Développement local à Béjaïa : Ce qu’attend la population du prochain wali

Le départ du wali Kamel Eddine Kerbouche laisse à Béjaïa le sentiment d'une mission inachevée, la population attendant de son successeur une relance décisive des grands projets de développement.
Les chantiers prioritaires sont la pénétrante autoroutière, les gorges de Kherrata, le centre anticancéreux, le dédoublement ferroviaire, le port, le stade, le téléphérique, le CHU et les zones industrielles.
L'eau potable reste critique malgré la station de dessalement de Tighremt, nécessitant la réhabilitation du réseau vétuste et l'achèvement du recensement des besoins communaux pour un plan durable.
La prévention des feux de forêt, le développement du tourisme thermal et la livraison des logements AADL3 et ruraux complètent les attentes urgentes des habitants.
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Le départ de Kamel Eddine Kerbouche, désormais ex-wali de Bejaïa, vers la wilaya de Constantine laisse, chez une partie de la population bougiote, le sentiment d’une mission restée inachevée.
Si son passage à la tête de l’exécutif de wilaya n’a pas permis de concrétiser tous les projets attendus, il aura néanmoins, selon plusieurs observateurs, eu le mérite de remettre en mouvement des dossiers longtemps restés en souffrance. Plusieurs projets structurants, gelés durant des années en raison du manque de financements ou de lourdeurs bureaucratiques, ont ainsi été lancés en chantier ou en étude, en vue de leur concrétisation. Celui qui prendra les commandes de cette wilaya héritera d’importants dossiers, mais aussi d’un territoire aux immenses potentialités. Pour la population locale, la venue d’un nouveau wali représente « une nouvelle opportunité d’insuffler une dynamique de développement » répondant aux attentes des habitants exigeants et attachés au progrès de leur région.
Les attentes des citoyens sont nombreuses. La première concerne l’accélération des projets de développement. Plusieurs opérations structurantes sont engagées depuis plusieurs années, mais leur rythme d’exécution demeure une préoccupation récurrente. Les habitants espèrent que le futur wali imposera une méthode de travail fondée sur le respect des délais. Il s’agit notamment de l’achèvement du dernier tronçon du projet de la pénétrante autoroutière (Oued Ghir-Bejaïa), de la réhabilitation des gorges de Kherrata, du centre anticancéreux d’Amizour, de dédoublement de la voie ferrée, de la modernisation du port de Béjaïa, la mise en chantier du projet du stade de 30 000 places, du téléphérique, du nouveau CHU de Béjaïa et l’aménagement des zones industrielles, pour ne citer que ces opérations. L’ancien wali a eu à superviser l’étape préparatoire de l’exploitation de la mine de zinc.
Ce dernier a assisté la mise en chantier des études supplémentaires, à l’ouverture d’une route vers le périmètre minier, sa connexion à la pénétrante, mais laisse derrière lui un dossier des indemnisations, en cours depuis près de trois ans.
Toujours sur le plan économique, Béjaïa dispose d’atouts considérables. Son port, ses zones industrielles et son réseau de PME en font un moteur du développement. Les opérateurs économiques attendent une administration plus réactive, capable de lever rapidement les obstacles bureaucratiques qui retardent les investissements et la création d’emplois. À ce propos, la question du retard dans l’aménagement des zones industrielles et la distribution des lots reste posée.
Une administration plus réactive
L’eau potable demeure une autre préoccupation majeure. Malgré les investissements engagés ces dernières années, plusieurs communes dont le chef-lieu de wilaya, continuent de subir des perturbations d’alimentation, notamment durant la période estivale.
Le prochain wali devra assurer un suivi rigoureux des projets hydrauliques, et surtout parachever une opération de recensement des besoins des communes en matière de réseau AEP, engagée en septembre 2025. Au terme de cette opération une feuille de route devrait être élaborée afin de définir « les priorités qui seront ensuite transmises au ministère des Ressources en eau pour l’inscription des projets », et ce, afin d’améliorer durablement ce service public, d’en finir avec les coupures et les fuites. L’augmentation des capacités de production de l’eau, après l’entrée en service de la station de dessalement de l’eau de mer de Tighremt, a permis au moins de tester la limite du réseau AEP et des équipements de l’ADE. Ce dernier, vétuste et inexistant à certains endroits, doit impérativement être réhabilité pour accompagner le processus d’amélioration des capacités de production et de distribution d’une ressource qui ne manque pourtant pas dans la région.
Comme on est pleine saison estivale, il impossible de faire l’impasse sur le phénomène des feux de forêts. Ces incendies représentent désormais un défi permanent. Les étés successifs ont rappelé la vulnérabilité des massifs forestiers de la wilaya. Les habitants souhaitent à cet effet une véritable politique de prévention renfermant la budgétisation des projets d’ouverture de pistes forestières, la multiplication des points d’eau, l’entretien des abords des forêts qui se fait souvent tardivement, et la sensibilisation des populations quant à l’importance de la préservation de l’environnement.
Le tourisme représente à lui aussi un important levier de croissance. Les professionnels du secteur souhaitent une meilleure valorisation du littoral, des sites naturels et du patrimoine historique, ainsi qu’un renforcement de la propreté. Pour faire de Béjaïa une destination attractive tout au long de l’année, et ne pas se contenter du tourisme balnéaire.
La dynamique enclenchée récemment et qui concerne la valorisation du tourisme thermale, doit se poursuivre, en accélérant les projets de réhabilitation et de construction de nouvelles stations thermales. Il s’agit notamment, de l’achèvement du projet de construction d’un complexe thermale dans la commune de Tifra (Sidi Aïch), réalisation d’un nouvel établissement thermal dans le village Kiria, à Acif El Hamamm dont les travaux sont en cours, et enfin l’aménagement de la source thermale de Sidi Yahia El Aidli, dans la commune Bouhamza, toutes connues pour les vertus thérapeutiques indéniables de leurs eaux.
Le logement figure également parmi les dossiers les plus sensibles. De nombreux bénéficiaires attendent la livraison de logements différentes formules. D’autres espèrent le lancement des programmes AADL3, qui est au stade embryonnaire, ainsi que l’augmentation des quotas dans le cadre du programme de l’habitat rural qui figure parmi les attentes des habitants des zones reculées.
Nordine Douici
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