Après une nuit de terreur, les ghazaouis ciblés par l’armée d’occupation : Au moins douze Palestiniens tués dans des bombardements

Les bombardements israéliens se sont intensifiés sur l'ensemble de Gaza durant la nuit, tuant au moins douze Palestiniens dont des enfants et décimant des familles entières à Jabalia, Deir Al Balah, Khan Younès et Gaza-Ville.
Cette escalade fait suite à la feuille de route de cessez-le-feu en quinze points de Trump qu'Israël rejette, s'opposant à la conservation des armes du Hamas, au rôle de vérification du Qatar et de la Turquie, et exigeant une liberté d'action pour Tsahal.
Le ministre israélien de l'Énergie Eli Cohen a confirmé l'absence d'accord pour arrêter les frappes, tandis que le dirigeant palestinien Mohammad Dahlan a rétracté ses affirmations sur un cessez-le-feu dès dimanche obtenu par Kushner, les attaques continuant sans relâche.
Parallèlement, la défense civile de Gaza a extrait 112 corps, dont quarante enfants et trente-huit femmes, d'un immeuble de Sabra après 136 heures de recherches, cent cinquante-sept personnes restant portées disparues sous les décombres.
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Israël n’a permis aucun répit aux rescapés de sa guerre génocidaire contre Ghaza, et ce, malgré un prétendu cessez-le-feu, durant lequel sa machine de guerre a effacé du registre de l’état civil 1222 Palestiniens, blessé 4053 autres et déplacé – plusieurs fois – près de 2 millions de Ghazaouis.
Après une nuit de bombardements terrifiants, les frappes se sont intensifiées, ciblant simultanément plusieurs bâtiments résidentiels, des maisons, des campements de déplacés et même des regroupements de Palestiniens fuyant les endroits ciblés au sud, au centre et au nord de l’enclave.
De la nuit de samedi à hier en début d’après-midi, au moins 12 Palestiniens, dont des enfants, ont été tués, et plus d’une vingtaine d’autres blessés, alors que 16 martyrs, dont une famille composée du père, de la mère et d’un enfant, sont tombés entre la nuit de samedi et les premières heures d’hier, pendant que de nombreuses autres victimes, a indiqué le ministère de la Santé de Ghaza, n’ont pu être enregistrées. Des raids israéliens ininterrompus et intensifs ont visé, à l’aube de la journée d’hier, le camp de Jabalia, au nord de l’enclave, pendant qu’au centre, dans la ville de Deir Al Balah, des véhicules civils et des maisons étaient bombardés, tuant au moins quatre personnes et blessant plusieurs autres.
Au sud de l’enclave, des raids israéliens ont visé un immeuble résidentiel situé dans le quartier d’Al Qarara, au nord-ouest de Kahn Younès, décimant une famille entière, composée du père, de la mère et de leur enfant, et blessant trois autres personnes. Mêmes scènes d’exécution sommaire de Palestiniens à l’ouest de la ville de Ghaza, où trois Ghazaouis, dont un homme âgé et un enfant, ont été tués, et au nord-ouest de Khan Younès, trois autres personnes, dont un enfant, ont trouvé la mort à la suite d’une frappe visant l’immeuble où ils résidaient. Durant la journée de samedi, au moins 8 Palestiniens ont été tués par des raids israéliens contre plusieurs régions de l’enclave. Ainsi, les bombardements de la Vieille Ville, à l’est de l’enclave, ont tué un Palestinien et blessé plusieurs autres, dont des enfants, alors qu’au sud, les raids contre la zone industrielle ont fait deux morts et causé des blessures à de nombreuses autres personnes. Selon la Défense civile, l’aviation israélienne a bombardé aussi des bâtiments résidentiels dans la périphérie de Khan Younès et à Deir Al Balah, tuant deux Palestiniens et blessant plusieurs autres.
Cette terrifiante offensive de l’armée israélienne est montée crescendo en intensité depuis l’annonce, jeudi dernier, par le président Trump de l’accord de cessez-le-feu entre son «Conseil de la paix» à Ghaza et le Hamas, portant sur la démilitarisation de ce dernier, le retrait israélien de l’enclave, le transfert de l’administration de celle-ci aux technocrates palestiniens, et ce, dans l’objectif d’aller vers la seconde étape de l’accord Trump de cessez-le-feu, entré en vigueur au mois d’octobre dernier.
Accentuer les opérations militaires
Si officiellement, le gouvernement de Benyamin Netanyahu n’a pas exprimé sa position par rapport à la feuille de route de 15 points, qualifiée jeudi dernier par Trump d’«historique», sur le terrain, l’armée israélienne a dû recevoir des instructions pour accentuer ses opérations militaires et les étendre à tout le territoire de l’enclave, provoquant des déplacements de population vers toutes les régions, dans l’espoir vain de fuir la pluie de missiles qui s’abat sur elle.
Hier, des médias israéliens ont révélé que le gouvernement a fait savoir au «Conseil de la paix» et à un de ses membres, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ses trois objections contre l’accord. Selon le journal hébreu Haaretz, ces points concernent «la non-destruction des armes du Hamas, la participation du Qatar et de la Turquie au processus de vérification et le refus d’accorder à l’armée israélienne une liberté d’action dans les zones confiées à la Force internationale de stabilisation».
D’après la «source bien informée» de Haaretz, «il est inacceptable» que les armes du Hamas soient, conformément à la feuille de route, collectées et mises sous le contrôle du comité de technocrates palestinien au lieu d’être détruites, comme il l’aurait souhaité. «Israël estime toutefois que ces grandes lignes ne permettent pas de clarifier le sort des armes collectées», a écrit le média.
D’après la feuille de route publiée par le «Conseil de la paix», le processus de vérification vise à définir la transition entre les différentes étapes et à garantir qu’aucune partie ne soit contrainte d’en entreprendre une sans que l’autre partie ait respecté ses engagements. Il devrait inclure des représentants des médiateurs, du Conseil de la paix et de la Force internationale de stabilisation. Pendant que l’armée israélienne intensifiait ses frappes contre Ghaza hier, Eli Cohen, ministre israélien de l’Energie et membre du cabinet de sécurité de haut niveau, confirmait la position du gouvernement, tout en tentant d’arrondir les angles. Dans une déclaration sur les ondes de l’armée, il a affirmé qu’Israël «n’a conclu aucun accord pour mettre fin aux frappes militaires à Ghaza». Repris par les médias hébreux, le ministre a précisé qu’«il n’y a pas eu de discussion au sein du cabinet sur le plan pour Ghaza au cours des dernières 72 heures», et de ce fait, a-t-il ajouté, «tout acteur armé qui opère, menace ou est impliqué dans le terrorisme, nous l’éliminerons».
Il a déclaré en outre ne «pas croire que le Hamas acceptera» le plan de désarmement proposé par le «Conseil de la paix», toutefois il a tenté de se ressaisir en affirmant : «Nous lui donnerons bien sûr l’opportunité.» Et de souligner qu’Israël «préfère que le Hamas désarme par des moyens diplomatiques».
Samedi dernier, dans un post sur les réseaux sociaux, Mohammad Dahlan, l’homme politique palestinien en exile à Abou Dhabi, proche conseiller de Ben Zayed, président des Emirats, et un des principaux rivaux de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a déclaré que le gendre du président Trump et haut conseiller de la Maison-Blanche, Jared Kushner, lui avait affirmé avoir «réussi à persuader Israël de cesser ses frappes sur Ghaza à compter de dimanche, dans le cadre de ce processus».
Selon des médias israéliens, Dahlan est depuis revenu sur ses propos, après avoir retiré son post, alors qu’Israël a continué à mener des frappes aériennes samedi et tôt hier. Tout porte à croire qu’Israël ne compte pas arrêter sa machine de guerre à Ghaza, ni son plan d’occupation de l’enclave et encore moins celui de l’annexion de la Cisjordanie. Salima Tlemçani
Les restes de 112 corps extraits des décombres d’un immeuble
Après deux semaines, les équipes de la Défense civile de Ghaza ont mis fin hier aux recherches des corps ensevelis sous les décombres d’un immeuble résidentiel, situé dans la région de Sabra, au sud de l’enclave, réduit en ruines par des bombardements des forces israéliennes. L’opération a duré prés de 136 heures, durant lesquelles, les corps et les restes de 112 martyrs, dont ceux de 40 enfants, 38 femmes et 7 autres personnes handicapées, ont été récupérés. Dans une déclaration à Al Jazeera, le colonel Mohammed Abu Dan, superviseur de la Protection civile pour le projet de récupération des corps, a indiqué que les équipes «n’avaient pas pu retrouver les 157 corps ni les restes des personnes portées disparues sous les décombres», évoquant au passage «les difficultés à mener à bien les recherches, à mains nues, en raison du manque de moyens de déblayage». Il a souligné que «certains corps et restes étaient enchevêtrés et piégés dans le béton et les matériaux d’armature, ce qui témoigne, a-t-il dit, de la puissance des missiles utilisés et de leur impact hautement destructeur». Il a indiqué que de «nombreux corps ont disparu et se sont évaporés» en raison de l’intensité de l’explosion et de l’utilisation de ces armes internationalement interdites.
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