Espace Schengen : un projet de restriction de la libre circulation suscite l'inquiétude

Marine Le Pen propose de réserver la libre circulation dans l'espace Schengen aux seuls citoyens de l'Union européenne, une mesure qui inquiète les millions de ressortissants de pays tiers résidant légalement en Europe.
Cette restriction compliquerait les déplacements professionnels, étudiants et familiaux des diasporas africaines, déjà confrontées à des conditions d'accès aux visas particulièrement strictes.
Les taux de refus de visas Schengen atteignent des records pour plusieurs pays africains, culminant à 61,3 % pour les Comores et dépassant 40 % pour le Sénégal, le Mali ou le Soudan.
Une étude estime par ailleurs que les demandeurs africains ont perdu près de 60 millions d'euros en frais non remboursables suite aux rejets de leurs dossiers en 2024.
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La libre circulation au sein de l'espace Schengen fait de nouveau l'objet d'un vif débat politique en Europe. La proposition de Marine Le Pen de réserver ce droit aux seuls citoyens de l'Union européenne suscite des interrogations bien au-delà des frontières françaises.
Si cette mesure n'est aujourd'hui qu'un engagement politique, elle pourrait avoir des conséquences importantes pour les millions de ressortissants de pays tiers, notamment africains, qui vivent ou séjournent légalement dans l'espace Schengen.
La polémique est née dans un contexte de forte pression migratoire sur les frontières sud de l'Europe. Selon les chiffres relayés par plusieurs médias, près de 60 000 migrants marocains seraient arrivés en Espagne, relançant les discussions sur le contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne.
Espace Schengen : une proposition qui relance le débat
Dans un message publié sur le réseau social X, Marine Le Pen a appelé à un renforcement immédiat des contrôles aux frontières françaises. La candidate à l'élection présidentielle de 2027 a également affirmé qu'elle souhaitait réserver la libre circulation de l'espace Schengen aux seuls ressortissants de l'Union européenne.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs pays européens réclament un durcissement des politiques migratoires. Pour autant, cette proposition ne constitue pas une réforme officielle de l'Union européenne et n'a fait l'objet d'aucune décision des institutions européennes.
L'espace Schengen regroupe aujourd'hui la majorité des États membres de l'Union européenne ainsi que quelques pays associés. Il permet la suppression des contrôles systématiques aux frontières intérieures entre les États participants.
Des millions d'Africains pourraient être concernés
Même si les citoyens de nombreux pays africains doivent obtenir un visa Schengen pour entrer en Europe, beaucoup bénéficient déjà d'une certaine liberté de circulation grâce à un titre de séjour, un permis de travail, un visa étudiant ou un regroupement familial.
Une éventuelle limitation de cette mobilité pourrait compliquer les déplacements de millions de personnes installées légalement en Europe. Les voyages professionnels, les études, les visites familiales ou encore les déplacements touristiques entre les pays de l'espace Schengen pourraient être davantage encadrés si un tel projet venait à être adopté.
Pour les diasporas africaines, cette perspective alimente les inquiétudes, alors que les conditions d'accès aux visas européens sont déjà particulièrement strictes.
Les demandeurs africains déjà confrontés à des refus records
Les statistiques montrent que plusieurs pays africains figurent parmi ceux affichant les taux de refus de visas Schengen les plus élevés au monde. Les Comores enregistrent un taux de refus de 61,3 %, devant la Guinée-Bissau (51 %), le Ghana (47,5 %), le Mali (46,1 %), le Soudan (42,3 %) et le Sénégal (41,2 %).
Le coût financier est également important. Une étude du think tank londonien LAGO Collective estime que les demandeurs africains ont perdu près de 60 millions d'euros en frais de visas Schengen non remboursables en 2024, après le rejet de leurs demandes. Le Maroc et l'Algérie figurent par ailleurs parmi les principaux pays demandeurs de visas Schengen.