Vie culturelle : le «gel» en canicule
L'annulation de toutes les manifestations culturelles d'août, décidée par les institutions publiques après les incendies de juillet, instaure une autocensure collective qui paralyse la vie artistique estivale.
Ce gel bureaucratique, présenté comme solidarité, prive les populations de répit psychologique en pleine saison touristique et fragilise le moral comme l'économie nationale.
Mâamar Farah rappelle qu'une nation se construit aussi par la culture qui résiste au silence, bien au-delà des seules infrastructures matérielles.
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Le Quotidien d'Oran
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Tout particulièrement lorsquelles sont initiées, et/ou soutenues, directement ou indirectement, par les institutions publiques. Difficile pour tout le reste de ne pas suivre le mouvement. Une auto-censure collective qui ne dit pas son nom.
Ainsi, tout dernièrement, suite aux multiples tragédies causées par les incendies en juillet, toutes les manifestations du mois daoût ont été réduites au silence.
Il est certain que les feux de juillet vont très vite séteindre grâce aux soldats du feu et à la solidarité populaire. Comme il est évident que les grandes perturbations climatiques du moment à travers le monde, entraînant soit des incendies, soit des inondations, soit des ouragans vont durer et se répéter. Aujourdhui le feu, demain linondation. Sans parler des perturbations psychologiques, individuelles ou groupales, entraînant, parfois sans raison valable, des guerres et des conflits de toutes sortes.
Il est donc tout aussi certain, chez nous, que le mois daoût, mois de grand congé et de vie touristique intense, devant apporter aux populations travailleuses du répit et de la récupération physique et psychologique, va se passer dans une atmosphère tristounette, voire mortifère. Ce qui naidera pas à des reprises normales à la sortie de lété.
Voilà donc une façon de montrer une solidarité avec les conséquences dévénements malheureux, car pour la plupart tragiques, qui est devenue, au fil du temps, sous la pression de décisions apparemment pleines dhumanité et de compassion, une habitude bureaucratico-managériale, faisant surtout l « affaire » des « moralistes » (de plus en plus nombreux) bien plus que celle des réalistes. Des moralistes qui ne voient le monde alentour - celui qui veut continuer de « vivre » et de résister - que comme un éternel coupable don ne sait quels maux.
Tout cela ne peut pas faire laffaire du « moral » des troupes et de léconomie nationale qui se trouvent, durant plusieurs jours ou plusieurs semaines, en « berne ». La rentrée sociale risque dêtre pénible.
Une citation de Mâamar Farah (Le Soir dAlgérie, 25/7/2026) : «Une nation ne se construit pas uniquement avec des routes, des barrages et des usines. Elle se construit aussi avec des livres, des scènes, des festivals et des voix qui continuent de chanter lorsque tout invite au silence».