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«La quasi-totalité» des migrants sont rentrés au Maroc

Par AFP5 min de lecture
«La quasi-totalité» des migrants sont rentrés au Maroc
Résumé IA

La quasi-totalité des 48 000 à 60 000 migrants entrés à Ceuta depuis le début de la semaine sont retournés au Maroc, selon le gouvernement espagnol.

Trente-quatre personnes ont péri, principalement par noyade, pendant qu'une barrière pneumatique de 500 mètres est installée en mer pour bloquer les traversées à la nage.

L'Italie a demandé la suspension de l'Espagne de Schengen, la France a quintuplé ses effectifs à la frontière, et Pedro Sánchez a dénoncé une «attaque» contre l'intégrité territoriale espagnole.

Donald Trump a qualifié la situation d'«invasion», tandis que des manifestants anti-migrants se rassemblaient devant l'ambassade du Maroc à Madrid.

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Le Quotidien d'Oran

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«La quasi-totalité» des dizaines de milliers de migrants entrés ces derniers jours dans lenclave espagnole de Ceuta sont retournés au Maroc, selon le gouvernement espagnol assailli de critiques de la part dautres pays de lUnion européenne, où le sujet de limmigration reste inflammable. Sur place, dans une épaisse brume, des jeunes continuaient samedi matin à franchir la frontière en sens inverse, sous le regard de militaires et de la Garde civile espagnole. Ceux qui sattardaient trop sur la corniche étaient aussitôt poussés vers la sortie par les soldats, tandis que lAFP a vu en sens inverse deux hommes sortir de leau sur la plage jouxtant la frontière, sécroulant sur le sable visiblement à bout de force à leur arrivée. «Un ami ma appelé, il ma dit que la frontière était ouverte», a raconté à lAFP Soufiane, un Marocain de 42 ans, qui est arrivé à Ceuta lui aussi en nageant «trois, cinq minutes» dans lespoir de rejoindre Madrid, à des centaines de kilomètres plus au nord, pour voir sa mère, «victime dune leucémie».

Selon lui, lafflux massif de migrants ces derniers jours montre «que tout le monde veut monter (en Espagne) et souhaite avoir un bon avenir, quils nont pas au Maroc». Vendredi soir, le gouvernement espagnol a assuré que «la quasi-totalité» des migrants arrivés ces derniers jours étaient déjà retournés au Maroc, soit 48.000 daprès un chiffre communiqué par lexécutif. Le ministre de lIntérieur Fernando Grande-Marlaska devait sexprimer depuis Ceuta pour faire un point sur la situation, au lendemain dune visite agitée du Premier ministre Pedro Sánchez, accusé par 

certains habitants locaux de ne pas avoir «protégé» Ceuta.

Au moins 34 morts en mer

Ces 60.000 migrants, selon une estimation du président du gouvernement local, Juan Jesus Vivas (50.000 selon le ministère espagnol de lIntérieur), en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents, étaient arrivés depuis le début de semaine en passant par la frontière terrestre ou la mer. Trente-quatre sont morts, dont beaucoup par noyades, daprès le gouvernement local de Ceuta, ce petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, et formant lune des deux frontières terrestres entre lAfrique et lEurope (avec lautre enclave espagnole de Melilla). Pour empêcher désormais les migrants de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta, une barrière pneumatique de 500 mètres de long est en cours dinstallation dans la mer Méditerranée, a annoncé samedi matin le ministère espagnol de lIntérieur.

Plus dans les terres, des centaines de migrants, dont beaucoup dAfricains subsahariens, attendaient devant le centre daccueil pour migrants, qui demeure fermé, la police bloquant son accès. Les images de cette crise migratoire, inédite par son ampleur à Ceuta, a provoqué de vives réactions au sein de lUnion européenne, notamment de la part de la droite et de lextrême droite, notamment sur le sujet des contrôles aux frontières de lespace Schengen.

Dès jeudi, lItalie avait annoncé vouloir suspendre lEspagne de lespace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Dans la foulée, Madrid sest insurgée de cette proposition «démagogique» et à la portée incertaine, des juristes consultés par lAFP assurant quil est impossible de lappliquer dans le cadre légal actuel. Depuis samedi, lItalie a rétabli des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec lEspagne, et la France a multiplié par cinq, à 334, le nombre de policiers et gendarmes en renfort à la frontière franco-espagnole, en pleines vacances dété.

«Ne pas se diviser»

Dans ce contexte tendu, le Premier ministre Pedro Sánchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, à contre-courant de nombreux autres pays européens, a appelé vendredi les autres pays de lUE à «ne pas se diviser». 

En déplacement à Ceuta, le dirigeant socialiste, dont le gouvernement a lancé un vaste plan de régularisation de sans-papiers pour lequel près de 1,2 million de demandes ont été déposées par des étrangers en situation irrégulière, avait évoqué «une attaque, une violation de lintégrité territoriale de lEspagne» et accusé des «mafias» dêtre à lorigine de la rumeur douverture de la frontière. 

A Madrid vendredi soir, plusieurs centaines de manifestants anti-migrants se sont rassemblés devant lambassade du Maroc pour «défendre lidentité espagnole». A Washington, Donald Trump, qui est à couteaux tirés avec Pedro Sánchez depuis plusieurs mois, a jugé que les images de Ceuta ressemblaient à «linvasion dun pays», Madrid de mener des «efforts délibérés» ayant favorisé cette immigration clandestine.

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