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Au terme d’une crise électorale inédite : L’UNOA élit son nouveau président

Par Nabila Amir5 min de lecture
Au terme d’une crise électorale inédite : L’UNOA élit son nouveau président
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L'Union nationale des ordres des avocats a élu Hamoud Abdallah, bâtonnier de Blida, à sa présidence hier à Alger, mettant fin à plus d'un an de blocage institutionnel.

Deux scrutins précédents avaient été annulés par le Conseil d'État : la réélection d'Ibrahim Taïri en mai 2025, contestée par quatre bâtonniers, puis l'élection d'Abdelhafid Ben Fatah en avril 2026, invalidée après un recours de Hamoud Abdallah sur le décompte des voix.

Ce troisième vote consacre enfin le bâtonnier de Blida, qui était arrivé en tête au premier tour en avril avant de s'incliner au second tour sur la règle d'ancienneté prévue par la loi 13-07.

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L’Union nationale des ordres des avocats (UNOA) tourne la page d’une longue crise électorale. Réunis hier au siège de l’organisation, à la Cour suprême à Alger, les bâtonniers des différents ordres ont élu Hamoud Abdallah, bâtonnier de la région de Blida, à la présidence de l’UNOA.

Il succède à Ibrahim Taïri au terme d’un processus exceptionnellement long, marqué par deux élections successivement annulées par le Conseil d’Etat, une situation sans précédent depuis la création de l’organisation. Avec ce troisième scrutin, l’Union espère mettre un terme à plus d’une année de blocage institutionnel. Depuis mai 2025, le renouvellement de sa présidence a été rythmé par les recours, les décisions de justice et la reprise deux fois de suite du processus électoral, retardant ainsi le retour à un fonctionnement normal de l’instance représentative de la profession.

Le premier épisode remonte au 3 mai 2025. Ce jour-là, Me Ibrahim Taïri est reconduit à la tête de l’UNOA. Son élection est toutefois rapidement contestée devant le Conseil d’Etat par les bâtonniers d’Alger, de Blida, de Tlemcen et de Boumerdès. Les requérants ont dénoncé notamment les conditions d’organisation du scrutin, estimant que le calendrier retenu ne respectait pas l’enchaînement des opérations de renouvellement des différentes structures de la profession.

Au cœur du litige figurait la question de l’articulation entre le renouvellement des conseils des ordres régionaux et l’élection de la présidence nationale. Selon les auteurs des recours, l’élection du président de l’Union ne pouvait intervenir qu’après le renouvellement complet des conseils des différents ordres et l’épuisement des recours introduits contre ces opérations électorales. La loi n°13-07 du 29 octobre 2013 portant organisation de la profession d’avocat encadre le fonctionnement de l’UNOA. Elle prévoit que le président de l’UNOA est élu parmi les bâtonniers en exercice, membres du conseil de l’Union, pour un mandat de trois ans renouvelable une seule fois. Le même texte fixe également les règles applicables aux contentieux électoraux. Son article 96 ouvre notamment la voie au recours devant le Conseil d’Etat contre les résultats des élections et prévoit l’organisation d’un nouveau scrutin lorsque celui-ci est annulé.

Deux scrutins annulés

Les dispositions de l’article 95 règlent, pour leur part, les cas d’égalité des voix en donnant l’avantage au candidat le plus ancien au tableau de l’ordre. Le Conseil d’Etat finira par annuler cette première élection, obligeant l’Union à reprendre intégralement le processus. Une nouvelle consultation est alors organisée le 25 avril 2026. Quatre candidats briguent la présidence : Mohamed Baghdadi, bâtonnier d’Alger, Hamoud Abdallah, bâtonnier de Blida, Abdelhafid Ben Fatah, bâtonnier d’Oum El Bouaghi, et Toufik Bergham, bâtonnier d’Oran. Le premier tour place Hamoud Abdallah en tête avec 10 voix, contre 9 pour Abdelhafid Ben Fatah. Le second tour débouche toutefois sur une parfaite égalité, c’est-à-dire 12 voix chacun.

Conformément à la règle d’ancienneté prévue par la loi, Abdelhafid Ben Fatah est déclaré élu et prend la présidence de l’Union. Là encore, le scrutin ne met pas fin à la contestation. Hamoud Abdallah introduit un recours devant le Conseil d’Etat, contestant notamment le décompte des suffrages et la prise en compte d’un bulletin considéré comme blanc. Après examen du dossier, la haute juridiction administrative prononce l’annulation de cette deuxième élection, ouvrant la voie à un troisième scrutin.

L’UNOA se retrouve ainsi confrontée, pour la première fois de son histoire, à deux annulations judiciaires successives de l’élection de son président. Face à cette situation, le conseil de l’Union fixe au 1er août la date d’un nouveau vote. La décision est arrêtée lors d’une réunion tenue au siège de la Cour suprême, en présence des bâtonniers des différents ordres. Les membres du conseil évoquent également la situation des infrastructures de l’Union ainsi que les conditions nécessaires à la relance de son fonctionnement institutionnel. Le scrutin organisé hier consacre finalement Hamoud Abdallah. Déjà arrivé en tête au premier tour lors de l’élection d’avril avant de s’incliner à l’issue de l’application de la règle d’ancienneté, le bâtonnier de Blida accède cette fois à la présidence de l’UNOA, mettant un terme à une période électorale particulièrement mouvementée.
Nabila Amir

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