L’afflux massif de Marocains à Ceuta lié au rapprochement entre l’Algérie et l’Espagne ?

L'afflux massif de Marocains vers Ceuta suscite des soupçons de chantage migratoire lié au rapprochement hispano-algérien.
L'expert allemand Benjamin Schraven juge plausible un lien avec la visite de Sánchez à Alger le 20 juillet, rappelant le précédent de 2021 où le Maroc avait poussé plus de 10 000 migrants vers l'enclave.
Madrid nie que ses liens avec Rabat soient affectés par Alger, mais le journaliste Ignacio Cembrero estime que cette pression sert les revendications marocaines sur Ceuta.
Le ministre iranien accuse Israël et les États-Unis d'instrumentaliser le Maroc pour punir l'Espagne de son soutien à la Palestine, tandis que Sánchez dénonce une atteinte à l'intégrité territoriale.
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TSA Algérie
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L’évasion de milliers de Marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta suscite des interrogations sur l’implication du Maroc dans un nouveau chantage migratoire envers l’Espagne et l’Union européenne.
Si en Europe, la droite et l’extrême droite prennent pour cible le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez pour sa politique migratoire, un expert allemand des questions migratoires estime plausible l’existence d’un probable lien avec le récent rapprochement entre Madrid et Alger.
Interrogé par le site 20minutes.ch, Benjamin Schraven, expert en migration au sein de l’Institut allemand de développement et de durabilité (IDOS), à Bonn, juge l’hypothèse crédible.
« C’est plausible. L’Espagne et l’Algérie se sont de nouveau rapprochées sur la question du Sahara occidental. L’Algérie soutient le Polisario, qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental. On peut donc supposer que le Maroc pourrait signaler à l’Espagne : si vous vous rapprochez trop de l’Algérie, nous pouvons aussi réagir. Il n’y a cependant aucune preuve à ce jour », a-t-il répondu à la question de savoir si la fuite massive de Marocains vers Ceuta est liée au rapprochement entre l’Algérie et l’Espagne. La coïncidence est troublante.
Crise de Ceuta : le Maroc cherche-t-il à punir l’Espagne pour son rapprochement avec l’Algérie ?
Curieusement, le Maroc a lâché sa bombe migratoire, une semaine après la visite du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez à Alger, lundi 20 juillet. De retour en Espagne, M. Sanchez a qualifié cette visite de « tournant » dans les relations algéro-espagnoles qui ont connu une grave crise en 2022 à la suite de la décision de Madrid de s’aligner sur les thèses marocaines concernant le Sahara occidental.
Ce changement de position est survenu après la crise moratoire de mai 2021, quand le Maroc a ouvert ses frontières à plus de 10.000 migrants pour prendre d’assaut Ceuta. Ce précédent crédite la thèse d’un nouveau chantage migratoire de Rabat contre Madrid, évoqué également par la presse espagnole.
« Les relations avec le Maroc sont excellentes et ne sont aucunement affectées par les bonnes relations avec l’Algérie », ont indiqué à Europa Press des sources du ministère des Affaires étrangères espagnol.
Toutefois, il est difficile de comprendre comment plus de 50.000 Marocains ont pu traverser aussi facilement la frontière avec Ceuta dans un pays où le Makhzen (administration parallèle) exerce un contrôle strict sur la population. Le journal espagnol spécialiste du Maghreb, Ignacio Cembrero, évoque un autre motif : la pression migratoire sur Ceuta sert au Maroc pour « relancer ses revendications sur la ville. »
Pedro Sanchez dénonce une atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne
En plus du rapprochement entre Alger et Madrid et des revendications marocaines sur Ceuta et Melilla, d’autres sources évoquent une probable implication d’Israël dans l’afflux massif de migrants marocains.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump d’utiliser le Maroc pour punir l’Espagne à cause de son soutien à la Palestine.
« Le régime marocain n’est qu’un autre outil de Netanyahu et Trump. Ils punissent l’Espagne pour son soutien à la Palestine », a-t-il écrit vendredi sur la plateforme X. Pour Pedro Sanchez, dont le gouvernement a ménagé le Maroc, l’afflux massif de Marocains à Ceuta est une atteinte à « l’intégrité territoriale de l’Espagne. »
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