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La géométrie variable des droits humains

Par Abdelkrim Zerzouri3 min de lecture
La géométrie variable des droits humains
Résumé IA

Le Conseil de sécurité de l'ONU a été le théâtre d'un clash diplomatique inédit entre la France et les États-Unis lors du vote pour le renouvellement du mandat du Haut-Commissaire aux droits de l'homme en Ukraine, Volker Türk, réélu avec 144 voix.

Washington a voté contre ce renouvellement, s'alignant sur la Russie, la Corée du Nord et le Nicaragua, ce qui a valu aux États-Unis l'accusation française de soutenir des régimes autoritaires et provoqué le départ des représentants américains de la salle.

Cette rupture met en lumière les divisions croissantes au sein du camp occidental sur les droits humains, les Européens eux-mêmes étant divisés sur la migration et l'État de droit, tandis que de nombreux pays africains dénoncent une application à géométrie variable de ces principes.

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Le Quotidien d'Oran

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Le siège genevois des Nations Unies où s’est tenue, le 24 juillet dernier, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité consacrée au dossier ukrainien, précisément le vote pour le renouvellement du mandat du Haut-Commissaire aux droits de l’homme en Ukraine, Volker Türk, a été secoué par un événement qui devrait recentrer le débat sur la définition des droits humains et les libertés fondamentales.

Le vote a été largement favorable à M. Volker Türk, qui a été réélu avec 144 voix contre 10 et 39 abstentions, mais il a coupé les ponts entre les camps de la France et des Etats-Unis, le premier ayant été favorable au renouvellement du mandat en question et le second s’y est opposé, se mettant aux côté de la Russie, de la Corée du Nord et du Nicaragua.

Les choses n’en resteront pas là, puisque l’ambassadeur français a ouvertement accusé les États-Unis de s’afficher du côté de « régimes autoritaires », provoquant du coup la colère des représentants américains qui, en signe de protestation, ont quitté la salle de réunion du Conseil de sécurité, le 27 juillet dernier, au moment où l’ambassadeur français s’apprêtait à prendre la parole.

Lors du Conseil de sécurité des Nations Unies en ce mois de juillet, d’une violence verbale non retenue, les représentants américains ont qualifié les leçons de Paris d’ «hypocrites» et de «divagations politisées». Ce qui reflète ou met en évidence un malaise diplomatique entre les deux pays, qui va crescendo depuis l’arrivée du président Trump à la Maison Blanche. Mais le motif précis à l’origine du clash survenu autour d’une table qui a toujours réuni ces deux pays, avec d’autres pays européens, autour d’un même mot d’ordre sur les questions de démocratie et des libertés fondamentales, notamment, ne peut que creuser davantage les contours à géométrie variables des droits humains.

Le tableau est assez significatif sur ce dossier des droits humains, qui a éclaté au grand jour entre la France et les États-Unis aux Nations Unies, marqué par un boycott américain de la réunion du Conseil de sécurité, rarement constaté, et des critiques mutuelles sur les droits humains entre les représentants des deux pays.

Plus loin encore, il faut relever que les pays européens eux-mêmes sont divisés sur les droits humains, notamment en raison de désaccords profonds sur la gestion des flux migratoires, le durcissement des politiques sécuritaires et l’application inégale de l’État de droit. Alors que nombreux sont les pays africains qui dénoncent la politique des deux poids deux mesures quand d’autres s’empressent de les étiqueter de pays où les libertés fondamentales sont bafouées. Que reste-t-il de la notion des droits de l’homme ? Les angles des intérêts géopolitiques déforment le jugement sur les pratiques qui foulent aux pieds les droits humains, et cela ne trompe plus grand monde.

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