L’Iran et Oman proches d’un accord : «La crise du détroit d’Ormuz a pour origine l’ingérence des États-Unis»

L'Iran et Oman sont proches de conclure un accord sur la gestion du détroit d'Ormuz, après des négociations techniques et politiques intensifiées la semaine dernière.
Téhéran affirme que la crise du détroit trouve son origine dans l'ingérence américaine et non dans un désaccord entre les deux États riverains, conditionnant toute réouverture à un accord bilatéral.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne a démenti toute négociation en cours avec les États-Unis, précisant que les discussions portent exclusivement sur la sécurisation du passage avec Mascate.
Le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiateurs pour relancer l'accord en 14 points d'Islamabad, dont la question d'Ormuz constitue l'élément central.
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L’Iran et le sultanat d’Oman sont près de conclure un accord sur la gestion du détroit d’Ormuz, rapporte l’AFP. «L’Iran a assuré dimanche, quelques heures après l’annonce d’une suspension des frappes américaines, être proche d’un accord avec Oman sur le détroit d’Ormuz», indiquait en effet dimanche l’agence française.
Malgré les lourdes frappes subies par ses infrastructures militaires et nombre de bâtiments civils, Téhéran est resté intransigeant sur le fait que la gestion du détroit d’Ormuz ne concernait que les deux Etats riverains, qui incluent le passage maritime stratégique dans leurs eaux territoriales, à savoir l’Iran et Oman. En juin, Téhéran avait vivement protesté contre la mise en place d’un couloir maritime par Mascate pour permettre le passage des navires marchands.
Depuis, les deux Etats se sont attelés à mettre en place un dispositif commun pour la gestion du détroit. «Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties – ni la route nord ni la route sud –, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité», a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, hier. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a assuré de son côté que les négociations sur ce point sont «en bonne voie et se trouvent dans la phase finale».
«C’est une guerre contre toute une région»
Comme chaque lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a animé une conférence de presse à Téhéran. Et au cours du rendez-vous hebdomadaire d’hier, il a beaucoup été question justement d’Ormuz et des «discussions techniques et politiques entre Téhéran et Mascate visant à parvenir à un accord sur la navigation dans le détroit», rapporte l’agence Irna. M. Baghaei a précisé que «les négociations avec Oman se sont poursuivies avec sérieux au cours de la semaine écoulée», ajoutant que «l’Iran s’attache actuellement à parvenir à un accord avec Mascate afin de garantir la sécurité du trafic dans le détroit d’Ormuz».
Esmaeil Baghaei a également souligné qu’«un accord avec Oman est une condition nécessaire à la réouverture du détroit d’Ormuz, mais elle n’est pas suffisante». Et de faire remarquer que la crise du détroit d’Ormuz a pour origine l’ingérence des Etats-Unis : «Le détroit n’a pas été fermé en raison d’un désaccord entre ses Etats riverains. Cette voie navigable stratégique est en proie à des troubles depuis le mois de mars et la guerre d’agression illégale lancée par les Etats-Unis et le régime israélien.» Pour le diplomate iranien, «un changement significatif de la situation dans le détroit d’Ormuz est peu probable tant que les Etats-Unis poursuivront leurs agissements malveillants, notamment le blocus naval de l’Iran et l’agression militaire contre ses intérêts».
Esmaeil Baghaei a tenu à rappeler également, toujours selon le compte rendu de l’agence Irna, que «l’agression illégale des Etats-Unis contre l’Iran n’est pas simplement une guerre contre un seul pays, mais contre toute la région, car la paix et la sécurité de tous les pays sont en jeu depuis le déclenchement de l’attaque conjointe américano-israélienne contre l’Iran». «Au cours de ces cinq derniers mois, a-t-il poursuivi, nous avons constaté que la présence militaire américaine dans la région et son utilisation du territoire et des installations des pays du golfe Persique ont entraîné une insécurité et une instabilité accrues pour tous les Etats de la région.»
Interrogé sur le rôle de la Chine dans le règlement de la crise du détroit d’Ormuz, M. Baghaei a insisté pour dire que «le Pakistan reste le principal médiateur dans les discussions entre les deux parties», et que «le Qatar apporte également son aide lorsque cela s’avère nécessaire».
«Des tractations pour redonner vie au Protocole d’accord»
A noter par ailleurs cette information livrée par Hassan Ghashghavi, un député iranien et porte-parole de la commission de sécurité nationale, qui a assuré à l’AFP que «des tractations diplomatiques» sont réactivées pour «redonner vie au protocole d’accord». «Je peux vous annoncer que des efforts sont en cours pour relancer l’accord en 14 points d’Islamabad, notamment de la part des médiateurs (le Pakistan et le Qatar, ndlr)», a déclaré M. Ghashghavi dans une interview télévisée, des propos relayés par l’AFP. D’après lui, les médiateurs pakistanais et qataris «savent que la question principale est celle du détroit d’Ormuz, clé du dossier à l’heure actuelle, et il y a un échange de vues sur ce sujet».
Il convient toutefois de signaler que l’Iran a une nouvelle fois démenti les dernières allégations de Donald Trump affirmant que les pourparlers devaient reprendre hier. Le président américain avait dans un premier temps menacé de «frapper fort» la République islamique, avant d’annoncer samedi soir qu’il renonçait à cette attaque massive. «Bien sûr qu’ils ne veulent pas être attaqués.
Ils connaissaient l’ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme», a-t-il lancé dimanche soir dans son avion présidentiel, selon l’AFP. «Ce que l’on fait maintenant, c’est parler avec eux sous la forme d’une négociation», a-t-il ajouté, «précisant que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail», indique l’AFP.
La réponse iranienne a été formulée par la voix d’Esmaeil Baghaei lors de son point de presse hebdomadaire. «Nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz», a tranché le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
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