La nation endeuillée
La nation algérienne est en deuil après un tragique accident de bus ayant coûté la vie à des enfants, relançant le débat sur la sécurité routière.
L'auteur dénonce l'insuffisance des permis de conduire pour les transporteurs de passagers et réclame des formations spécialisées, des contrôles médicaux rigoureux et des enquêtes de moralité obligatoires.
Au-delà des infrastructures et des équipements, l'éditorial pointe la responsabilité humaine — conducteurs, décideurs, citoyens — comme cause profonde des drames, appelant à des actes concrets plutôt qu'à de simples condoléances.
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Le Quotidien d'Oran
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De linfrastructure et ses couacs aux négligences et ses insouciances; la tragédie dans la mort reste toujours au rendez-vous. Elle guette, altière toutes les imprudences. Lon saura bien accabler le mesquin sort des uns pour le joindre aux gaucheries fatidiques des autres. Il y aura les condoléances les plus virtuelles, les afflictions les plus solennelles, les jurisprudences les plus coercitives; mais limpardonnable faucille restera là, tranchante tant que le mal génésiaque subsistera.
Le mal tragique qui vient demporter la vie et le rêve denfants, de briser le plaisir dune baignade est susceptible dêtre recherché dans la configuration crânienne de ces chauffeurs de bus. Le code de la route adopté récemment ne semble pas produire deffets malgré sa rigueur. Un transporteur de passagers nest pas un manutentionnaire de marchandises ou chargeur de cargaisons de chair humaine. Encore moins un manipulateur de PlayStation. Des conditions exorbitantes lui doivent être appliquées. Lon ne donne pas le devenir dun groupe de personnes à un adolescent. Le permis nest quune attestation formelle. Il na pas à sobtenir, pour ce genre de catégorie, sur un simple test de créneau et dune circulation giratoire. Une formation spécialisée, une mise à jour, des contrôles médicaux poussés, une enquête de moralité et bien dautres examens sont dun impératif vital.
Cest ainsi que lessentiel du pilotage aura à sincarner dans la maturité et le sens très aigu du devoir moral qui pèse sur les pédales.
La douleur indescriptible de mères éplorées, la compassion totale de la nation ne doivent pas aller au gré dun événement banal. Elles doivent se situer dans le cur des préoccupations de la sécurité routière. Des équipements de base aux multiples accessoires ; toutes les mécaniques ont un jeu de rôle dans la vie ou la mort. Penser à y remédier, non plus avec des soupirs mais par actes et faits ramènerait une sérénité.
Chercher à responsabiliser un pneu, un dos dâne ou un nid de poule, cest peu trouver. La cause des erreurs est dans la tête de ceux qui pensent, ceux qui conduisent, ceux qui sexcluent de la réalité des routes et des engins. Pourtant lEtat a bien édicté des mesures et des plateformes dapprovisionnement. Il reste la fourniture, la disponibilité et le bon sens.
Prière pour les absents.