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MO Constantine : Le duel Boulhabib (MOC)-Bensari (P/APC) détourne le club de l’essentiel

Par Salim Oussaci4 min de lecture
MO Constantine : Le duel Boulhabib (MOC)-Bensari (P/APC) détourne le club de l’essentiel
Résumé IA

Le président démissionnaire du MOC Mohamed Boulhabib et le P/APC de Constantine Charaf Bensari s'affrontent publiquement, détournant le club de sa préparation pour la nouvelle saison.

Boulhabib, démissionnaire le 21 juillet, reproche à Bensari d'avoir minimisé ses efforts en évoquant des milliers de repreneurs, tandis que ce dernier bloque les subventions communales prétextant des dossiers incomplets.

Le club se retrouve sans gouvernance claire, sans garanties financières ni feuille de route, alors que les supporters exigent une direction stable et un projet sportif crédible.

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Au moment où le Mouloudia de Constantine avait le plus besoin d’unir ses forces pour préparer la nouvelle saison, c’est un tout autre spectacle qui est offert à ses milliers de supporters. Depuis plusieurs jours, le président démissionnaire du MOC, Mohamed Boulhabib, dit «Soussou», et le président de l’Assemblée populaire communale (APC) de Constantine, Charaf Bensari, se livrent à un échange de déclarations qui ne font qu’accentuer le malaise d’un club déjà fragilisé par une situation financière précaire. Des vidéos diffusées par le quotidien sportif El Mouhtarif, édité à Constantine, illustrent parfaitement la profondeur du fossé qui sépare désormais les deux hommes.

D’un côté, Mohamed Boulhabib (et de son bureau), dont la démission, déposée le 21 juillet, n’a toujours pas dissipé les interrogations sur l’avenir du club. De l’autre, le P/APC qui multiplie les sorties médiatiques pour expliquer la position de la collectivité locale. Entre les deux, c’est le MOC qui semble payer les frais d’un conflit devenu aussi personnel qu’institutionnel. Pourtant, lorsque Soussou avait pris les commandes du vieux club constantinois en janvier dernier, son discours avait suscité un véritable espoir.
Après avoir contribué au maintien de l’équipe, sans le moindre centime des collectivités locales, il affichait ouvertement son ambition de bâtir un effectif capable de jouer l’accession parmi l’élite dès cette saison. Mais la réalité des finances du MOC, les dettes accumulées et les difficultés de fonctionnement ont fini par affaiblir cette volonté, jusqu’à convaincre le dirigeant de jeter l’éponge. L’élément déclencheur de la rupture semble toutefois dépasser le seul aspect financier. Les déclarations du président de l’APC affirmant qu’il existerait «des milliers de candidats» prêts à reprendre le MOC ont été très mal accueillies par Mohamed Boulhabib. Celui-ci y voit une manière de minimiser les sacrifices consentis depuis son arrivée et une invitation à peine voilée à quitter définitivement la scène. La polémique s’est ensuite déplacée sur le terrain de la gestion. Le P/APC a révélé avoir reçu les créanciers du MOC dans son bureau afin d’examiner leurs doléances. Une démarche que Mohamed Boulhabib juge inacceptable, estimant qu’une assemblée communale ne saurait se substituer aux organes dirigeants d’une association sportive.
Derrière cette passe d’armes se pose une question de fond : où s’arrêtent les prérogatives du principal soutien institutionnel et où commencent celles des responsables légalement élus du club ? Le dossier des subventions communales nourrit également la controverse. Pour Bensari, les aides n’auraient pu être débloquées faute de dossiers administratifs complets. Une version catégoriquement rejetée par Soussou, qui affirme que toutes les formalités avaient été accomplies dans les délais. Deux lectures diamétralement opposées qui traduisent une rupture totale de confiance. Pendant que les responsables règlent leurs comptes sur la place publique, le temps continue de courir.
La préparation de la saison avance, sans visibilité sur la gouvernance, sans garanties financières et sans véritable feuille de route. Une situation qui ne profite ni au MOC ni à son prestigieux passé. Le Mouloudia de Constantine mérite mieux qu’un bras de fer institutionnel. Les supporters, eux, n’attendent ni échanges de reproches ni règlements de comptes médiatiques. Ils réclament des solutions concrètes, une gouvernance stable et un projet sportif crédible. Car à force de vouloir avoir raison les uns contre les autres, le risque est de voir tout un club perdre ce qui lui reste de plus précieux : son temps, sa sérénité… et peut-être ses ambitions.

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