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Le levier de la formation

Par Djaffar Tamani5 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Un tragique accident de bus survenu hier dans la wilaya de Boumerdès relance le débat sur la sécurité des transports collectifs en Algérie.

Le facteur humain, impliqué dans 80 à 95 % des accidents selon les études, reste la cause majeure, notamment l’excès de vitesse, la fatigue et l’usage du téléphone au volant.

Le nouveau code de la route durcit les conditions de recrutement et impose des examens périodiques, mais la formation continue des chauffeurs de bus apparaît tout aussi déterminante.

Les autorités doivent aussi garantir l’entretien mécanique des véhicules, l’installation de chronotachygraphes et une signalisation routière adaptée aux spécificités des poids lourds.

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El Watan

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Le tragique accident de bus survenu hier dans la wilaya de Boumerdès repose, dans des conditions aussi douloureuses, la question de la sécurité des transports collectifs à travers le pays. Les dossiers en relation avec l’élément humain, ainsi que les facteurs matériels et infrastructurels doivent de nouveau être mis à plat pour apporter des adaptations et réserver une mise en œuvre urgente afin de juguler, à partir de ce moment paroxystique, la série déjà longue, et meurtrière, des accidents impliquant des bus de transport de voyageurs. Les autorités, qui se sont déplacées sur le lieu du drame, ainsi que dans les services hospitaliers pour s’enquérir de la prise en charge des blessés, ont annoncé l’ouverture d’une enquête par les services de sécurité pour déterminer les circonstances de l’accident. 

Des questionnements peuvent survenir d’ores et déjà sur les conditions d’organisation des voyages longue distance, notamment le respect des temps de repos. Dans les systèmes de transport les plus performants et les plus sécurisés, un dispositif technique est intégré dans les véhicules, ayant pour fonction le suivi du temps de conduite et l’enregistrement de la vitesse. En plus de la charge de travail pesant sur le conducteur, les déplacements à travers plusieurs wilayas induisent une vulnérabilité supplémentaire, celle de la méconnaissance de l’infrastructure routière locale, notamment les tronçons présentant une difficulté de conduite particulière, nécessitant donc une signalisation renforcée et étudiée. Pour le commun des automobilistes, la gestion de la vitesse est cruciale sur les pentes et dans les virages, gardant un œil vigilant sur la signalisation verticale et horizontale, et en se déconnectant de tout ce qui peut altérer son attention au volant. S’agissant des bus, se caractérisant par un centre de gravité élevé, la concentration dans la conduite doit être maximale, ainsi que le respect des indications portées sur les panneaux de signalisation.

Les interrogations qui reviennent avec insistance à la suite de chaque accident de la circulation sont relatives à la disponibilité des pièces de rechange, au premier rang desquelles les équipements de sécurité, les systèmes de freinage, la suspension et les pneumatiques. 

Des programmes de résorption des lacunes en la matière, enregistrées sur le marché, sont engagés par les autorités compétentes, et les opérateurs en activité dans le transport public ont conscience de leur responsabilité dans la sécurisation, au plan mécanique, de leurs parcs roulants respectifs. Il n’est pas rare, il est même fréquent de voir des véhicules flambant neufs, ou dotés des meilleurs équipements, impliqués dans des sinistres sur la route. L’excès de vitesse est alors mis en évidence par la violence des chocs, dont les images ne quittent guère les réseaux sociaux. L’intensification des campagnes de sensibilisation contre l’usage du téléphone pendant la conduite dénote la gravité de la situation et rappelle les dommages occasionnés par la distraction au volant. 

Selon de nombreuses études, le facteur humain est la cause majeure des accidents, cité dans 80 à 95% des cas. Le code de la route a été renforcé cette année, notamment dans ses dispositions encadrant la conduite des véhicules poids lourds et de transport de voyageurs, impliquant des conditions de recrutement resserrées et des examens périodiques. La mission des auto-écoles, mise en exergue dans les nouveaux textes en vigueur, est cardinale, mais la formation continue l’est également, et a un impact aussi déterminant que les examens médicaux prévus par le même cadre légal. 

Les stages de qualification et de mise à niveau des aptitudes professionnelles sont organisés au profit des chauffeurs de taxis, traditionnellement consciencieux dans leur métier, perçu comme un sacerdoce. Le dispositif peut être déployé avec une plus grande résolution en direction des chauffeurs de transport en commun, dont la corporation et l’activité sont précipitées par les événements au cœur du dossier de la sécurité routière.

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