Visas France pour les Algériens : Xavier Driencourt contredit la version de l'Élysée

L'ancien ambassadeur Xavier Driencourt affirme que son successeur Stéphane Romatet a agi sur instruction d'Emmanuel Macron en annonçant un retour à 250 000 visas annuels pour les Algériens, contredisant ainsi le démenti de l'Élysée.
Selon Driencourt, Romatet lui-même a déclaré être revenu à Alger avec une mission présidentielle pour relancer les relations et la délivrance des visas, ce qui implique une validation au plus haut niveau de l'État français.
Cette déclaration a provoqué une vive polémique en France, plusieurs ministres dont Jean-Noël Barrot et Benjamin Haddad ayant publiquement pris leurs distances, révélant des divergences au sommet de l'exécutif sur ce dossier sensible.
Romatet reste en poste sans sanction, ce que Driencourt interprète comme une confirmation de sa thèse, tandis que le président Tebboune qualifie la controverse de débat purement interne à la France.
Publié par
ObservAlgérie
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
La polémique autour des visas pour les Algériens prend une nouvelle tournure. L'ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, estime que Stéphane Romatet n'a pas agi de sa propre initiative lorsqu'il a évoqué une augmentation du nombre de visas délivrés aux ressortissants algériens. Selon lui, cette orientation aurait été validée au plus haut niveau de l'État français.
Depuis plusieurs jours, les déclarations de Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, continuent d'alimenter les débats. Lors d'une intervention publique, le diplomate avait expliqué que son objectif était de rétablir progressivement le nombre de visas pour les Algériens au niveau observé avant la crise diplomatique entre Alger et Paris, soit près de 250 000 visas par an.
Ces propos avaient rapidement suscité une vague de réactions en France. Plusieurs responsables politiques, y compris au sein du gouvernement, avaient pris leurs distances avec cette déclaration, tandis que l'Élysée avait assuré qu'aucune nouvelle orientation officielle n'avait été annoncée.
Selon Xavier Driencourt, l'Élysée avait donné son accord
Dans une tribune publiée le 29 juillet 2026 dans Le Journal du Dimanche, Xavier Driencourt apporte une lecture différente de cette affaire. L'ancien diplomate affirme que Stéphane Romatet avait lui-même indiqué être revenu à Alger « avec une mission confiée par le président Emmanuel Macron » afin de relancer les relations franco-algériennes et de revenir au niveau de délivrance des visas d'avant la crise.
Pour Xavier Driencourt, ces déclarations signifient deux choses : d'une part, que l'objectif de délivrer environ 250 000 visas était clairement fixé ; d'autre part, que cette orientation avait été validée par le président de la République et les autorités françaises compétentes, notamment les ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur. Selon lui, l'ambassadeur n'aurait donc pas pu prendre seul une telle initiative sur un sujet aussi sensible.
Une polémique politique en France
Les déclarations de Stéphane Romatet ont rapidement provoqué une vive controverse. Plusieurs membres du gouvernement français, parmi lesquels le ministre délégué chargé de l'Europe Benjamin Haddad, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, ont publiquement pris leurs distances avec les propos de l'ambassadeur.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, est également intervenue pour rappeler la position officielle de l'exécutif, laissant apparaître des divergences de communication au sommet de l'État.
Pour Xavier Driencourt, cette succession de réactions s'explique par la sensibilité du dossier migratoire entre la France et l'Algérie. La question des visas pour les Algériens demeure en effet étroitement liée à la présence d'une importante diaspora algérienne en France et aux relations diplomatiques entre les deux pays.
Une affaire qui continue d'alimenter les débats
À ce stade, Stéphane Romatet demeure en poste et aucune annonce officielle concernant un éventuel rappel ou une démission n'a été faite. Xavier Driencourt considère que cette absence de sanction tend à conforter sa lecture des événements : selon lui, l'ambassadeur aurait simplement exécuté une mission définie par les autorités françaises.
Cette analyse rejoint les déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui avait récemment estimé que la controverse autour des visas relevait avant tout d'un débat interne à la France. En attendant d'éventuelles clarifications de Paris, le dossier des visas pour les Algériens reste l'un des principaux sujets de tension et d'observation dans les relations entre les deux pays.