Développement local à Mascara : Quand le passage du wali fait bouger les lignes

Le wali de Mascara, Fouad Aïssi, multiplie les visites terrain dans les 47 communes, révélant que de nombreux dysfonctionnements quotidiens ne sont traités qu'après son passage.
Eau potable, propreté, voirie, occupation des trottoirs : les services locaux interviennent en réaction aux inspections plutôt qu'en prévention, et les problèmes réapparaissent souvent dès le départ des équipes.
Les habitants contournent désormais les élus et directeurs d'exécution pour saisir directement le wali, y compris pour des affaires sportives relevant normalement des dirigeants de clubs.
Le wali a exhorté le 22 juillet les responsables de l'hydraulique à privilégier l'observation directe sur le terrain, soulignant l'urgence d'un suivi permanent à tous les échelons.
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La présence sur le terrain est devenue un indicateur du fonctionnement des services publics dans la wilaya de Mascara. À mesure que le wali de Mascara, Fouad Aïssi, multiplie les déplacements dans les communes, une même question revient avec insistance : pourquoi des situations connues des habitants ne semblent-elles prises en charge qu’après le passage du wali sur le terrain?
Cette interrogation dépasse les interventions ponctuelles. Elle renvoie à la capacité des structures locales à détecter, suivre et traiter les difficultés avant qu’elles ne s’installent dans le quotidien des citoyens. Depuis plusieurs semaines, les sorties effectuées par Fouad Aïssi dans les 47 communes de la wilaya ne se limitent plus au suivi des grands projets d’investissement. Elles portent également sur des préoccupations qui relèvent de la gestion courante : alimentation en eau potable, propreté urbaine, transport scolaire, entretien de la voirie, occupation des trottoirs ou encore état de certains équipements publics. Ces visites permettent d’observer directement des situations que les habitants signalent parfois depuis plusieurs semaines.
Le constat est souvent identique. Après le passage du wali, des équipes sont mobilisées, des opérations de nettoyage sont engagées, des obstacles sont retirés de l’espace public et certains dysfonctionnements commencent à être pris en charge. Ces réactions rapides montrent que les moyens d’intervention existent. Elles soulèvent toutefois une autre interrogation : pourquoi ces actions interviennent-elles essentiellement après une inspection sur le terrain ? La question concerne avant tout l’organisation du service public de proximité. Chaque commune, chaque daïra et chaque direction exécutive dispose de compétences précises et de responsables chargés du suivi quotidien de leur secteur. Leur mission consiste à identifier les difficultés, à anticiper les besoins et à intervenir avant que les problèmes ne deviennent visibles à grande échelle ou ne suscitent des réactions sur les réseaux sociaux. Les habitants constatent également que certains problèmes réapparaissent peu après leur traitement.
Les opérations de libération des trottoirs en offrent un exemple. Dans plusieurs communes, des commerces informels quittent les lieux au moment des contrôles avant de réoccuper progressivement les mêmes espaces quelques heures ou quelques jours plus tard. Cette situation met en évidence les limites d’une intervention ponctuelle lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un suivi régulier assuré par les services compétents.
Multiples attentes des citoyens
Ce phénomène contribue progressivement à modifier les attentes de la population. De plus en plus de citoyens choisissent d’interpeller directement par M. Aïssi, sur le terrain ou par l’intermédiaire des réseaux sociaux, pour signaler une fuite d’eau, un dépôt d’ordures, une route dégradée ou un problème localisé. Des situations qui relevaient traditionnellement des collectivités locales ou des services techniques remontent désormais jusqu’au premier responsable de la wilaya. Cette évolution ne se limite pas aux services publics. Le sport local illustre également cette tendance.
Lorsqu’un club traverse une période difficile, de nombreux supporters sollicitent l’intervention du wali afin de débloquer une situation financière ou administrative. Pourtant, chaque association sportive possède ses propres dirigeants, ses organes de gestion et ses responsables, appelés à assurer son fonctionnement quotidien. Là encore, les attentes convergent vers une même autorité.
C’est dans ce contexte qu’intervient le message adressé le 22 juillet par le wali, aux responsables du secteur de l’hydraulique. En les invitant à intensifier leurs sorties sur le terrain, il a mis l’accent sur une méthode de travail fondée sur l’observation directe plutôt que sur le seul traitement administratif des dossiers. Si cette consigne concernait officiellement un secteur précis, elle renvoie plus largement à la nécessité d’un suivi permanent de l’ensemble des services publics. L’enjeu dépasse la résolution de problèmes ponctuels. Il concerne la manière dont les responsabilités sont exercées au sein des différentes institutions locales.
Une présence régulière des responsables dans les communes et les quartiers permet d’identifier plus rapidement les difficultés, de réduire les délais d’intervention et d’éviter que des situations récurrentes ne deviennent des sujets de mécontentement. Au fil des visites de Fouad Aïssi, une réalité apparaît clairement : les habitants évaluent l’action publique à travers ce qu’ils observent dans leur environnement immédiat.
L’état d’une rue, la collecte des déchets, la distribution de l’eau, l’entretien des espaces publics ou la fluidité des services constituent les premiers critères de cette appréciation. Lorsque ces questions nécessitent systématiquement l’intervention du premier responsable de la wilaya, elles interrogent inévitablement le fonctionnement des différents échelons chargés de la gestion quotidienne. Abdelouahab Souag
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