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Place du français en Algérie : polémique entre un pédagogue et un ancien ministre

Par Rafik Tadjer•5 min de lecture
Brifa
Place du français en Algérie : polémique entre un pédagogue et un ancien ministre
Résumé IA

L'Algérie a décidé de remplacer le français par l'anglais comme première langue étrangère dès la troisième année primaire, déclenchant une vive polémique entre le pédagogue Ahmed Tessa et l'ancien ministre El Hachemi Djaâboub.

Tessa dénonce une décision idéologique et non pédagogique, pointant le manque de formation des enseignants d'anglais et un plan suspect pour éradiquer progressivement le français à l'école primaire.

Djaâboub réplique en qualifiant la mesure de choix souverain parachevant l'indépendance nationale, tout en attaquant personnellement Tessa pour son prix littéraire français et son prétendu échec à apprendre l'arabe.

Tessa réfute ces attaques qu'il juge mensongères, précisant qu'il proposait seulement de renforcer la philosophie en réduisant les matières à mémoire, sans demander la suppression de l'éducation islamique.

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Le remplacement du français par l’anglais comme première langue étrangère dans l’enseignement en Algérie suscite une première polémique entre un spécialiste des questions pédagogiques et un ancien ministre.

L’annonce a été faite le 26 juillet par le ministère de l’Éducation nationale : à partir de la prochaine rentrée scolaire, c’est l’anglais qui sera enseigné dès la troisième année primaire à la place du français, qui ne sera désormais enseigné qu’à partir de la quatrième année.

Ahmed Tessa : une décision « idéologique » et un « plan » pour supprimer le français

Le professeur Ahmed Tessa, spécialiste des questions pédagogiques et ancien haut responsable du ministère de l’Éducation, a un avis tranché sur cette question, lui qui est l’auteur d’un ouvrage intitulé « L’impossible éradication : l’enseignement du français en Algérie ».

Dès l’annonce de la mesure, le professeur a réagi sur TSA, pointant le manque de formation des nouveaux enseignants d’anglais et estimant qu’il s’agit d’une décision idéologique et non pédagogique.

Invité d’El Khabar TV, il a maintenu sa lecture, indiquant qu’il s’agit d’un « plan » au niveau du ministère pour supprimer progressivement l’enseignement de la langue de Molière dans le primaire. Il s’est aussi étonné de la suppression de l’enseignement de la philosophie pour certaines classes alors que le volume horaire de l’éducation islamique n’a pas été touché.

Sa sortie a été suivie de nombreuses réactions, dont celle de l’ancien ministre de l’Industrie, du Commerce et du Travail, El Hachemi Djaâboub.

El Hachemi Djaâboub défend une « décision souveraine »

Dans un texte mis en ligne sur sa page Facebook, M. Djaâboub s’en est violemment pris à Ahmed Tessa, rappelant que son livre sur le français en Algérie lui a valu d’obtenir « le prix de la Renaissance française » en 2018. Il a aussi reproché au pédagogue d’avoir été incapable d’apprendre la langue arabe en 50 ans passés au ministère de l’Éducation.

« Vous devez savoir, toi et ceux qui te soutiennent -en secret comme au grand jour–, que l’Algérie a recouvré son indépendance en 1962 et qu’elle est indépendante et souveraine dans ses décisions, aujourd’hui comme demain, et que la décision de décaler l’enseignement de la langue sur laquelle vous vous lamentez à la quatrième année, voire de le supprimer définitivement, est une décision souveraine qui s’inscrit dans le cadre de l’achèvement du recouvrement de la souveraineté nationale et qui n’est susceptible ni d’être remise en cause ni d’être révisée, si ce n’est à la hausse », a écrit l’ancien ministre islamiste à l’adresse d’Ahmed Tessa.

« Aucune critique de fond sur les idées soulevées »

Celui-ci a répondu, également sur les réseaux sociaux, aux critiques sans toutefois citer El Hachemi Djaâboub.

« Suite à mon passage dans l’émission de El Khabar TV, j’ai été la cible d’attaques, d’insultes et de calomnies indescriptibles. Toutes vont dans le même sens : parce que ‘je ne maîtrise pas l’arabe’, parce que je suis ‘francophone’, et parce que je ‘demande la suppression de l’éducation islamique’ », a-t-il écrit.

« Ces gens-là sont dans le plus vil des mensonges », accuse le professeur, expliquant qu’il n’a pas parlé de supprimer l’éducation islamique, mais « de renforcer la présence de la philosophie et, s’il le faut, de rogner une heure dans les disciplines à mémoire comme l’éducation islamique, l’histoire… » « Dans aucune de ces attaques, je n’ai relevé une critique de fond sur les idées soulevées lors de l’émission », souligne Ahmed Tessa.

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