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Premiers éléments de l’enquête sur l’accident de Boumerdès : Le conducteur décédé était «sous l’emprise de stupéfiants»

Par Kamel Benelkadi6 min de lecture
Premiers éléments de l’enquête sur l’accident de Boumerdès : Le conducteur décédé était «sous l’emprise de stupéfiants»
Résumé IA

L'accident de bus survenu le 31 juillet 2026 à Boumerdès a fait 28 morts et 36 blessés, l'enquête révélant que le conducteur décédé roulait à 121 km/h sous l'emprise de stupéfiants avec un véhicule surchargé.

Le chauffeur Dib Oussama, 33 ans, avait consommé plusieurs substances stupéfiantes et transportait 64 passagers au lieu des 51 autorisés sur la RN24 limitée à 60 km/h.

Le parquet poursuit l'enquête pour établir les responsabilités, tandis que la loi prévoit jusqu'à 20 ans de prison et 2 millions de dinars d'amende pour les transporteurs publics coupables d'homicide involontaire sous emprise de drogues.

De nouvelles mesures imposent le certificat d'aptitude professionnelle et des tests antidrogue à l'embauche, les assureurs refusant désormais d'indemniser les conducteurs responsables d'accidents sous influence.

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Le dramatique accident de la route, survenu le 31 juillet 2026 à Boumerdès, a coûté la vie à 28 personnes et en a blessé 36 autres. Les premiers éléments de l’enquête judiciaire révèlent un cocktail mortel d’infractions : excès de vitesse extrême, surcharge flagrante du bus et, surtout, consommation de drogues par le conducteur.

Ce terrible drame relance avec acuité le débat sur l’insécurité routière en Algérie et l’application rigoureuse des dispositions répressives du code de la route et de la législation sur les stupéfiants.

Les faits remontent au vendredi 31 juillet 2026, à 9h40. Un bus de transport de voyageurs, en provenance de la wilaya de Sétif, circulait sur la route nationale n° 24 au niveau du lieu-dit El Kerma, reliant les communes de Boumerdès et de Zemmouri. Dans des circonstances dramatiques, le bus a terminé sa course folle en se renversant dans un ravin, laissant des familles brisées et une nation entière plongée dans trois jours de deuil face à l’horreur de ce carnage évitable.

Le bilan officiel, communiqué par le parquet général près la cour de Boumerdès, sous la signature du procureur général Chaker Kara, fait état de «28 morts et de 36 blessés souffrant de traumatismes de degrés divers, actuellement pris en charge par les structures de santé de manière adéquate». Saisi par le parquet du tribunal de Boumerdès, l’avancement des investigations préliminaires menées par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale met en lumière une accumulation de fautes d’une gravité inouïe. Les analyses biologiques pratiquées sur le corps du chauffeur décédé, nommé Dib Oussama, âgé de 33 ans, ont révélé qu’il «consommait diverses substances stupéfiantes».

De plus, «deux comprimés psychotropes ont été découverts dans ses vêtements». Au moment du drame, «le bus s’engageait dans un passage en descente à une vitesse de 121,63 km/h, et ce, malgré la présence d’un panneau de signalisation limitant strictement la vitesse à 60 km/h». Le véhicule transportait à son bord 64 personnes, dépassant largement le nombre autorisé fixé à 51 voyageurs, y compris le conducteur, souligne la même source.

Ce drame tragique met en relief un fléau persistant sur les routes : l’impact dévastateur du facteur humain, exacerbé par la consommation de substances psychotropes et le mépris des règles de sécurité élémentaires, en particulier dans le secteur des transports en commun. Face à l’escalade de la violence routière, la politique pénale applique le principe de la tolérance zéro pour les conducteurs professionnels testés positifs aux drogues ou coupables de manquements graves au code de la route.

Les dispositions légales et les réformes du code de la route prévoient des peines extrêmement lourdes en cas d’homicide involontaire commis sous l’influence de stupéfiants ou de substances psychotropes. Pour les chauffeurs de transports collectifs, les sanctions incluent de lourdes peines de prison ferme, des amendes sévères et le retrait définitif du permis de conduire.

Dans le cadre des mesures préventives et répressives, la lutte contre l’usage de substances illicites au volant demeure une priorité absolue des services de sécurité pour neutraliser les comportements à haut risque sur le réseau routier. Le secteur du transport professionnel est particulièrement surveillé. Des comportements irresponsables sont régulièrement signalés, où des chauffeurs de bus sont soupçonnés de conduire sous l’effet de drogues, mettant en péril la vie de dizaines de passagers. Pour contrer cela, de nouvelles mesures ont été instaurées.

Renforcer la sécurité routière

Le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) est désormais obligatoire pour les conducteurs de bus, de camions de marchandises et de transport de matières dangereuses. Les dossiers de recrutement des conducteurs professionnels doivent inclure des tests attestant la non-consommation de stupéfiants. L’alcool et les drogues agissent comme des psychotropes qui altèrent profondément les capacités de conduite. L’intoxication entraîne une incoordination motrice, des perturbations sensorielles, une fausse confiance en soi et surtout une diminution des réflexes. Le nouveau code de la route prévoit des sanctions allant jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle en cas d’homicide involontaire commis sous l’emprise de substances, particulièrement pour les transporteurs publics. Les amendes peuvent atteindre 2 millions de dinars.

Les compagnies d’assurance ont également décidé de ne plus indemniser les conducteurs responsables d’accidents sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue. Décision qui repose sur une volonté de renforcer la sécurité routière et de responsabiliser les automobilistes.

Ce durcissement des assureurs s’inscrit dans un contexte où les statistiques de la Gendarmerie nationale ont révélé que plusieurs accidents de la route sont causés par «la consommation de drogue, d’alcool ou de psychotropes».

Dans son communiqué, le parquet général de Boumerdès a réitéré sa détermination à «poursuivre l’enquête exhaustive sous la supervision de l’administration de la justice».

L’objectif est d’établir les responsabilités de chaque partie et de prendre des mesures légales avec toute la rigueur et la fermeté requises pour punir les auteurs de telles infractions. L’opinion publique sera informée des suites et des décisions prises en temps voulu.
Kamel Benelkadi

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