Accord de 1968 : des députés français crient au “retour de l’OAS”

Mardi 30 octobre, l’Assemblée nationale a adopté à une voix près une résolution du RN dénonçant l’accord franco-algérien de 1968 sur l’immigration. Le texte a été validé par 185 voix pour et 184 contre, grâce au soutien de l’extrême droite, de la droite et d’une partie du centre, la gauche ayant voté contre. Les opposants estiment que ce vote signe le retour des héritiers de l’OAS et dénoncent une instrumentalisation raciste des relations avec l’Algérie, déclenchant des réactions virulentes de la part de la gauche et de figures intellectuelles comme Soumya Bourouaha, Abdelkader Lahmar et Edwy Plenel.
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L’adoption, mardi 30 octobre, par l’Assemblée nationale française d’une proposition de résolution du Rassemblement national (RN) visant à dénoncer l’accord de 1968 sur l’immigration, suscite de nombreuses réactions, notamment à gauche de l’échiquier politique où on considère le vote comme une victoire des “héritiers de l’OAS.
La résolution a été adoptée à une voix près (185 pour et 184 contre) grâce aux voix de l’extrême-droite, de la droite et d’une partie du centre.
La gauche a voté contre. De nombreux élus de cette mouvance ont cité dans leurs réactions l’OAS, l’Organisation de l’armée secrète qui s’est opposée par le terrorisme à l’indépendance de l’Algérie.
C’est autour d’un noyau d’anciens de cette organisation de sinistre mémoire que Jean-Marie le Pen a fondé, au début des années 1970, le Front national, devenu aujourd’hui le Rassemblement national avec sa fille Marine comme chef de file.
“L’extrême droite, héritière de l’OAS, n’a jamais digéré l’indépendance algérienne”, a souligné la députée communiste d’origine algérienne Soumya Bourouaha dans son intervention en plénière, signifiant que son parti refuse “cette instrumentalisation raciste de nos relations avec l’Algérie”.
« En tant que fils d’immigrés algériens, ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est d’entendre des députés qui nous considéreraient presque comme des ennemis de l’intérieur”, a réagi pour sa part après le vote le député de La France Insoumise (LFI), Abdelkader Lahmar, dénonçant lui aussi “le retour de l’OAS à l’Assemblée. »
“Les héritiers des tortionnaires de la guerre d’Algérie et de l’OAS ont obtenu une majorité”
Pour le journaliste Edwy Plenel, il s’agit d’un “tournant historique et sinistre”.
“Les partisans de l’Algérie française et de l’OAS, jusqu’au-boutistes du colonialisme, obtiennent leur revanche à l’Assemblée nationale avec l’adoption d’un texte du RN dénonçant l’accord franco-algérien de 1968”, a écrit sur X le fondateur de Mediapart.
En plénière, l’élu LFI Matthias Tavel a tenu des propos très forts, accusant les extrémistes de trahison et les traitant d’ “héritiers de la collaboration avec le nazisme” et d’ “héritiers de l’OAS qui a tenté d’exterminer le Général de Gaulle”.
“Merci à mon camarade Matthias Tavel d’avoir remis le RN à sa place”, a écrit sur X son collègue Antoine Léaument.
“À 1 voix près, le RN, héritier de l’OAS, arrache un vote pour en finir avec l’accord de 1968 avec l’Algérie”, a déploré la députée écologiste Clémentine Autain, s’interrogeant “comment la haine des étrangers et la négation de 132 ans de colonisation de l’Algérie peuvent-elles gagner dans notre République française ?”.
“Le rassemblement des droites est en route. Pour le pire”, a-t-elle alerté.
Le vote du 30 octobre signifie pour François Piquemal, professeur de lettres et député LFI, qu’ “en 2025, les héritiers des tortionnaires de la guerre d’Algérie et de l’OAS ont obtenu une majorité”.
“Triste jour où notre pays renoue avec son passé colonial, quand l’urgence est de trouver des voies d’émancipation pour les peuples algérien et français”, a-t-il regretté.