Envenimation scorpionique : Les piqûres reculent de 10% en 2025

Les piqûres de scorpion en Algérie ont reculé de 10 % en 2025, passant de 45 005 cas en 2024 à 41 987, selon le dernier rapport de l'Institut national de santé publique (INSP).
Wilayas les plus touchées en 2025
| Wilaya | Piqûres |
|---|---|
| El Oued | 4 190 |
| Biskra | 2 989 |
| Adrar | 2 807 |
| Djelfa | 2 718 |
| M'Sila | 2 519 |
| El Bayadh | 2 403 |
Wilayas enregistrant des décès en 2025
| Wilaya | Décès |
|---|---|
| Biskra | 4 |
| Tamanrasset | 3 |
| El Meniaa, In Guezzam, Ghardaïa, M'sila, Batna | 2 |
| Naâma, Médéa, Djelfa | 1 |
Le nombre de décès est resté stable à 20, mais le nombre de wilayas touchées a baissé de 15 à 10. Près de 70 % des cas sont concentrés entre juin et septembre, avec un pic en juillet (20,53 % des cas). Les hommes représentent 61,54 % des personnes piquées, mais 60 % des décès concernent des femmes, principalement âgées de 1 à 4 ans.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Selon une enquête de l’INSP, le mois de juillet présente la morbidité la plus élevée de l’année, affichant un taux d’incidence national de 17,95 cas/100 000 habitants soit un taux d’environ 20,53 %.
Contrairement à 2024, le nombre de piqûres de scorpion a connu une petite baisse de 10% en 2025. Selon le dernier rapport de l’Institut national de santé publique, celui-ci est passé de 45 005 cas de piqures en 2024 à 41 987 l’année suivante. Et cette année encore, ce sont les mêmes wilayas qui dépassent la barre des 2000 cas piqués. A titre d’exemple, la wilaya d’El Oued arrive en tête avec 4190 cas, suivie de la wilaya Biskra avec 2989 cas piqués. La wilaya d’Adrar clôt le podium avec 2807 de cas.
La wilaya de Djelfa arrive en 4e position avec 2 718 et M’Sila en cinquième position avec 2 519 cas. Et enfin, la wilaya d’El Bayadh a enregistré, en 2025, 2403 cas de piqûres. Par contre, si le nombre de décès est resté stable avec 20 morts, le nombre de wilayas touchées par les décès a diminué, passant de 15 l’année dernière, à 10 en 2025. Et c’est la wilaya de Biskra qui arrive en tête avec 4 décès, suivie de Tamanrasset qui en compte 3. «Les wilayas d’El Meniaa, In Guezzam, Ghardaïa, M’sila et Batna ont chacune enregistré 2 victimes. Enfin, un décès a été signalé dans chacune des wilayas suivantes : Naâma, Médéa et Djelfa», poursuit la même source. Par ailleurs, le rapport nous renseigne également qu’une prédominance masculine a été observée parmi les cas piqués. En effet, le sexe masculin est le plus touché avec 61,54% des cas de piqûres contre 38,46% pour les femmes. Sachant que les membres du siège anatomique sont les parties du corps les plus exposées aux piqûres par scorpion dans plus de 90% des cas.
Dans ce sens, le rapport indique que les membres inférieurs et supérieurs sont touchés avec un pourcentage presque identique avec respectivement 45,20% et 44,97%. «A l’inverse, les atteintes du tronc et de la tête sont moins fréquentes, représentant respectivement 5,48% et 3,18% des accidents enregistrés», poursuit la même source. En ce qui concerne la répartition des cas piqués selon le lieu, les résultats montrent une prédominance des piqûres de scorpion à l’extérieur des maisons avec 50,49% par rapport à celles survenues à l’intérieur avec 48,92%. Et il semblerait que la période estivale soit la plus propice aux piqûres de scorpions.
En effet, selon l’enquête, le mois de juillet présente la morbidité la plus élevée de l’année, affichant un taux d’incidence national de 17,95 cas/100 000 habitants, soit un taux d’environ 20,53%. «Près de 70% des cas sont enregistrés entre les mois de juin et septembre, coïncidant avec les températures les plus élevées de l’année.
Hypersudation
A l’inverse, la période hivernale de novembre à février se caractérise par un taux plus faible, le mois de janvier ne représentant que 0,64% du total», précise le document. Si ce sont les hommes qui sont les plus touchés par les piqûres, il n’en demeure pas moins que 60% des décès sont de sexe féminin. «La tranche d’âge la plus touchée est de 1 à 4 ans avec 40% du total des décès», fait savoir le rapport. Celui-ci indique aussi que la moitié des cas de décès habite dans des maisons individuelles et traditionnelles, tandis que les maisons individuelles et villas ne représentent que 21,4%. «7,1% résident dans des tentes ou ce sont des nomades», précise la même source. Autre information capitale : 64,3% des personnes décédées par un scorpion résident en milieu rural. «Cela signifie que les scorpions sont plus actifs dans ces zones où l’accès aux soins médicaux d’urgence est limité dans cette zone», explique le rapport. Face à ce constat, les auteurs du rapport estiment que l’envenimation scorpionique nécessite une vigilance accrue. «Une prise en charge rapide associée à des mesures préventives et éducatives pour réduire significativement la morbidité et la mortalité. Ces actions de prévention doivent être intensifiées avant et durant la période estivale», conclut le rapport.
De son côté, l’organisation mondiale de la santé catégorise l’envenimation scorpionique comme étant un problème majeur de santé publique dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales, notamment en Afrique du Nord, dont l’Algérie. Si la plupart des piqûres provoquent uniquement une douleur locale, certaines espèces peuvent entraîner, selon l’OMS, une envenimation grave, en particulier chez les jeunes enfants. De ce fait, elle recommande de rester vigilant quant à certains signes de gravité à l’exemple d’une hypersudation, soit une transpiration abondante, des vomissements, une agitation ou une somnolence inhabituelle, des difficultés respiratoires, des troubles cardiovasculaires type tachycardie, hypertension ou hypotension mais aussi a des manifestations neurologiques. Par ailleurs, l’OMS recommande une prise en charge médicale rapide de toute suspicion d’envenimation grave et appelle à une surveillance étroite, surtout chez les enfants de moins de 15 ans. Elle conseille également un traitement symptomatique et de réanimation (oxygène, remplissage vasculaire, assistance respiratoire, médicaments adaptés) selon la gravité et l’utilisation du sérum antiscorpionique uniquement conformément aux recommandations nationales et selon les preuves disponibles, car son efficacité dépend notamment du délai d’administration, de l’espèce de scorpion et des protocoles en vigueur.
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler