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Projets de transfert d’eaux : Lounès Bouzegza exige d’accélérer la cadence

Par Kamel Benelkadi5 min de lecture
Projets de transfert d’eaux : Lounès Bouzegza exige d’accélérer la cadence
Résumé IA

Le ministre de l'Hydraulique Lounès Bouzegza exige l'accélération des grands projets de transfert d'eau interrégionaux pour faire face au stress hydrique.

Il privilégie notamment les axes stratégiques «Sud-Sud» et «Sud-Hauts-Plateaux» afin de rééquilibrer la répartition des ressources à l'échelle nationale.

Le contexte combine sécheresse structurelle depuis les années 70, réseaux vétustes perdant 30 à 40 % d'eau et agriculture consommant 65 % des ressources avec des techniques peu efficientes.

La stratégie associe barrages, dessalement d'eau de mer sur le littoral et numérisation de la gestion des réseaux pour optimiser l'exploitation des infrastructures.

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Face aux défis climatiques et à la nécessité de garantir une offre régulière en eau potable, le ministère de l’Hydraulique veut impulser une cadence plus soutenue.

En l’espace de quelques jours, le premier responsable du secteur, Lounès Bouzegza, a mené de front le suivi des grands projets structurants de transferts d’eaux interrégionales et la dynamisation de la concrétisation des infrastructures locales.

Lors d’une réunion de coordination consacrée au suivi de la situation du secteur à travers plusieurs wilayas du pays, il a martelé l’impératif absolu d’accélérer le rythme de réalisation des projets. Cette rencontre s’inscrit dans le droit fil des efforts déployés pour consolider le service public de l’eau, notamment durant la saison estivale.

Un enjeu pour les pouvoirs publics, compte tenu de la pression accrue exercée sur les ressources hydriques par la hausse des températures, l’afflux touristique et le retour de la diaspora. Bouzegza a ainsi souligné «la nécessité de garantir la continuité du service public de l’eau, qu’il s’agisse de l’approvisionnement en eau potable (AEP) ou de l’assainissement», tout en insistant sur l’urgence de parachever les chantiers ayant un impact direct et immédiat sur l’amélioration du cadre de vie des citoyens.

Cette injonction à la célérité traduit la volonté ministérielle de lever les entraves bureaucratiques et techniques qui retardent souvent la mise en service des installations hydrauliques. Un projet achevé avec du retard représente une opportunité manquée pour «atténuer le stress hydrique». Accélérer la cadence permet de rentabiliser rapidement les efforts financiers de l’Etat sur le terrain.

Dans une démarche prospective axée sur la souveraineté et la sécurité hydrique à long terme, le ministre a également consacré des sessions de travail à l’évaluation de l’avancement des études relatives aux grands projets stratégiques de transfert d’eau, notamment les axes «Sud-Sud» et «Sud-Hauts-Plateaux». Ces projets visent à rééquilibrer la répartition des ressources hydriques à l’échelle nationale. Le concept de transfert «Sud-Sud», mis en avant lors des récentes visites de terrain du ministre (notamment à Béni Abbès et Béchar), est considéré comme un levier fondamental pour sécuriser durablement l’approvisionnement en eau des régions sahariennes.

Barrages et dessalement de l’eau de mer

De son côté, l’axe reliant le Sud aux Hauts-Plateaux répond à une logique d’aménagement du territoire visant à alimenter des zones à forte vocation agricole et démographique.

A ce titre, M. Bouzegza a exigé «l’achèvement rigoureux de toutes les procédures techniques et administratives, afin de baliser la voie au lancement effectif de la matérialisation de ces projets d’envergure sur le terrain». Ces orientations s’inscrivent dans un contexte national marqué par les répercussions du stress hydrique et des successions d’années de sécheresse. Deux facteurs se conjuguent. D’abord, le climat. L’Algérie, semi-aride, voit sa pluviométrie baisser et ses jours secs consécutifs s’allonger depuis les années 70. Les phases sèches des années 70 ont été suivies de quelques séquences humides dans les années 80-90, mais la tendance de fond est à la sécheresse. Ensuite, la pression humaine. L’agriculture consomme 65% de l’eau, souvent en irrigation gravitaire peu efficiente (on inonde le champ) avec 40% de pertes par évaporation et infiltration. Un hectare en «goutte-à-goutte» consomme 30 à 50% d’eau en moins pour un rendement supérieur de 20%.

La population est passée de 11 millions en 1962 à 47 millions aujourd’hui. Les réseaux d’eau potable, vétustes, perdent 30 à 40% en fuites avant d’arriver au robinet. Pendant les étés 2021-2023, l’eau a été rationnée un jour sur deux dans plusieurs grandes villes. Pour y faire face, l’Algérie a engagé une mutation de sa politique hydraulique, articulée autour de plusieurs axes.

En plus des barrages, le pays mise sur le dessalement de l’eau de mer le long du littoral pour alimenter les grandes agglomérations, libérant ainsi les ressources des nappes intérieures pour les régions steppiques et du Sud. A l’image des mégaprojets suivis par le ministère, l’objectif est de connecter les bassins excédentaires aux zones déficitaires.

Le département de l’Hydraulique intègre progressivement la numérisation et la gestion intelligente (smart management) des réseaux de distribution et des stations pour optimiser l’exploitation des infrastructures et réduire les pertes d’eau. Kamel Benelkadi

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