Commentaire / FIFA. Le putsch contre Infantino sera-t-il avorté ?

L'UEFA et la Concacaf mènent une fronde contre Gianni Infantino après l'annonce de la vente de parts des compétitions de la FIFA à des investisseurs privés américains.
Réunissant 96 voix, elles dépassent le seuil des 43 signatures nécessaires pour convoquer un congrès extraordinaire, étape préalable à un vote de défiance exigeant 106 voix.
Infantino peut toutefois compter sur le soutien de la CAF (54 voix), d'une partie de l'AFC (47), de la Conmebol (10) et de l'OFC (4).
Le président américain Donald Trump, allié du patron de la FIFA, pourrait faire pression sur ces confédérations pour faire échouer le putsch.
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Gianni Infantino (56 ans), président de la FIFA depuis 2016, connaîtra-t-il le même sort que son prédécesseur Joseph Sepp Blatter (1998-2016) emporté par le scandale Fifagate (2015) ?
Beaucoup le pensent après la grogne qu’il a provoquée en annonçant la vente de parts des actions des compétitions de la FIFA (Coupe du monde de la FIFA et Coupe du monde des clubs) à des investisseurs privés américains. La fronde menée contre lui par l’UEFA (55 Fédérations) suivie par la Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes) (41 Fédérations), qui a exigé le changement du mode de gouvernance à la tête de la FIFA, rassemblent à elles deux 96 voix. Ce nombre est largement suffisant pour provoquer un vote de défiance, première étape dans le processus d’une éviction du président Gianni Infantino, tel que précisé à l’article 25 du manuel juridique de la FIFA : «Le conseil de la FIFA doit convoquer un congrès extraordinaire lorsque 1/5 des associations membres en fait la demande écrite.» Le pourcentage mentionné correspond au chiffre 43 des associations.
Sur cette base, l’UEFA peut demander la convocation d’un congrès extraordinaire, un prélude au vote de défiance. La suite est moins aisée. Il lui suffit de rassembler 43 voix sur les 55 que compte l’UEFA, le congrès extraordinaire aura bien lieu dans un délai de 3 mois (90 jours) après réception de la demande écrite. Lors du vote au congrès (211 associations), «la majorité simple (+ de 50/100) des suffrages valablement exprimés est suffisante pour valider l’élection (le scrutin)». Si 106 voix s’exprimeront en faveur du renvoi chez lui de Gianni Infantino, celui-ci aura vécu.
Pour l’instant, c’est loin d’être acquis. L’actuel président de la FIFA bénéficie encore de nombreux soutiens au niveau des Confédérations. La CAF (54 voix) en premier lieu. Suivie d’une large partie de la Confédération asiatique (AFC 47 voix). Le Qatar et l’Arabie saoudite en tête. La Concacaf (41 voix) n’est pas sûre de donner toutes ses voix pour déloger Infantino. La Conmebol (Amérique latine 10 voix) s’est toujours alignée sur les positions du président de la FIFA. La Confédération d’Océanie, 4 voix, attendra avant d’annoncer son choix.
Dans la bataille pour la collecte des voix, Gianni Infantino bénéficie d’un allié de poids, en la personne de son ami Donald Trump, le président des Etats-Unis. Il peut faire pression sur les membres de la Concacaf, l’AFC, la Conmebol et l’OFC pour faire échouer le putsch de l’UEFA. Vous avez dit la politique doit rester éloignée du sport ?
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