Le terrorisme routier n'est pas une fatalité

Un accident de bus survenu dans la wilaya de Boumerdès a coûté la vie à des passagers originaires de Sétif, poussant le président de la République à décréter un deuil national de trois jours.
Les dépouilles ont été remises aux familles à l'hôpital El Baz avant d'être inhumées au cimetière d'El Eulma en présence du ministre de l'Intérieur, Saïd Sayoud.
Experts et associations réclament une véritable stratégie nationale de sécurité routière, avec des objectifs mesurables, une déclinaison régionale et un vaste programme de modernisation des infrastructures.
Le bilan annuel avoisine 4 000 morts sur les routes, dont 200 à 300 rien que pendant le mois de Ramadhan, illustrant l'ampleur d'un fléau qualifié de problème de comportement sociétal.
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Le Quotidien d'Oran
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Cette nouvelle catastrophe routière a replongé le pays dans lémoi et relancé le débat sur la sécurité des transports en commun ainsi que sur la nécessité de renforcer les mesures de prévention. À la suite de ce drame, le président de la République a présenté ses sincères condoléances aux familles des victimes et décrété un deuil national de trois jours.
Samedi, la remise des dépouilles des victimes à leurs familles a débuté à lhôpital El Baz, à louest de la ville de Sétif. Les corps ont été transférés depuis Boumerdès à bord dambulances de la Protection civile avant dêtre remis à leurs proches pour un dernier hommage. Les victimes ont ensuite été inhumées au cimetière dEl Eulma, dans la wilaya de Sétif, en présence du ministre de lIntérieur, Saïd Sayoud, qui sest rendu sur place sur instruction du président de la République.
Pour rappel, le drame sest produit lorsquun bus de transport de voyageurs, en provenance de Sétif, a quitté la chaussée avant de se renverser dans un fossé, sur le territoire de la wilaya de Boumerdès.
Cette tragédie a suscité une vague de réactions de la part des institutions et des acteurs de la société civile, qui ont unanimement appelé à renforcer les dispositifs de prévention afin denrayer le fléau des accidents de la route.
Le président du Forum de sécurité sanitaire, le Dr Mohamed Melhag, a ainsi réitéré son appel sur sa page Facebook à « une mobilisation nationale pour faire face au fléau des accidents de la route ». Selon lui, la lutte contre linsécurité routière doit constituer une priorité nationale mobilisant lensemble des acteurs concernés.
De son côté, Chérif Keddam, responsable de lAssociation de prévention routière de la wilaya de Tizi Ouzou, a déploré la répétition de ces drames humains. Il estime que, malgré les campagnes de sensibilisation, les actions de prévention et lexistence dun code de la route relativement dissuasif, les résultats demeurent insuffisants. « Nous avons besoin dune véritable stratégie nationale de lutte contre les accidents de la route et linsécurité routière », a-t-il plaidé.
Il préconise une feuille de route fondée sur des objectifs mesurables, régulièrement évalués et réajustés en fonction des nouvelles données et des réalités du terrain.
Le responsable associatif appelle également à décliner cette stratégie à léchelle régionale afin de prendre en considération les spécificités de chaque territoire, quil sagisse des conditions climatiques, du relief, de létat des infrastructures routières ou encore des habitudes de circulation. Selon lui, cette démarche devrait sinscrire dans une politique nationale cohérente visant à réduire progressivement le nombre daccidents dune année à lautre. Elle devrait également intégrer un vaste programme de modernisation et daudit des infrastructures routières, à limage de ce qui est pratiqué dans plusieurs pays développés, ainsi que le développement de lindustrie automobile nationale, de la fabrication locale de pièces de rechange et des transports collectifs.
Il a, en outre, regretté que près de 90% du transport de marchandises seffectue encore par la route, une situation qui contribue à la congestion du réseau routier et accroît les risques daccidents.
Le constat demeure alarmant, regrette-t-il. Chaque année, près de 4.000 personnes perdent la vie sur les routes. Durant le seul mois de Ramadhan, le nombre de victimes oscille généralement entre 200 et 300 morts, «problème de comportement sociétal», illustrant ainsi lampleur dun fléau qui continue de coûter de nombreuses vies et qui appelle à une réponse nationale forte et durable.