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Le continent manque de ressources pour parer aux dangers climatiques : «Super El Nino» pourrait coûter20 milliards de dollars à l’Afrique

Par Nadjia Bouaricha5 min de lecture
Le continent manque de ressources pour parer aux dangers climatiques : «Super El Nino» pourrait coûter20 milliards de dollars à l’Afrique
Résumé IA

La Banque africaine de développement estime qu’un «Super El Nino» pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars au continent, réduisant le PIB des pays les plus touchés de 1 à 2 %.

Le phénomène provoquerait sécheresses persistantes au Sahel, tempêtes dévastatrices en Afrique de l’Est, pertes agricoles massives et vagues de migrations dans plusieurs pays fragiles.

Les gouvernements, dépourvus de ressources, seraient contraints de ponctionner les budgets santé, éducation et infrastructures pour faire face aux crises climatiques.

La BAD prévoit un séminaire en septembre pour mobiliser le soutien multilatéral, l’Afrique nécessitant jusqu’à 100 milliards de dollars cette année pour l’adaptation.

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Selon les prévisions, le phénomène El Nino provoquant sécheresses dans certains endroits et inondations et tempêtes dans d’autres pourrait devenir «l’un des plus puissants jamais observés si les tendances actuelles au réchauffement de l’océan Pacifique se poursuivent».

Le coût économique d’un «Super El Nino» pour le continent africain devrait atteindre 20 milliards de dollars. Il s’agit d’une estimation qui a été faite par la Banque africaine de développement (BAD) dans une récente étude prévoyant un mouvement de migrations de masses devant déstabiliser les pays touchés par le phénomène climatique.
Selon les prévisions, le phénomène El Nino provoquant sécheresses dans certains endroits et inondations et tempêtes dans d’autres pourrait devenir «l’un des plus puissants jamais observés si les tendances actuelles au réchauffement de l’océan Pacifique se poursuivent». Un impact certain des catastrophes naturelles sur la sécurité alimentaire et hydrique est à prévoir ainsi que sur les finances publiques et le secteur bancaire, surtout dans le cas où les infrastructures seront touchées. «Ce seul événement va réduire le PIB des pays les plus touchés de 1 à 2% en moyenne, ce qui représente environ 10 à 20 milliards de dollars sur l’ensemble du continent», indique Anthony Nyong, directeur du changement climatique et de la croissance à la BAD. Si l’impact du phénomène climatique touchait un grand ensemble de pays, il faut prévoir que les conditions de sécheresse pourraient persister dans une grande partie de la région du Sahel, alors que des épisodes de tempêtes majeures, comme le cyclone Idai au Mozambique en 2019, se renouvelleront et nécessiteront des années pour s’en remettre. «Les gouvernements seront pris au piège du financement climatique, car ils manqueront de ressources pour répondre aux crises et seront contraints de puiser dans les budgets de la santé, l’éducation ou des infrastructures pour en couvrir les coûts», souligne le responsable de la BAD, tel que rapporté par Reuters. Selon la BAD, les agriculteurs africains subissent déjà des «pertes de près de 300 millions de dollars cette année, tandis que les industriels de la pêche pourraient également être durement touchés par la hausse des températures marines et les tempêtes».

Mobiliser le soutien multilatéral

Les séquelles de l’épisode d’El Nino de 2023-2024, avec une grave sécheresse en Afrique Australe et de fortes pluies et inondations en Afrique de l’Est, demeurent vivaces dans la mémoire des agriculteurs qui ont subi des pertes de récoltes généralisées, une flambée de prix alimentaires et une montée record du niveau de la mer le long des côtes africaines. «Lorsque de tels chocs surviennent, les pays reculent… Nous ne voulons pas que nos pays sombrent dans la pauvreté», déclare Nyong. Pour répondre à cette situation d’urgence climatique et financière, la BAD envisage d’organiser un séminaire en septembre, afin d’évaluer l’impact potentiel sur ses investissements. Mobiliser le soutien multilatéral dont le Fonds vert pour le climat pourrait être une des réponses face aux risques majeurs pour l’Afrique. Nyong cite également des aides pouvant provenir du Fonds d’adaptation, des Fonds d’investissement climatique ou encore de nouveaux mécanismes de financement de pertes et dommages. Un rapport des Nations unies datant du mois d’octobre dernier fait état d’un besoin de 365 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour les pays en développement, afin de pouvoir lutter contre le changement climatique, au moment où le financement public international de l’adaptation climatique ne dépassait pas 26 milliards de dollars en 2023. Selon l’expert climatique de la BAD, le continent africain nécessiterait jusqu’à 100 milliards de dollars cette année pour parer aux dangers d’El Nino. «Les besoins en matière de financement de l’adaptation au changement climatique s’élevaient déjà à 50 milliards de dollars pour les 12 prochains mois, mais d’autres besoins supplémentaires entre 30 à 50 milliards s’avèrent nécessaires aujourd’hui», explique Nyong. L’arrivée d’El Nino aura des conséquences dangereuses et provoquera des vagues de migrations particulièrement au Soudan, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, en Somalie, au Mali, au Burundi ainsi qu’au Nigeria.

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