Stationner, marcher, respirer… faut-il désormais payer pour vivre ?

Par Cherif Ali•3 min de lecture
Brifa
Stationner, marcher, respirer… faut-il désormais payer pour vivre ?
Résumé IA

L'article appelle à une stratégie durable pour reprendre l'espace public face au stationnement illégal, au racket et à l'intimidation qui banalisent l'occupation illicite des rues et trottoirs.

L'auteur soutient que l'absence de réponse ferme favorise l'érosion de l'autorité de l'État et de la confiance citoyenne face à l'anarchie urbaine.

Au-delà des places de stationnement, l'enjeu est de restaurer l'autorité de la loi et de garantir le droit de marcher en sécurité ou d'accéder librement aux plages, sans céder à la peur ni à l'impunité.

L'article plaide pour la fin des opérations ponctuelles et l'application rigoureuse de la loi, afin que la rue, patrimoine commun, soit pleinement rendue à l'ensemble des citoyens.

L

Publié par

Le Quotidien d'Oran

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Il est des renoncements qui ne s’annoncent jamais avec fracas. Ils s’installent lentement, presque silencieusement, jusqu’à devenir une habitude. Ce qui pouvait sembler n’être qu’une succession de petites incivilités est devenu un véritable phénomène de société.

L’espace public, bien commun par excellence, est progressivement accaparé par ceux qui imposent leur loi en toute illégalité.

Le plus inquiétant n’est pas seulement l’occupation des lieux, mais la banalisation de cette situation, comme si le racket, l’intimidation et l’anarchie urbaine faisaient désormais partie du paysage.

À force de tolérer ces dérives, c’est l’autorité de l’État qui s’efface et la confiance du citoyen qui s’érode.

Une rue qui échappe à la loi n’est jamais un simple problème de stationnement ou de commerce : c’est le symptôme d’un ordre public qui vacille et d’une République qui abandonne peu à peu son territoire.

Il ne s’agit pas seulement de récupérer quelques places de stationnement ou de libérer quelques mètres de trottoir. L’enjeu est bien plus profond : il s’agit de restaurer l’autorité de la loi et de rappeler que l’espace public appartient à tous, et non à ceux qui s’en emparent par la force ou l’intimidation.

Une société ne peut durablement accepter que le citoyen honnête soit contraint de payer pour exercer des droits aussi élémentaires que stationner, marcher en sécurité ou accéder librement à une plage. Là où la peur remplace le droit, où l’impunité devient une habitude et où le silence finit par valoir consentement, c’est tout le pacte social qui se fissure.

Le temps des opérations ponctuelles doit laisser place à une stratégie durable, fondée sur l’application rigoureuse de la loi, la reconquête de l’espace public et la protection effective des citoyens. Car une République forte ne se reconnaît pas seulement à ses institutions, mais à sa capacité à faire respecter la loi dans chaque rue, sur chaque trottoir et dans chaque espace appartenant à la collectivité.

La rue n’est pas un territoire à conquérir, ni un commerce à exploiter. Elle est le patrimoine commun de tous les citoyens. Et il est temps qu’elle leur soit pleinement rendue !

Voir sur le site source