Culture

60e édition du festival d’Avignon : Des trajectoires inspirantes stimulent la création

Par R. C.•4 min de lecture
Brifa
60e édition du festival d’Avignon : Des trajectoires inspirantes stimulent la création
Résumé IA

La 60e édition du festival d’Avignon met à l’honneur des créations inspirées par les grands noms de la littérature et de l’histoire.

Shakespeare et Molière dominent la programmation avec une version rock de Macbeth en solo et dix spectacles autour de l’auteur du Misanthrope.

Des figures historiques comme Olympe de Gouges, Germaine Campion, Mirabeau et Jean Anouilh sont portées à la scène par des comédiens énergiques.

Ces pièces font dialoguer textes classiques et enjeux contemporains dans une atmosphère souvent joyeuse et révolutionnaire.

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Par Tahar Houchi

A Avignon, les grands noms de la littérature universelle s’affichent comme un refuge pour les créateurs en temps de crise d’inspiration.

Shakespeare, Camus, Molière, Anouilh et bien d’autres encore. L’autre centre d’intérêt des auteurs concerne les héros inspirés et inspirants qui ont marqué l’histoire. Germain Campion, Jeanne d’Arc en font partie. En outre, ces textes exhumés, mais jamais oubliés, font souvent écho aux problématiques d’aujourd’hui. A tout seigneur, tout honneur ! On commence par l’un des plus tragiques dramaturges de l’histoire du théâtre, à savoir Shakespeare. Plusieurs de ses œuvres ont été mises en scène dans la cité des Papes, dont Macbeth, qui raconte l’histoire tragique du général écossais éponyme. Après avoir assassiné le roi d’Écosse et pris le pouvoir, il fait face, avec sa femme, à la culpabilité et à la paranoïa, avant de sombrer dans la folie. L’énergique spectacle donné par Philippe Nicaud, seul en scène tel un homme-orchestre qui interprète tous les personnages de la pièce, se veut une version originale de cette tragédie où l’on assiste à une alternance entre les moments de récit et de musique rock, sur fond d’une atmosphère gothique teintée d’humour. On continue avec le plus grand des auteurs de théâtre comiques et satiriques, à savoir Molière. Pas moins de 10 spectacles en relation avec lui sont présentés à Avignon. Celui auquel nous avons assisté est M.O.L.I.E.R.E., mis en scène par Elsa Robinne. Ce dernier, inspiré librement de Molière et admirablement porté par des comédiens énergiques, est ponctué de citations et de répliques extraites des œuvres de Molière. Dans le registre des parcours de vie inspirants, on retrouve celui de Germain Campion, celui d’Olympe de Gouges, celui d’Anouilh, celui de Mirabeau et enfin celui du poète palestinien Taha Mohammed Ali. La pièce Olympe Audouard, première femme journaliste, de François de Mazières, mise en scène par Martin Loizillon, dévoile une femme audacieuse, une journaliste impertinente et une voyageuse insatiable. J’irai le dire à tout le monde, de Pierre Jégou, retrace le destin exceptionnel de la Bretonne, libre et héroïque, Germaine Campion, qui a consacré sa vie à sauver les autres. Dans ces deux spectacles, il y a lieu de saluer les prestations des deux comédiennes, respectivement, Gwénaël Ravaux et Carole-Anne Juncha, qui ont admirablement interprété ces deux femmes passionnées et passionnantes. De son côté, en partant de la vie de Mirabeau, Mirabeau l’Insolent, mis en scène par Sacha Guérin, François Guérin prend pour prétexte le Révolutionnaire français à l’agonie pour proposer le récit de la prise de la Bastille. Le récit est porté par une bande de jeunes comédiens aussi énergiques que joyeux. L’ambiance est révolutionnaire. Pour terminer, Anouilh est présent dans Souvenirs d’un jeune homme, d’après ses écrits, dans une mise en scène d’Emmanuel Gaury. Dans cette pièce, on revient sur le parcours professionnel et artistique de l’auteur d’Antigone. On y explique le processus et les conditions qui ont présidé à la création de chacune de ses œuvres, dont le clou est Antigone, une pièce écrite pendant l’Occupation. Sa réception est passée par son acceptation par les nazis, puis par son rejet. A la Libération, l’auteur a été malmené dans une France libre.

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