes de la poursuite de la politique sociale de l’Etat. Parmi les engagements formulés : une nouvelle revalorisation du Salaire national minimum garanti (SNMG) qui est déjà passé de 20 000 à 24 000 DA et des pensions de retraite, planifiée à partir de 2027. Après avoir rappelé que le salaire minimum avait atteint un seuil jugé «acceptable», le chef de l’Etat a officialisé qu’une augmentation supplémentaire verrait le jour, tout en insistant sur une mise en œuvre «progressive» pour préserver les grands équilibres macroéconomiques et maîtriser l’inflation. Le salaire moyen national se situe, selon les estimations, autour de 40 000 à 50 000 DA par mois.
Le Président a particulièrement insisté sur la nécessité de conduire ces revalorisations sans provoquer une hausse excessive de la masse monétaire. L’objectif cardinal est d’encadrer l’injection d’argent dans l’économie nationale, afin de garantir des effets authentiquement positifs sur la croissance et le pouvoir d’achat des citoyens, sans risquer de «nourrir l’inflation». Dans la même optique, il a indiqué que d’autres dossiers sociaux restaient à l’étude, à l’instar de la revalorisation des bourses destinées aux étudiants, dont la concrétisation dépendra directement de «l’amélioration des performances économiques globales du pays». Ces annonces s’inscrivent dans la continuité directe des mesures sociales amorcées depuis 2019 pour soutenir le pouvoir d’achat. Parmi «les acquis» de cette période figurent notamment l’exonération totale de l’Impôt sur le revenu global (IRG) pour les salaires allant jusqu’à 30 000 DA, une hausse globale des salaires évaluée à 47%, ainsi que de multiples revalorisations des pensions de retraite, le tout combiné à des actions soutenues de lutte contre l’argent sale. Le chef de l’Etat a rappelé en outre que cette dynamique de redistribution des richesses repose sur des bases économiques assainies. Les progrès enregistrés grâce au renforcement de la production nationale et à la réduction des importations de produits stratégiques permettent d’accroître les revenus de l’Etat. Ce surplus de ressources publiques a vocation à se répercuter progressivement sur le revenu des citoyens, confirmant ainsi l’interdépendance vertueuse entre la croissance économique et l’amélioration du bien-être social.
L’analyse des décisions annoncées par le président Abdelmadjid Tebboune révèle un exercice délicat de pilotage macroéconomique : concilier l’urgence de la demande sociale (soutien au pouvoir d’achat) avec la stricte discipline budgétaire et monétaire nécessaire pour éviter les écueils inflationnistes. Le chef de l’Etat avait déjà précisé dans ses précédentes interventions que créer de la monnaie sans contrepartie de production réelle mène immanquablement à la spirale inflationniste, qui anéantit par définition les gains nominaux du pouvoir d’achats. L’Etat a joué dans un premier temps un rôle d’amortisseur social d’urgence. Aujourd’hui, l’ambition semble changer de dimension. Elle s’appuie sur un nouveau paradigme : la substitution des importations et le renforcement de la production nationale.
Préserver les équilibres
En tarissant les hémorragies de devises sur les produits stratégiques et en stimulant l’appareil productif interne, l’Algérie espère générer les marges de manœuvre budgétaires nécessaires pour financer son modèle social sans hypothéquer son avenir financier.
Pour le président de la République, ces mesures de revalorisation doivent surtout se ressentir dans le quotidien des Algériens. Les études de coût de la vie disponibles en 2026 dessinent un budget type contraint pour une famille modeste : sur un revenu mensuel d’environ 60 000 DA, le logement et les charges absorberaient à eux seuls près de 58% du budget, l’alimentation environ 25%, le reste étant partagé entre santé, transport et loisirs.
Cette répartition illustre une vulnérabilité structurelle : la moindre hausse du loyer ou du prix des produits de base a un effet immédiat et disproportionné sur le budget des ménages les plus modestes, qui disposent de très peu de marge d’ajustement.
Au-delà des chiffres conjoncturels, plusieurs facteurs structurels pèsent sur le pouvoir d’achat des Algériens : une forte dépendance aux importations pour de nombreux produits de consommation courante, la vulnérabilité des filières agricoles nationales face aux aléas climatiques et à la spéculation, la faiblesse relative du revenu disponible par rapport au coût du logement et des services essentiels, et la persistance de pratiques spéculatives sur certains marchés, notamment en période de forte demande (Ramadhan, Aïd).
Il adresse de la sorte un message subliminal au futur gouvernement qui doit tenir compte des attentes des citoyens d’une amélioration du niveau de vie et qui ne se mesure pas seulement aux pourcentages des grilles salariales, mais à la capacité réelle à faire face aux dépenses de la vie de tous les jours.
L’objectif est d’éviter le piège classique où chaque augmentation de salaire est immédiatement neutralisée par une flambée des prix sur les marchés. «Je veux des gens proches du citoyen, qui ressentent ce qu’il ressent, qui sont engagés sans qu’ils soient secoués», a martelé le président de la République. Il exhorte à changer de paradigme : anticiper et planifier au lieu d’être dans des réactions tardives dictées par la crise ou la grogne. Les annonces du président Tebboune montrent que la question reste une priorité politique, dont l’impact dépendra de la capacité à contenir l’inflation dans la durée.
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