Société

Face aux effets économiques du changement climatique : Des actions, une stratégie d’atténuation et des attentes

Par Samira Imadalou•6 min de lecture
Brifa
Face aux effets économiques du changement climatique : Des actions, une stratégie d’atténuation et des attentes
Résumé IA

L'Algérie, confrontée à une vulnérabilité climatique croissante affectant l'agriculture, l'eau, la santé et les infrastructures, a soumis sa contribution nationale (CDN) à la CCNUCC le 24 juin.

Cette stratégie s'articule autour de cinq axes : intégration de l'adaptation dans les politiques sectorielles, approche inclusive, renforcement de la gestion des risques, réduction des pertes et résilience collective.

Les priorités d'adaptation ciblent la gestion durable de l'eau, la résilience agricole, la protection des écosystèmes et la santé, avec un besoin financier estimé à 1,1 milliard de dollars annuels.

Le pays appelle à un appui international renforcé et à l'opérationnalisation rapide des fonds climatiques dédiés pour financer ces mesures d'adaptation.

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A l’instar des autres pays du bassin méditerranéen, l’Algérie est confrontée à une accentuation des impacts climatiques renforçant sa vulnérabilité face à des phénomènes de plus en plus extrêmes et des risques divers et importants que supportent de nombreux secteurs : de l’agriculture aux travaux publics en passant par les transports, la santé, l’hydraulique et les infrastructures. Aujourd’hui, les enjeux ne sont pas uniquement environnementaux, mais aussi économiques, stratégiques et humains.

La question des changements climatiques est en effet aujourd’hui au cœur de la souveraineté alimentaire, de la stabilité des territoires et des perspectives de développement. Entre les longs épisodes de sécheresse engendrant un stress hydrique, les inondations, la désertification, la dégradation des sols, les incendies de forêt et les vagues de sécheresse de plus en plus longues, fréquentes et accentuées, comme c’était le cas durant le mois de juillet, les risques ne sont pas en effet sans impact sur l’économie. Un impact qui se traduit par la déperdition du couvert végétal, la baisse des rendements dans les cultures sensibles, la mortalité du bétail, la hausse de la demande en énergie électrique et la fragilité des infrastructures, notamment dans les zones urbaines où les constructions ne sont pas adaptées aux effets des bouleversements climatiques. D’où l’urgence de mettre en place des mécanismes de développement résilients au climat tout en garantissant la durabilité des ressources naturelles, la protection des populations, la préservation des écosystèmes et l’intégration des mesures d’adaptation dans les politiques sectorielles. Justement, dans ce cadre, l’Algérie a réaffirmé dans le cadre de sa contribution déterminée au niveau national (CDN) soumise officiellement à la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) le 24 juin son engagement à mettre en œuvre l’Accord de Paris «à travers une trajectoire de développement résiliente, sobre en carbone et socialement inclusive».

Intégrer l’adaptation dans les stratégies de développement

Le document salué avec «enthousiasme» le 30 juillet par la Délégation de l’Union européenne (UE) à Alger et l’ambassade d’Allemagne détaille la vision de l’Algérie qui s’appuie sur cinq axes. Il s’agit, selon le document en question, de l’intégration systématique de l’adaptation dans les stratégies de développement (eau, agriculture, santé, énergie, infrastructures, forêts et biodiversité), une approche inclusive et équitable qui prend en compte les populations les plus vulnérables, du renforcement des systèmes nationaux et locaux de gestion des risques climatiques, incluant la prévention, l’alerte précoce, la préparation et la réponse aux catastrophes, de la mise en place de mécanismes de réduction des pertes et préjudices liés aux événements climatiques extrêmes et aux phénomènes à évolution lente, afin de limiter les impacts économiques, sociaux et environnementaux, et enfin de la contribution au renforcement de la résilience collective face aux impacts climatiques, en cohérence avec l’Objectif mondial en matière d’adaptation (OMA) et les Objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030. Les actions conditionnelles de la CDN de l’Algérie ciblent prioritairement l’efficacité énergétique du secteur résidentiel (bâtiment) et des industries grandes consommatrices d’énergie, la décarbonation progressive du secteur électrique, les transports et les émissions fugitives.

Renforcer la résilience

A titre illustratif, parmi les actions retenues dans le CDN concernant les infrastructures, les villes et les territoires, figure l’intégration de critères de résilience climatique dans les infrastructures de transport, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, le renforcement des dispositifs de protection contre les inondations, glissements de terrain et submersions côtières et la promotion de solutions basées sur la nature dans la gestion urbaine (verdissement, îlots de fraîcheur, drainage durable).

L’adaptation constitue une priorité nationale face aux sécheresses et au stress hydrique. Les actions envisagées portent globalement, selon le document en question, sur la gestion durable des ressources en eau, la résilience agricole et la sécurité alimentaire, la protection des écosystèmes, la santé publique, ainsi que la prévention et la gestion des risques climatiques. Parallèlement, les besoins financiers liés à cette adaptation sont estimés à environ 1,1 milliard de dollars par an, soit 30% des investissements requis pour la protection de l’environnement. Et ce, en attendant le Plan national d’adaptation (PNA) actuellement en préparation et sachant que le Plan national climat (PNC) représente près de 40% de cet effort, soit environ 444 millions de dollars par an.

Faudrait-il donc, selon la CDN, assurer un «appui international renforcé, notamment à travers les mécanismes de finance climatique». En effet, côté algérien, l’appel est lancé pour l’«opérationnalisation rapide du fonds international dédié». Samira Imadalou

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