Culture

Exposition de peinture de Youcef Tmamra à la galerie Aïcha Haddad : empreintes du passé comme source

Par Amnay Idir•5 min de lecture
Brifa
Exposition de peinture de Youcef Tmamra à la galerie Aïcha Haddad : empreintes du passé comme source
Résumé IA

L'artiste Youcef Tmamra expose ses peintures à l'huile sur toile à la galerie Aïcha Haddad d'Alger-Centre du 25 juillet au 4 août.

Ses œuvres célèbrent le patrimoine culturel kabyle à travers des portraits de femmes tatouées, des scènes de vie et l'architecture de la Casbah.

Une symbolique géométrique riche — losanges, zigzags, palmiers — structure les compositions où le clair-obscur et une palette classique restituent l'authenticité des traditions.

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Depuis le 25 juillet, se tient à la galerie Aïcha Haddad à Alger-Centre une exposition de peinture de l’artiste Youcef Tmamra. La représentation s’étale jusqu’au 4 août. Les compositions présentées sont exécutées avec la technique de l’huile sur toile et mettent en valeur le patrimoine culturel, des scènes de vie et des portraits.

Les tableaux ne portent pas de titre. L’artiste s’attache à reproduire fidèlement les textures des vêtements, les détails géométriques des tatouages l’architecture exacte de la Casbah et de ses ruelles. Dans les formes humaines féminines, l’artiste place les tatouages sur plusieurs endroits du corps: une ligne verticale sur le front ou une croix entre les sourcils pour éloigner le mauvais œil ; sur le menton, des motifs géométriques symbolisant le statut social (mariée, mère).

Les motifs constituent un langage visuel. Ainsi, le losange représente la matrice, la fertilité, la femme et la protection du foyer. Le palmier ou le brin de blé incarnent l’abondance, la vie, la croissance et le lien à la terre nourricière. La croix ou le signe «Plus» sont utilisés comme un bouclier spirituel pour faire obstacle aux énergies négatives. L’oiseau ou la mouche évoquent la liberté, la vivacité ou la messagère entre le monde visible et invisible. Le contraste avec le teint est réalisé en utilisant le clair-obscur lequel faire ressortir ces motifs sombres sur la carnation de la peau. La robe kabyle est présentée avec des motifs et accessoires reflétant l’histoire, le statut social de la femme qui la porte. La couleur précise la forme sans recours à des lignes de contour noires. Les formes géométriques plates telles les motifs de robes sont en harmonie avec les courbes du corps humain. La décoration de la robe repose sur la superposition de bandes de couleurs fixées sur le buste, les manches et le bas du vêtement. Les motifs s’inspirent notamment des poteries berbères.

Contrastes et rythmes

Le zigzag (ticrad) est le symbole de l’eau, du mouvement, des rivières et du chemin de la vie, le triangle ou l’œuf indiquent la fertilité, la naissance, la matrice féminine et la continuité de la vie, le losange rappelle l’œil protecteur et de la préservation du foyer. Quant au palmier ou la branche, ils constituent les signes de l’abondance, de la droiture et du lien avec la terre.

A la robe kabyle, s’ajoutent des éléments qui créent des contrastes visuels, à l’exemple de la fouta (foudha), une pièce de tissu rayée nouée autour des hanches. Ses rayures horizontales ou verticales (souvent noires, rouges et jaunes) structurent la silhouette de la femme. Autre accessoire, le foulard (Amendil) orné de motifs floraux ou portant des franges. Dans certaines toiles, l’artiste met en lumière des portraits de femmes avec leurs haïks et voiles. Le rendu du haïk repose sur la maîtrise du blanc et de ses nuances.

Le tableau montre la manière dont la femme retient le tissu à la main, créant des plis et des drapés fluides qui épousent la silhouette. Le visage est partiellement dissimulé par une petite pièce de dentelle brodée. Ce qui concentre toute l’intensité du portrait sur les yeux.

La représentation des rues de La Casbah d’Alger repose sur un jeu de contrastes architecturaux et de lumière. Les ruelles en escaliers présentent des perspectives coupées par de larges marches pavées. Les encorbellements situés en étages supérieurs et s’avançant en saillie au-dessus de la rue. Ils portent des fenêtres permettant aux habitants d’observer l’extérieur tout en restant cachés. Les lignes verticales des murs sont brisées par les lignes obliques des poutres en bois et les arrondis des arches, ce qui crée de la dynamique dans l’espace. Le rythme est rendu par l’alternance de ombre et de la lumière, le clair et l’obscur.

Comme le plasticien s’inspire du patrimoine, il préfère utiliser des couleurs classiques. Cette palette chromatique permet de restituer la véritable texture et l’atmosphère des traditions et évite de dénaturer l’authenticité de ses sujets. Aussi, elle contribue à maitriser la lumière et le clair-obscur. Amnay Idir

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