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Ce que cachent les mots (CQCM) / Les chiffres «erronés» du calendrier

Par R. C.•4 min de lecture
Brifa
Ce que cachent les mots (CQCM) / Les chiffres «erronés» du calendrier
Résumé IA

Le calendrier grégorien contient des noms de mois dont la signification numérique ne correspond plus à leur position actuelle, décembre signifiant « dixième mois » et novembre « neuvième mois ».

Cette anomalie remonte au calendrier romain originel de dix mois commençant en mars, avant l'ajout de janvier et février, puis le remplacement de Quintilis et Sextilis par juillet et août.

L'article rappelle que la définition d'un mot ne suffit pas toujours à le comprendre : il faut aussi explorer son étymologie et le contexte historique de sa création.

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Voici une révélation fracassante : le calendrier que vous consultez régulièrement comporte des chiffres erronés. Oui, vous avez bien lu «des chiffres erronés».

C’est surprenant, mais vrai. Paradoxalement, le calendrier grégorien que nous utilisons reste précis malgré ces erreurs. En fait, les noms de certains mois sont faux et auraient dû être remplacés depuis des siècles. Entrons dans le vif du sujet. Le mois de décembre, douzième mois de l’année signifie (tenez-vous bien) «dixième mois». Avec novembre, ça ne s’arrange pas puisque son nom veut dire «neuvième mois».

Et, vous l’aurez deviné, octobre et septembre signifient respectivement huitième et septième mois. Comment ça se fait ? La réponse courte est la suivante : C’est la faute aux Romains. La réponse un peu plus élaborée est plus longue, bien sûr. Les Romains avaient à l’origine un calendrier à dix mois qui commence par mars et se termine par décembre.

Une petite recherche sur Internet nous permet de découvrir les noms originaux des mois romains. On notera que l’actuel mois d’août s’appelait «Sextilis» (donc sixième mois) au moment où juillet s’appelait Quintilis (cinquième). En gros, les mois romains avaient soit des noms de divinités soit des noms numériques. Pour les curieux, en voici la liste : Martius (en l’honneur de Mars, divinité de la guerre), Aprilis qui a un lien avec le verbe «ouvrir» (comprendre l’ouverture de la vie, des fleurs, le printemps quoi), mai (Maius, encore un mois en lien avec une divinité) puis Iunius, juin, (une autre divinité).

A l’origine, il n’y avait ni janvier ni février. Les Romains les ont ajoutés à leur calendrier un peu plus tard. Le premier vient du nom d’un démiurge (Januarius) et février est le mois des purifications dans le sens religieux.

Par ailleurs, il a fallu attendre longtemps avant que Rome ne commence à compter l’année à partir de janvier et non plus à partir de mars. Jules César a aussi donné son nom au mois de juillet qui remplace «Quintilis».

Son petit neveu, Auguste, premier empereur romain, donnera, quant à lui, son nom au mois d’août. Plus tard, l’Eglise remplace le calendrier de Jules César ( julien) par le calendrier grégorien, tout en conservant les noms païens originaux.

Qu’est-ce que cette histoire nous apprend ? A part le fait que nous évoquions les divinités romaines à longueur d’année en plus de leurs empereurs, il y a autre chose à retenir. Pour comprendre le sens d’un mot, la définition simple ne suffit pas toujours. Il faut parfois chercher son étymologie (l’origine de son appellation).

Et parfois l’étymologie elle-même ne suffit pas, et là, ce qu’il faut chercher c’est le contexte de la naissance du mot. Les noms erronés des mois du calendrier étaient justes dans leur contexte d’origine. Aujourd’hui, on les tolère tels qu’ils sont. Après une recherche plus poussée, on constate que ça fait juste un peu plus de 2700 ans qu’ils n’ont pas été actualisés.

En attendant le prochain CQCM, faites attention aux mots.

Par Ahmed Gasmia

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