Paiement de redevances pour l’utilisation du détroit d’Ormuz : Les monarchies du Golfe prêtes à négocier avec l’Iran

Oman médie un plan du Golfe pour des redevances volontaires à Ormuz, après l'échec des frappes US à faire plier l'Iran sur son péage.
Washington a suspendu sa campagne de bombardements de deux semaines, Téhéran restant inflexible sur la gestion conjointe du détroit avec Oman et la perception de frais.
La proposition s'inspire du modèle volontaire du détroit de Malacca, mais les États-Unis s'y opposent et réclament un retour au libre passage sans redevances.
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Selon Reuters, une médiation omanaise aurait permis de rapprocher les positions iraniennes et arabes quant à la gestion du détroit d’Ormuz. «Oman a présenté à l’Iran un plan soutenu par les Etats du Golfe visant à gérer le détroit d’Ormuz, prévoyant notamment la perception de redevances volontaires pour son utilisation», a rapporté hier l’agence britannique.
Force est de le constater : ce qui a exacerbé les tensions dans le Golfe au point de voir la région replonger dans l’enfer de la guerre alors qu’un accord était sur le point d’être finalisé entre Washington et Téhéran, ce n’est pas le programme nucléaire iranien, mais la gestion du détroit d’Ormuz. Décidé à imposer un péage aux navires empruntant le détroit, l’Iran en est venu à cibler militairement les cargos qui tentaient d’emprunter un autre couloir maritime pour ne pas avoir à payer de redevances. Et c’est précisément la répétition de ces attaques contre des navires marchands qui a été le déclencheur du nouveau cycle d’hostilités auquel on a assisté ces derniers jours. Pendant treize jours consécutifs, l’armée américaine a mené des frappes intensives contre l’Iran, déversant un véritable déluge de feu sur plusieurs villes iraniennes et autres sites stratégiques de la République islamique. «Ces 13 nuits de bombardements américains renouvelés ont fait des dizaines de morts en Iran et détruit des ponts et des tunnels dans le sud du pays, ainsi que des cibles militaires», résume Reuters. Mais malgré l’ampleur des raids américains, l’Iran n’a pas plié, et Téhéran reste inflexible sur la gestion du détroit d’Ormuz. Les dirigeants iraniens demeurent intraitables sur le principe de faire payer des frais de services maritimes aux navires transitant par le point de passage stratégique. Et cette détermination semble payante, puisque Trump a décidé de suspendre sa campagne militaire. De fait, le président américain «a brusquement mis fin ce week-end à une campagne de bombardements américains de deux semaines dans le cadre de son dernier revirement stratégique», écrit Reuters. Donald Trump a assuré que des «discussions constructives» étaient en cours avec l’Iran. Il a en même temps menacé de reprendre les hostilités si les négociations n’aboutissaient pas. De son côté, l’Iran «nie chercher à reprendre les pourparlers avec les Etats-Unis», affirme Reuters. Devant l’intransigeance de l’Iran quant à l’imposition d’un péage au niveau du détroit d’Ormuz et face aux pertes colossales enregistrées depuis le début du conflit le 28 février et qui en est ce 28 juillet à cinq mois d’hostilités, les Etats du Golfe semblent consentir à trouver un terrain d’entente à l’amiable avec Téhéran.
«Redevances volontaires»
C’est le cas notamment de l’Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut et qui est le plus grand perdant suite à la fermeture du détroit. Selon Reuters, une médiation omanaise aurait permis de rapprocher les positions iraniennes et arabes dans ce dossier, sachant que le sultanat d’Oman, en tant que pays riverain, est directement concerné par ce deal et a tout à gagner si un péage, même à un «tarif préférentiel» pour les voisins khalidjis, est formalisé. «Oman a présenté à l’Iran un plan soutenu par les Etats du Golfe visant à gérer le détroit d’Ormuz, prévoyant notamment la perception de redevances volontaires pour son utilisation», a rapporté hier l’agence Reuters en attribuant cette information à «une source du Golfe et un diplomate occidental». Ce plan omanais «pourrait servir de base pour mettre fin aux perturbations du commerce transitant par le détroit», note l’agence de presse. Et de préciser que l’Iran «a déclaré vouloir gérer le détroit conjointement avec Oman, qui contrôle la rive opposée, et percevoir des redevances auprès des navires qui l’empruntent». Washington s’oppose évidemment à ce projet et «souhaite revenir au statu quo d’avant la guerre, lorsque les navires pouvaient passer librement sans avoir à s’acquitter de redevances, et affirme que l’imposition de redevances obligatoires serait illégale», souligne Reuters. La proposition omanaise, explique la même source, «serait analogue à celle en vigueur dans le détroit de Malacca, en Asie, où l’Indonésie, la Malaisie et Singapour demandent aux navires de verser des contributions volontaires pour financer la navigation, la protection de l’environnement et les opérations de recherche et de sauvetage». Ce dispositif pourrait également être comparé «à une taxe carbone volontaire pour les vols aériens, dans le cadre de laquelle toute personne achetant un billet d’avion peut choisir de cocher une case si elle souhaite payer pour compenser ses émissions». Un responsable qui a requis l’anonymat a assuré lundi soir que l’Iran n’a pas encore répondu à la proposition omanaise. Mais les discussions sont toujours en cours, et Reuters assure que «des responsables omanais ont rencontré leurs homologues iraniens à Téhéran ce week-end». Il convient de signaler par ailleurs que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Arraghchi, «s’est entretenu séparément par téléphone avec ses homologues omanais et saoudiens, Badr Al-Busaid et Fayçal bin Farhane», rapporte l’agence Tasnim. Au cours de ces entretiens, les chefs de la diplomatie des pays concernés «ont insisté sur la nécessité de mettre fin à l’insécurité qui règne dans le détroit d’Ormuz en raison des actions agressives des Etats-Unis», indique l’agence iranienne.
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