La famille sportive au rendez-vous de la solidarité

La famille sportive algérienne, du ministère aux clubs en passant par le COA et les fédérations, a immédiatement manifesté sa solidarité envers les victimes de l'accident d'El Eulma sur la route de Boumerdès.
L'ancien gardien Toufik Kebabi s'est distingué en ouvrant son domicile familial à Réghaïa aux proches des victimes, leur offrant hébergement, repas, transport et accompagnement sans attendre aucun appel.
Cet élan unitaire, transcendant rivalités sportives et frontières régionales, illustre que la véritable grandeur d'une nation se mesure à sa capacité de rester unie dans l'épreuve.
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Le terrible accident ayant frappé les estivants d’El Eulma sur la route de Boumerdès n’a pas seulement endeuillé des familles.
Il a aussi réveillé l’une des plus nobles valeurs de la société algérienne : la solidarité. Une solidarité à laquelle la famille sportive a répondu présente, avec une spontanéité et une générosité qui méritent d’être saluées. Dès les premières heures ayant suivi l’annonce du drame, outre le ministère des Sports, le Comité olympique algérien (COA), des fédérations sportives, plusieurs clubs sportifs du pays ont publié des messages de condoléances, exprimant leur compassion envers les familles des victimes et leur soutien aux blessés.
Au-delà des rivalités sportives, des couleurs et des appartenances, le mouvement sportif a parlé d’une seule voix, rappelant que certaines circonstances dépassent le cadre des terrains et des compétitions. Parmi les gestes les plus marquants figure celui de Toufik Kebabi, enfant de Réghaïa, ancien gardien de but de l’Entente de Sétif lors de la saison 2005-2006 et aujourd’hui dirigeant sportif. Sans attendre le moindre appel, il a rendu publiques ses coordonnées téléphoniques et mis son domicile familial à la disposition des proches des victimes appelés à rejoindre Boumerdès. Hébergement, restauration, accompagnement et moyens de transport étaient proposés avec une simplicité désarmante. Un geste profondément humain qui honore son auteur et rappelle que les valeurs du sport ne se limitent pas aux performances, mais s’expriment surtout lorsque la détresse frappe.
Cette initiative n’était d’ailleurs pas isolée. Elle s’inscrivait dans une vaste chaîne de solidarité ayant vu des sportifs, des dirigeants, des supporters et de simples citoyens unir leurs efforts pour soulager, ne serait-ce qu’un peu, la douleur des familles éprouvées. Dans ces moments où le destin frappe aveuglément, il n’y a plus de frontières entre Boumerdès, El Eulma, Sétif, Réghaïa ou toute autre région du pays. Il n’y a plus que des Algériens tendant la main à d’autres Algériens. Les maillots, les couleurs et les rivalités s’effacent devant une seule appartenance : celle d’une nation qui sait se rassembler lorsque l’essentiel est en jeu. Le sport est souvent présenté comme un facteur de cohésion sociale.
Cette tragédie en apporte une nouvelle démonstration. Car les plus belles victoires ne se remportent pas toujours sur une pelouse ou dans une salle de sport. Elles se construisent dans les gestes silencieux, les mains tendues et les portes que l’on ouvre à des inconnus frappés par le malheur.
Voilà pourquoi cet élan de solidarité mérite d’être mis en lumière. Parce qu’il rappelle que la véritable grandeur d’un peuple ne se mesure pas uniquement à ses succès, mais à sa capacité à rester uni dans l’épreuve. Et, une fois encore, la famille sportive algérienne a montré qu’elle savait être au rendez-vous lorsque l’humanité l’emporte sur toute autre considération. Salim Oussaci
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