Société

Mascara : Le difficile chemin vers les tombes

Par Abdelouahab Souag•5 min de lecture
Brifa
Mascara : Le difficile chemin vers les tombes
Résumé IA

Le cimetière Sidi Moufok de Mascara présente des conditions d'accès difficiles aux tombes en raison d'un terrain en pente, de passages étroits et d'une végétation sèche abondante.

Ces obstacles compliquent tant les cortèges funéraires que les visites régulières des familles, exposant particulièrement femmes, enfants et personnes âgées à des risques de chute ou de rencontres avec serpents et scorpions.

L'état des lieux varie selon les secteurs, mais l'enjeu dépasse les seules inhumations puisque les proches reviennent toute l'année se recueillir dans cet espace urbain où les tombes côtoient l'habitat quotidien.

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Un cimetière ne se résume pas aux sépultures qu’il abrite. La manière dont on y circule, l’état des passages et l’entretien des espaces qui les entourent déterminent aussi les conditions dans lesquelles les familles accompagnent leurs morts ou viennent s’y recueillir.

Samedi vers midi, le cimetière Sidi Moufok de Mascara offrait, dans plusieurs de ses secteurs, un accès parfois difficile aux tombes. La situation est particulièrement visible au moment des inhumations. Après la prière funéraire, le cortège doit rejoindre la sépulture en empruntant les passages disponibles entre les tombes. La dépouille est alors portée à travers un terrain en pente, avec des espaces étroits et un sol par endroits encombré de pierres et de végétation sèche. La progression se fait avec précaution jusqu’à la tombe. Cette difficulté ne concerne pas uniquement les cérémonies. Les familles qui se rendent sur place pour visiter leurs morts doivent, elles aussi, composer avec la configuration du terrain.

Les femmes, les enfants et les personnes âgées peuvent être davantage exposés aux difficultés de déplacement lorsque les passages sont peu dégagés ou que la végétation masque une partie du sol. Les herbes sèches occupent en effet plusieurs espaces entre les sépultures. Dans certains endroits, elles entourent les tombes et rendent moins visibles les limites des passages. Cette végétation constitue également un environnement où peuvent se réfugier différents animaux.

En période de fortes chaleurs, la présence éventuelle de serpents, de scorpions ou d’autres espèces dans ces zones constitue un risque que les visiteurs doivent prendre en compte, particulièrement lorsqu’ils s’éloignent des passages dégagés. Le relief ajoute une contrainte supplémentaire. Le cimetière s’étend sur un terrain présentant des différences de niveau, avec des secteurs plus accessibles que d’autres. Cette configuration se ressent davantage lors des déplacements vers les tombes situées dans les parties les plus accidentées, mais elle concerne aussi les visiteurs qui doivent parfois chercher leur chemin entre les sépultures.

Un cimetière à plusieurs visages

A proximité, un chemin longe une partie du terrain. Des habitations et des constructions sont visibles dans les secteurs situés en hauteur, rappelant que le cimetière se trouve directement intégré à l’espace urbain. Les tombes côtoient ainsi un environnement quotidien où les familles continuent de venir non seulement lors des enterrements, mais aussi pour des visites régulières. L’état des différents secteurs n’est cependant pas uniforme. Certaines tombes sont dégagées et facilement accessibles, tandis que d’autres se trouvent au milieu d’espaces plus difficiles à traverser.

Cette différence donne au cimetière plusieurs visages selon les endroits, sans que la situation puisse être réduite à un seul constat général. Pour une famille, ces conditions prennent une dimension particulière lorsqu’elle vient se recueillir.

La visite ne consiste pas seulement à atteindre une tombe. Il faut pouvoir y parvenir sans difficulté majeure, reconnaître l’emplacement, s’en approcher et disposer d’un espace permettant de rester quelques instants auprès du défunt. Lorsque l’accès devient compliqué, chacun de ces gestes demande davantage d’attention. Le constat établi samedi ne permet pas, à lui seul, de déterminer depuis quand certaines zones se trouvent dans cet état ni quelles interventions ont pu être réalisées auparavant. Il montre toutefois une situation observable : une partie du cimetière présente une végétation sèche importante, des passages étroits et un terrain qui complique les déplacements. L’enjeu dépasse ainsi le seul jour d’une inhumation.

Le cimetière Sidi Moufok est fréquenté toute l’année par des familles qui viennent retrouver leurs proches disparus. Les conditions d’accès aux tombes deviennent, de ce fait, une réalité quotidienne pour ceux qui franchissent ses portes. Samedi, une femme y a été accompagnée jusqu’à sa dernière demeure. Après la cérémonie, le cortège est reparti. Les tombes, elles, sont restées là, avec leurs chemins, leur végétation et leur relief. C’est dans cet espace, entre les passages praticables et ceux qui le sont moins, que les familles continueront à revenir pour se recueillir auprès de leurs morts. Abdelouahab Souag

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